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Haïti, Afrique, Aristide : pour l’histoire d’une seule humanité

Depuis l’époque où les Africains, concentrés contre leur gré à Saint Domingue (Haïti), se sont révoltés pour mettre fin à l’esclavage (1791-1804), sans l’approbation des abolitionnistes, ces derniers et les alliés de ceux qui avaient perdu cette bataille-là s’organisèrent pour que l’émancipation de l’humanité soit faite selon leur volonté. Au vu de ce parcours, il n’est pas exagéré de conclure qu’il s’est toujours agi d’une volonté mortifère, vengeresse, prédatrice, plus intéressée dans la liquidation de l’humanité qu’à son émancipation, et donc, aussi à la liquidation de l’histoire de ces luttes pour l’émancipation.

Dans un contexte où règne une soumission mal déguisée à la prédation comme mode de vivre, il sera difficile, sinon impossible, d’avoir la curiosité de savoir ce qui alimente une volonté d’accumulation de puissance, sous toutes ses formes. Comment décrire la rencontre entre l’Europe et l’Afrique ? Elle a lieu dans la foulée de la découverte des Amériques et du début du génocide Américain (David E. Stannard, The American Holocaust). C’est à partir de là que s’est mis en route, un processus d’accumulation de puissance (militaire et financière) qui ne s’est plus jamais arrêté, et qui érigera en un principe, aujourd’hui de plus en plus évident, la réduction de la justice à l’imposition de la loi du plus fort.

Il vaut la peine de rappeler, pour mémoire, quelques étapes de ce parcours : von Trotha en Afrique du Sud Ouest (aujourd’hui Namibie) organisateur de la liquidation des Herrero et des Nama ; Léopold II et ses agents dans l’Etat Indépendant du Congo (Caoutchouc rouge) ; l’Arménie, Nankin, Auschwitz, Hiroshima, Nagasaki, Gulag, Guantanamo, guerres ouvertes, guerres de basse intensité, guerres secrètes, dictatures coloniales et néocoloniales, crises économiques, financières toujours résolues au bénéfice des plus puissants, des plus riches, pour qui l’impunité va toujours de soi (mis à part les rares cas des boucs émissaires, pour donner l’impression de justice). Dans le subconscient de ces derniers, la mémoire d’un tel parcours pourrait se résumer par ces mots : « Nous sommes au-dessus de l’impunité, au pire seront nos crimes contre l’humanité, plus élevés seront nos gains. » En cas de doute, il suffit d’observer contre qui et pour qui fonctionne, par exemple la Cour Pénale Internationale (CPI), les institutions financières internationales (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International). Il est vrai que, de temps à autre, surgissent des sursauts de conscience qui méritent d’être signalés comme, par exemple, Our Major Slave-Trading Family, In the “Deep North” http://www.racismreview.com/blog/2008/04/21/our-largest-slave-trading-family-in-the-deep-north/ Il y en a d’autres, souvent invisibles, mais, il est permis de se demander, compte tenu des verrouillages en place à tous les niveaux, si ces sursauts sont à la hauteur d’un crime contre l’humanité qui ne s’est jamais arrêté et qui semble déterminé à se perpétuer.

La révolution des Africains à Haïti, pour l’émancipation de l’humanité est allée plus loin que la Révolution Française de 1789. Ce sont les Africains qui ont aidé les Français de la Convention à abolir l’esclavage (1792-94). Cette brève inversion de l’histoire vue et contée par la France de Napoléon et ses successeurs ne sera jamais pardonnée aux Africains de Haïti. Une fois Napoléon au pouvoir, en France, les bénéficiaires de l’esclavage organisèrent leur revanche, en imposant au nouvel état indépendant de Haïti le paiement de compensations. Dans les mémoires des Haïtiens, cette compensation n’aurait jamais dû être payée. Pourquoi les Haïtiens se retrouvent tant esseulés malgré les liens avec l’Afrique, malgré une révolution qui fait honneur à l’histoire d’une humanité cherchant constamment à s’émanciper ?

L’arrivée d’Aristide au pouvoir a coïncidé avec une réactivation de la mémoire de fidélité à l’émancipation de l’humanité, les héritiers lointains des propriétaires d’esclaves et des plantations réagirent comme les puissants, les riches ont toujours réagi, quand ils sont pris en défaut de respect et de justice vis-à-vis de l’humanité. En 2004, Aristide et le peuple Haïtien célèbrent le bicentenaire d’une révolution qui devrait faire honneur à toute l’humanité. De tous les chefs d’états Africains invités, seul Thabo Mbeki, président de l’Afrique du Sud, sera présent ; alors qu’en 1989, au bicentenaire de la Révolution Française organisée par Mitterrand, pratiquement tous les Chefs d’États Africains étaient présents (http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/I05298140/francois-mitterrand-et-ses-invites-aux-ceremonies-du-bicentenaire.fr.html).

L’isolement, les insultes, la diabolisation des Haïtiens dans la lutte pour l’émancipation de l’humanité peut s’expliquer de diverses manières. Cependant, toutes convergent vers la réalisation d’un objectif cher aux accumulateurs de la puissance : d’une part se présenter comme les seuls représentants valables de l’humanité et d’autre part, faire disparaître l’humanité et/ou la réduire à son expression marchande : l’humanitarisme. Car au nom de celui-ci les liquidateurs réels de l’humanité cherchent à se présenter comme les sauveurs virtuels de l’espèce humaine, du principe de vie, de la nature, grâce à un monopole complet et total de toutes les voies d’émancipation.

Ainsi, pour se faire valoir, les dirigeants Africains continuent de tourner le dos à leur propre histoire tout en encensant celle de l’Occident. La Révolution Haïtienne disait non à la marchandisation de l’humanité. Plus de deux siècles plus tard, avec l’aide de dirigeants Africains, la marchandisation de l’humanité a tellement progressé qu’en lieu et place de parler de l’humanité, il est préférable de parler d’humanitarisme, un acte charitable qui cache difficilement la contradiction. D’une part venir en aide aux humains, d’autre part en finir avec l’humanité considérée comme dispensable puisqu’inutile dans un monde où ce ne sont plus les humains qui valorisent l’humanité, mais les valeurs boursières qui décident des interventions dites humanitaires.

Cet acte charitable doté de son sigle anglais R2P, fait d’une pierre 2 coups. Right to Protect est le droit d’intervention militaire que se sont autorisés les plus grandes puissances militaires de la Planète pour protéger leurs intérêts sous la couverture de protéger les violations des Droits de l’Homme. Dans la réalité, ces interventions dites humanitaires permettent la vente des armes, le maintien des industries de production des armes (aujourd’hui connues génériquement comme « sécurité », un concept émotionnellement manipulable de l’instinct individuel de conservation, mais qui fonctionne à merveille pour liquider collectivement l’humanité). Ces interventions militaires permettent, en même temps, la liquidation des membres de l’humanité considérés comme superflus. En plus, ces guerres sont essentielles pour entretenir, dans les esprits, l’idée que la vie n’est possible qu’en se soumettant au droit, à la justice des plus forts. Par contre, Haïti et les révoltés contre l’esclavage (plus tard la colonisation, la mondialisation) ont montré que le maintien de l’humanité est contraire à l’imposition de pratiques du droit, de la justice du plus fort. Cependant dans le cadre politique et idéologique imposé depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les plus puissantes forces de la Planète se comportent comme si elles n’ont de compte à rendre à personne. Dans un tel contexte, il est toujours possible de se débarrasser de gens comme Jean Bertrand Aristide, président élu d’un pays souverain, dans un monde où la seule souveraineté reconnue est celle des marchés.

Comme ce fut le cas pour Toussaint l’Ouverture, Aristide fut envoyé en exil, en Afrique du Sud. Entre autres raisons : Aristide ravivait la trame d’une histoire enracinée dans les consciences révoltées depuis Kimpa Vita (brûlée vive le 2 juillet 1706 dans le royaume Kongo pour avoir dénoncé le roi et ses alliés, des missionnaires Capucins italiens, comme collaborationnistes des esclavagistes), Makandal, Boukman, Toussaint l’Ouverture, Dessalines, etc.. Au nom de ces consciences, entre autres, Aristide exigeait le remboursement de cette compensation (exigée par l’Etat Français en 1825) en précisant qu’il ne s’agissait nullement de réparations. Aristide n’était pas seul, il exprimait une volonté bi centenaire, une recherche de justice et de vérité s’organisant autour de, et par, Fanmi Lavalass, les héritiers lointains des consciences révoltées de Saint Domingue.

L’histoire de Haïti est à l’image de l’Afrique aujourd’hui : cherchant à se remettre debout, à se reconstituer, à se reconstruire, elle trébuche, hésite et parfois recule face aux menaces des chiens de garde qui cherchent à liquider l’humanité et la remplacé par un ersatz répondant au nom d’humanitaire. Dans la foulée de cette liquidation de l’humanité, ces fossoyeurs cherchent aussi à liquider l’histoire de l’humanité. On ne le répétera jamais assez : l’éradication de l’esclavage à Haïti n’intéresse pas seulement les Haïtiens et/ou les Africains. Comprendre ce qui s’est passé à Haïti en 1804 suivi de 200 ans d’impulsion vengeresse clamée par tous les moyens, y compris Hiroshima et Nagasaki qui restent un signal très fort de volonté liquidatrice de l’humanité.

Certains diront qu’il n’y a aucun rapport entre la violence de l’esclavage atlantique et celle qui fut manifestée à Hiroshima et Nagasaki. Dans l’un comme dans l’autre, l’objectif était l’humanité. Les responsables de la décision de larguer les bombes atomiques pourraient alléguer qu’ils ne s’en rendaient sans doute pas compte, mais la violence comme moyen de contrôler, de soumettre l’humanité à un système fondé sur le viol systématique de l’humanité est ce qui conduit de l’esclavage, de sa prétendue abolition à un esclavage encore plus violent, modernisé et expliqué par des arguties exculpatrices des bénéficiaires. L’arsenal des puissants inclus des avocats de tous bords, allant des philosophes aux juristes, des financiers aux aumôniers, des banquiers aux industrialistes, des linguistes aux anthropologues, des courtisans aux propagandistes, des militaires aux militaristes, des journalistes aux historiens.

Si Haïti, son histoire, son peuple et sa volonté de mener à bien la révolution de 1791-1804, ne faisaient pas peur à la plus grande puissance militaire de la planète, comment expliquer que, suite au tremblement de terre de janvier 2011 qui a dévasté Port-Au-Prince et tué des centaines de milliers de personnes, cette même puissance militaire aie recouru aux automatismes devenus typiques depuis Hiroshima et Nagasaki. À force de se considérer comme la seule capable de faire la distinction entre les ennemis et les bienfaiteurs de l’humanité, la plus grande puissance militaire de la planète ne peut se fier qu’aux expéditions humanitaires, militairement musclées pour s’assurer de la continuité de son contrôle par la violence sur l’humanité. Forcément, une humanité vivante, vibrante de toutes ses forces ne pourra dès lors être perçue que comme menaçante face à un pouvoir assis sur la volonté de monopoliser et dicter à toute l’humanité comment vivre la vie, la liberté, la paix.

Aristide n’est pas un chien

Combien de fois faudra-t-il rappeler aux chiens de garde d’un système qui ne cesse de torturer et de liquider l’humanité, que les pauvres de Haïti (et d’ailleurs) ne sont pas des chiens. Aristide n’est pas un chien. Ces chiens de garde auraient sans doute aimé qu’Aristide disparaisse comme il arrive aux chiens écrasés, sans que les journaux en parlent, sans sépulture, comme il est arrivé à des héros comme Patrice Emery Lumumba, Osende Afana, Ruben Um Nyobe, et tant d’autres dont les restent jonchent le fond de l’Océan Atlantique.

Maintenant qu’Aristide est de retour à Haïti, la propagande qui avait été utilisée pour le liquider est en train de se remettre en route. Les accusations sont les mêmes : corruption, trafic de drogues, etc. Des accusations qui ne sont pas différentes de celles qui sont lancées contre, par exemple, le chef d’Hezbollah, Sayyid Nasrallah. (http://www.youtube.com/watch?v=GDLXPpooA18).

Du côté des accusateurs, la motivation continue d’être la même : maintenir en place le système qui avait fait de Saint Domingue la perle économique des colonies françaises, en recourant à l’esclavage. Et il y a des voix qui s’élèvent, de Haïti, pour sermonner les héritiers de celles et de ceux qui avaient mis fin à l’esclavage, avec l’argument suivant : « Regardez Haïti aujourd’hui, le pays le plus pauvre de l’hémisphère Occidental. » Cette pauvreté fait partie de la guerre organisée par les puissants, les riches, pour forcer tout membre de l’humanité qui rejette la modernisation de l’esclavage, à mendier pour survivre.

Un Haïtien de renom qui s’était joint à la propagande de diaboliser Aristide avait une fois déclaré que ce dernier n’était pas Mandela. Il lui fut répondu, à l’époque, certainement : il n’y a qu’un Mandela tout comme il n’y a qu’un Aristide, comme il n’y a eu qu’un Malcolm X, un Martin Luther King, une Kimpa Vita, une Harriet Tubman, etc.. La liste des gens qui ont singulièrement contribué à l’émancipation de l’humanité est infiniment longue, trop souvent inconnue, méconnue par ceux-là qui devraient être fidèles à ces figures.

Avec la Seconde Guerre Mondiale, un système personnifié par le mal s’est effondré sans rien perdre de ses structures financières, mémorielles et mentales . Tout comme avec l’abolition de l’esclavage, les bénéficiaires du nazisme ne furent pas touchés. Comme Alain Resnais le montre très bien dans son film (La Nuit et le Brouillard), les grands groupes industriels comme Krupp ont continué de prospérer. La leçon de la Deuxième Guerre Mondiale a été tellement bien apprise que les responsables de la poursuite de la liquidation de l’humanité et de son histoire se sont proclamés comme les seuls défenseurs de l’humanité en inventant l’humanitaire et le R2P (Right to Protect). Dans cette logique, l’impunité des Etats-Unis a été érigée en un principe non négociable par le gouvernement des États-Unis. (Voir le site : http://www.iccnow.org/?mod=bia&lang=fr, accédé le 10/04/2012.)

Le film de Resnais a été tourné en 1955, en pleine guerre d’Algérie, avec l’espoir explicite du réalisateur qu’un film sur les camps amènerait les français à faire le lien entre ce qui s’était passé dans l’Allemagne Nazie et ce qui se passait en Algérie, et, donc, réagir. Nous sommes en 2012. Combien de personnes savent que le titre du film de Resnais, sans le savoir, reproduit le titre d’un décret du 7 décembre de 1941 (Nacht un Nebel Erlass) Décret « Nuit et Brouillard ». En lisant la teneur de ce décret, il est difficile de ne pas penser au contexte qui a conduit les Etats-Unis non seulement à se mettre hors d’atteinte de la Cour Pénale Internationale, mais aussi à mettre en place un système de contrôle policier à la hauteur de ses ambitions de puissance globale. (http://www.vho.org/aaargh/fran/nuremberg/tmiI/tmiI7.html, accédé e 10/04/2012.

À la lumière du message qu’Alain Resnais cherchait à faire passer, il est permis de se demander, comme le faisaient Aimé Césaire dans son Discours sur le Colonialisme et Frantz Fanon dans Les Damnés de la terre, s’il n’y jamais eu une réelle prise de conscience de la dimension des crimes contre l’humanité, pendant, avant et après la 2ème Guerre Mondiale. À la lumière des comportements actuels de la plus grande puissance mondiale et de ses alliés, des questions continueront d’être posées, mais l’urgence de réponses à la hauteur des crimes contre l’humanité interpellent tous les membres de l’humanité, avec de plus en plus d’urgence.

L’humanité ne vaut que inclusive, non discriminatoire. L’humanité n’a pas à être réinventée sous forme de missions humanitaires ponctuelles visant des personnes qui sont ensuite emmenées à un tribunal pénal international qui semble surtout fonctionner comme un tribunal du droit du plus fort pour se débarrasser de ceux qui défient une telle situation. Pour qu’une justice fidèle à l’humanité puisse vraiment fonctionner il faudrait en finir avec les pratiques qui font du droit du plus fort un instrument d’une justice militarisée au service de la plus forte puissance militaire jamais inventée. Il faut en finir avec une justice du droit du plus fort qui se manifeste par le biais de medias complètement sous le contrôle des plus forts dans la hiérarchie de la mondialisation.

Aristide n’est que l’écho des Africains, des Haïtiens, des damnés de la terre qui veulent se guérir de la blessure dont souffre l’humanité, une blessure qui a mutilé les consciences, les volontés de fidélité à la justice et à la vérité. Il est aussi l’écho d’autres peuples dans d’autres régions du monde cherchant à se faire entendre au-delà de l’enfer des guerres punitives menées contre une humanité qui ne cherche qu’à vivre et non survivre en se soumettant aux missions de charité des puissants. Au plus la voix d’Aristide dérange leur conscience, au plus les puissants devraient lui prêter attention et ne pas l’accuser de crimes inventés.

À suivre. 19 avril 2012

QUAND LE NEGATIONISME TUE À PETIT FEU

L’histoire du développement guerrier et pacifique du nucléaire, surtout depuis Hiroshima/Nagasaki, dérange les consciences. Cette histoire de cloisonnement ou de confinement n’est pas particulière au nucléaire. Tout comme pour l’histoire du capitalisme, le mot d’ordre semble être qu’il ne faut pas s’inquiéter et que tout ira bien pour le meilleur des mondes. Avec le 25ème anniversaire de Tchernobyl, et les informations accumulées depuis cette catastrophe, il est permis de questionner cette manière idyllique de conter l’histoire.

Le refus de partager une information vitale pour la survie d’un groupe (famille au sens restreint ou étendu) aura un effet cumulatif quant aux répercussions négatives. Mais le problème ne se présente pas seulement à Fukushima. A chaque fois que l’histoire avance (recule ou fait du surplace), les forces qui ont tout fait pour qu’il ne sorte qu’une seule narration s’activent pour formater la continuation de cette narration selon leur version. Quelle que soit la crise dont il s’agit, il émergera une version qui a ses racines dans un processus de façonner le monde et comment penser les changements, ce qui doit changer, etc. selon la mémoire/l’objectif des vainqueurs.

Est-ce possible de penser en même temps la Lybie et Fukushima ?

Dans les ceux cas, à Fukushima comme en Lybie, on peut observer l’humanité faisant face à une croisée des chemins. Dans les deux cas, les organes dominant d’information discutent de scénarios et des solutions qui écartent les voies qui pourraient contrarier leurs intérêts à court terme. Habitués à toujours avoir le dessus les pays qui ont toujours dominé la planète cherchent à maintenir le statu quo de leur domination. Au cas où il y aurait résistance, le recours à la solution militaire sera automatique. Dans les deux cas, les organes d’information s’organisent pour présenter l’histoire de la Lybie et celle du nucléaire sous une forme tronquée. Dans les deux cas, on parle de crise qui sera résolue par les forces compétentes en la matière. Même si les experts apparaissent comme ayant violé les règles les plus élémentaires de recours à la négociation (Lybie) à la prudence (Fukushima), aucune des instances en place, au niveau des relations internationales n’ont les possibilités et/ou les moyens de les rappeler à l’ordre. Sauf si des voix, se fondant sur la conscience de l’humanité, rappellent aux tout-puissants le fait, somme toute banal, que cette toute-puissance s’est construite sur le silence consenti et/ou forcé du reste de l’humanité.

L’histoire de la Lybie ne commence pas en 1969 ou même avec la colonisation italienneWatch Full Movie Online Streaming Online and Download

En Lybie, la crise est présentée de telle manière qu’il faille recourir à une solution militaire pour sauver les opposants du colonel Kadhafi. L’argumentaire est celui des droits de l’Homme. Moralement il est sous-entendu que personne ne pourrait s’opposer à une telle entreprise. Cet argumentaire a des racines profondes dans l’histoire des rapports entre l’Occident et les peuples non Européens. Après l’esclavage et le fameux commerce triangulaire entre les Amériques, l’Europe et l’Afrique, l’Europe, par le biais de la Conférence de Berlin s’appropria l’Afrique, au nom de l’introduction de la Civilisation dans l’Afrique obscure. Les historiens à courte vue, aiment nous dire que le mode de fonctionnement du monde d’aujourd’hui a commencé durant la 2ème Guerre Mondiale. Ce n’est qu’en partie vrai. La Conférence de Berlin est le précurseur de la Conférence de San Francisco qui organise les Nations Unies et, dans la foulée, l’OTAN. Toutes ces organisations furent mis en place pour servir les intérêts de l’Occident

Pour occuper l’Afrique (avant et après la Conférence de Berlin), il a fallu des campagnes militaires. En RDC, ces campagnes étaient appelées campagnes de pacification ou « promenades militaires ». Elles ont continué jusque dans les années 30. Pour l’Occident dominateur, il ne doit exister qu’une histoire de ses rapports avec l’Afrique, il n’existe qu’une manière de narrer ses rapports avec Haïti. Cette histoire doit être dictée par l’Occident. Un Occident dont la mentalité est structurée par l’histoire d’Etats aux objectifs de colonisation. Un Occident d’où ont surgi les multinationales qui, aujourd’hui dictent les argumentaires avancés par les Etats. Il devient de plus en plus clair que les instances mises en place, par des États Nation, durant et à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ne font/feront plus le poids face aux défis actuels et à venir. Le poids des multinationales est tel que la logique et le mode de fonctionnement des institutions étatiques obligent un recours à des accommodements qui renforcent la loi de la jungle alors qu’on est supposé vivre dans un monde civilisé, démocratisé. La défaillance des structures politiques pour régler les relations internationales sera toujours compensée par la mentalité qui a conditionné leur mise en place (à Berlin, Yalta, San Francisco, Bretton Woods).

Pour les puissances qui se sont enrichies en asservissant/colonisant l’Afrique, le sentiment de culpabilité les conduit à se présenter comme les défenseurs de celles/ceux qui souffrent les atrocités commises par Kadhafi. Cependant, la question de savoir quelles sont les forces qui ont façonné l’émergence d’un dirigeant sanguinaire n’est jamais posée ou rarement discutée. Quand il y a discussion de changement de régime, les parrains et partenaires des régimes en question ne sont pas appelés à rendre des comptes.

Dans l’histoire de l’humanitarisme et des droits humanitaires il y a un escamotage systématique des racines non humanitaires des propagateurs de cette religion selon laquelle l’expansion du capitalisme ne peut être vue que sous l’angle des bienfaits. Les effets négatifs sont considérés comme mineurs. Très rarement, pour ne pas dire jamais, assiste-t-on à un examen sans complaisance des effets destructeurs de ce qu’il y a de plus sacré entre les humains, à savoir, l’humanité commune, le respect du principe de vie. À partir du moment où l’éclatement (appelons-la la fission) de l’humanité s’est produite et que commencèrent à se mettre en place les mécanismes économiques, financiers, politiques, sociaux, culturels et religieux de ce qui en quelques années deviendra le capitalisme, il se développa aussi une narration de cette histoire dont l’objectif a toujours été de rehausser les bienfaits du système. L’histoire de celles/ceux qui furent déclarés (Voir, par exemple, Le Code Noir) non humains, jusqu’aujourd’hui n’a pas été contée telle qu’elle a été vécue par ces témoins incontournables. Face aux dépositaires/héritiers de ces témoins, les descendants des rédacteurs du Code Noir ont appris mécaniquement la règle de toujours les réduire au silence. En vue de parfaire cette réduction au silence, il faut surtout éviter les possibles rapprochements avec d’autres errements.

Les régimes conduits par Hitler, Mussolini sont présentés comme des aberrations. Le tribunal de Nüremberg où seront condamnés individuellement des responsables aura pour effet de blanchir la part qui revenait au système. Et cela malgré les voix qui se sont élevés et qui, aujourd’hui continuent de s’élever. Le Tribunal de Nüremberg eut aussi comme effet collatéral de contenir l’histoire des régimes instaurés par Hitler et Mussolini à l’intérieur d’un conteneur de confinement étanche, afin qu’ils ne soient vus que comme des aberrations. Il ne fallait pas voir dans l’histoire des puissances de l’Axe (Allemagne/Italie/Japon) la pulsion coloniale s’en prenant à une zone et à des populations considérées hors limite.

Par un article du NYT en date du 14 avril 2011(Nuclear Cleanup Plans Hinge on Unknowns par Hiroko Tabuchi
) nous apprenons que pour les travaux les plus dangereux, la compagnie qui opère les réacteurs de Fukushima (Tepco) recourt à des travailleurs saisonniers par le biais d’une société spécialisée dans ce genre de recrutement de travailleurs. En d’autres termes, et cela ne date pas d’hier, à chaque fois que l’humanité s’est lancée dans une phase qui risquait de ne pas plaire à tout le monde, il a fallu recourir au secret. Dans l’industrie nucléaire, il y a des boulots qui sont tellement dangereux que seuls les candidats inconscients et/ou non informés des risques pour leur santé, sont prêts à se présenter. Est-on tellement loin des pulsions dominatrices apprises à travers l’esclavage Atlantique et la colonisation ?

Le 5 avril, 2011, on nous a annoncé l’entrée d’Aimé Césaire au Panthéon à Paris. Dans ce geste qui est vu par certains comme une consécration des luttes de Césaire contre la déshumanisation il faut aussi y voir un processus de négation de ce qu’il y avait de plus profond dans les luttes de Césaire. Dans cette négation il y a aussi une manœuvre de désamorçage des ce qu’il y avait de plus radical dans sa pensée. Cette entrée au Panthéon ne coûte rien au système. Tout le contraire, ce geste, dans le contexte actuel, renforcera dans le public français de France la notion que Napoléon, [restaurateur de l’esclavage], et Césaire peuvent se côtoyer sans problème. Ce geste renforcera l’idée de la magnanimité des figures napoléoniennes, peu importe les détails qui pourraient donner une image contraire à celle qui maintient l’ordre hiérarchique entre la révolution de 1789/France et celle de 1804/Haïti.

Le Panthéon pour Césaire, l’Académie Française pour Senghor, le Jura pour Toussaint l’Ouverture, le fond de l’océan Atlantique pour la chair à canon de l’esclavage qui refusa la mort à petit feu ? En d’autres termes, il y a, à travers cet acte, la nécessité de maintenir en place une structure automatique de hiérarchisation des consciences. Le Panthéon, c’est Napoléon d’abord. C’est ce dernier qui organisa avec la plus grande férocité possible la restauration de l’esclavage là où elle avait été abolie. À Haïti, cela n’a pas été possible. Et, plus de 200 ans après, Haïti continue de payer pour avoir réussi l’impossible impertinence, aux yeux de ceux qui ne pouvaient accepter alors et qui, aujourd’hui, continuent de ne pas accepter la proposition que les Africains puissent être en avance sur l’universalité de la liberté.

Y a-t-il encore une boussole dans un monde qui semble avoir perdu le nord ?

Depuis l’inauguration de la déshumanisation systématique des segments les plus pauvres de l’humanité qui ont ouvert la voie à ce qui apparaît de plus en plus comme l’extinction de l’humanité, la partie encore saine trouvera-t-elle les moyens d’arrêter un processus qui semble de plus en plus inéluctable ? Or, la partie que l’on pourrait prendre pour saine est précisément celle qui est constamment soumise à un processus de destruction car si elle venait à parler, elle risquerait de créer la prise de conscience de l’humanité.

Les preuves de l’inéluctabilité s’accumulent. La catastrophe de Fukushima illustre le parallèle entre le développement du nucléaire et le développement du capitalisme, et, dans la foulée, l’idée que la meilleure façon de régler les conflits est de recourir aux armes et la guerre. De part et d’autre on observe un cramponnage à ce qui a toujours fonctionné pour les tout-puissants alors que la voie de sortie ne sera possible que si les voix des plus faibles sont entendues sans intermédiaires quelle que soit la charité et/ou l’humanitarisme de ces derniers.

Le 5 mai 2011

GUANTANAMO (2)

Pour que les fabricants
De Guantanamo
Apprennent
A défabriquer
Guantanamo

Toujours Guantanamo
Toujours maîtriser tout
Toujours maîtriser le futur
Maîtriser
l’espace, le temps, le passé, le présent,
la parole
en somme, ces liquidateurs de l’humanité
pourfendeurs déguisés
de la terreur
s’acharnent à

En finir avec l’histoire
Avec l’homme
Avec la femme
Avec les enfants
Avec les émigrés
Avec les chômeurs
Avec les travailleuses
Avec les handicapés
Avec les pygmées
Avec les violées
Avec les enfants soldats
Avec les enfants de la rue
Avec les sans domiciles fixes
Avec les sans papiers
Avec les réfugiées de l’humanité

Où qu’elle soit, agonisante, menacée d’extinctionwatch full Rings 2017 film

Fukushima
Lybie
Tunisie
Egypte
Haïti
Gaza

Question :pourquoi en finir à jamais
Avec les naufragés

De la globalisation
De la crise financière
De la crise du climat
De la peur du futur, du passé, du présent,
De la peur du voisin, du frère, de la sœur

Oh les geôliers
De Guantanamo
Rappelez-vous Santo Domingo
Qui mit fin aux
Maux et aux mots
Infligés par les geôliers
d’une autre époque
à la solde de maître traitres
de l’humanité
bourrés de vanité
telle la grenouille
de la fable
se voyant toute-puissante
intouchable
liquidée par son obésité

Ainsi aussi finira
GUANTANAMO
Telle sa voisine Santo Domingo
Devenue Haïti
Gaza de l’Atlantique
Comme Gaza
Non maîtrisable
Par les fossoyeurs
De l’humanité

La toute-puissance des tout-puissants
Ne maîtrisera jamais
La liberté, mère des
Toussaint, Dessalines, infinissables
Faut-il la preuve ?
Apparaissant quand on les attend le moins
Pierre Antoine Lovinsky
Jean Bertrand Aristide
Fanmi Lavalass
Père Jean-Juste
Héritières connues et inconnues des Antonins
Et des Antoninnes
Bouazizi Mohamed

Messagères toutes et tous
De liberté insatiable de liberté
Indomptable, écrivant, ré-écrivant
Jamais lasses de faire comprendre aux fossoyeurs
Leurs erreurs, leurs errements
Pour que Guantanamo
Cesse de continuer l’histoire,
Sous l’ère nucléaire, de l’esclavage
Pour qu’advienne sans moratoire
une autre histoire
digne de l’humanité.

Salvador, Brésil
3 mai 2011

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Boyka: Undisputed IV (2017)

Director : Todor Chapkanov.
Writer : Tony Mosher, David N. White.
Producer : Boaz Davidson, Isaac Florentine, Mark Gill, Trevor Short, John Thompson, Les Weldon.
Release : April 18, 2017
Country : Bulgaria, United States of America.
Production Company : Nu Boyana Viburno.
Language : English.
Runtime : 87 min.
Genre : Action.

‘Boyka: Undisputed IV’ is a movie genre Action, was released in April 18, 2017. Todor Chapkanov was directed this movie and starring by Scott Adkins. This movie tell story about In the fourth installment of the fighting franchise, Boyka is shooting for the big leagues when an accidental death in the ring makes him question everything he stands for. When he finds out the wife of the man he accidentally killed is in trouble, Boyka offers to fight in a series of impossible battles to free her from a life of servitude

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Une lettre ouverte

Une lettre ouverte
Aux gens de partout, aux dirigeants de la planète, aux dirigeants de l’Afrique,
À celles et à ceux qui sentent
qu’il y a quelque chose qui ne va pas et qu’il faut faire quelque chose

Pour que cesse la fission
de l’humanité
Pour que cesse le carnage conduit de main de maître
Pour en finir, une fois pour toutes
–nous l’avons entendu—
avec Mai 1968, et, efficacité
exige, avec ce qui reste de 1789,
dans la France qui s’appelle
liberté, égalité, fraternité

Pour que cesse
La punition
Sans fin des Africains,
crève-la-faim punis
pour avoir oser mettre fin
au Code Noir à Saint Domingue

Pour que de l’Afrique générique de
Himalaya aux Andes,
s’étalent les clairières
De la conscience de l’humanité

Pour que les mots
esclavage crime contre l’humanité
Ne fanent dans l’enfer des bonnes intentions
Qu’advienne guérison
sans hésitation
sans humanitarisme
sans charité
avec solidarité

De cette humanité dont la fission
Avait encouragé la fission de l’atome
Encouragé les génocides en chapelet
D’un 20ème siècle enraciné séculairement
Dans la liquidation des Arawaks, des Geronimo
Zumbi, Arménie, Namibie, Bas-Congo, Ota Benga,
Auschwitz, Kolyma, Nankin, Hiroshima,
Nagasaki, Palestine, Cambodge, Rwanda

Que cesse la fission de l’humanité
Par guerres sournoisement silencieuses
Que cessent la fission
Par modification génétique
D’une humanité exsangue

Que cette lettre lancée
A la mer de l’internet reste un témoignage
Des voix qui se sont élevées
S’élèvent et s’élèveront contre
L’anéantissement de l’humanité

Sans cesse des voix crient
Vers les oreilles génétiquement bouchées
Par les descendants de ceux
Qui ont tout fait pour punir les Africains
Des îles, de la route triangulaire
Pour avoir libéré le siècle des Lumières
De l’obscurantisme.

Au nom des Africains de Saint Domingue
Conscience de l’humanité rejetant
La définition de biens meubles

Que cette lettre soit gardée
Par les archivistes de la conscience de l’humanité
Pour que les mots
échos tremblotant faibles
de la lueur presqu’éteinte sortie
des Cahiers d’un Retour
à l’humanité natale

Pour qu’un peu d’humanité revienne à HaïtiJustice League Dark 2017 movie download

Pour que Jean-Bertrand Aristide revienne
A son pays natal
Pour que Haïti puisse guérir de la fission fatale
Commencée il y a des siècles

Pour que les Haïtiens les plus riches en biens meubles
Ouvrent un regard de solidarité libérateur des œillères des richesses

Pour que les descendants des inventeurs de l’esclavage atlantique
Aient l’humilité de reconnaître le crime commis durant des siècles
De reconnaître l’obligation de restitution
De l’argent arnaqué sous prétexte de compensation
De l’obligation de restituer Aristide à ses parents
De ne pas répéter le crime de Napoléon d’avoir envoyé
Toussaint mourir de froid et de faim dans le Jura

N’est-il pas temps de guérir des blessures séculaires
Dictant aujourd’hui l’esclavage nucléaire
Conduisant à la pulvérisation de l’humanité
Avec toutes les précautions humanitaires
D’usage en ces temps qui cherchent
Par tous les moyens de faire disparaître
Haiti et Fanmi Lavalass
Dans les oubliettes de l’histoire

Est-ce trop demander aux descendants
Des bénéficiaires des ravages humanitaires
de l’esclavage atlantique de demander pardon
en ramenant Aristide à sa maison natale
et que de ce pardon naisse un début de guérison
de l’humanité

Une humanité comateuse
d’un crime systématiquement
nié par les responsables pourrait renaître
et retrouver le chemin du pays natal

Un pays inventé, découvert, construit
Chantant, pleurant, criant, murmurant
Vive la raison du plus faible
Que vive la vie
Que vive la solidarité

Que cesse la collaboration criminelle
Entre les geôliers commanditaires
D’Aristide.

Que cesse la prison domiciliaire
Que cesse la relégation
Que cesse les méthodes qui rappellent la colonisation
L’apartheid, l’esclavage une histoire
Moderne qui mène tout droit
A la bastille de la globalisation

Ou bien faudrait-il comprendre que le rêve éveillé
des fossoyeurs inconscients de l’humanité
serait la réalisation
d’une histoire à rebours pour
Que l’humanité noire et son histoire disparaissent à jamais
Dans un cosmique trou noir

L’humanité éveillée se demande
Si la résidence surveillée d’Aristide en Afrique du Sud
N’est qu’une modernisation du Jura de la faim, du froid
De la solitude qui mit fin aux jours de Toussaint l’Ouverture

L’humanité éveillée se demande
Pourquoi emprisonner Aristide dans le pays qui a fait
Mourir Robert Sobukwe en l’isolant
Et de son humanité natale
Et de ses compagnons de Robben Island

Dans son crépuscule
L’humanité solidaire
Rétif à l’humanitaire
Aspire expire le désir
D’une humanité une
Haïti retrouvant Aristide retrouvant
Fanmi Lavalass retrouvant
Liberté, égalité, fraternité
point final à l’impunité
Du crime contre l’humanité

Mercenaries Circling Haiti

Wednesday 03 March 2010
by: Bill Quigley, t r u t h o u t | News Analysis
http://www.truthout.org/mercenaries-circling-haiti57337

On March 9 and 10, there will be a Haiti conference in Miami for private military and security companies to showcase their services to governments and nongovernmental organizations (NGOs) working in the earthquake-devastated country.

On their web site for the Haiti conference, the trade group IPOA (ironically called the International Peace Operations Association until recently) lists 11 companies advertising security services explicitly for Haiti. Even though guns are illegal to buy or sell in Haiti, many companies brag of their heavy-duty military experience.

Triple Canopy, a private military company with extensive security operations in Iraq and Israel, is advertising for business in Haiti. According to human rights activist and investigative reporter Jeremy Scahill, Triple Canopy took over the Xe/Blackwater security contract in Iraq in 2009. Scahill reported on a number of bloody incidents involving Triple Canopy including one where a team leader told his group, “I want to kill somebody today … because I am going on vacation tomorrow.”

Another company seeking work is EODT Technology, which promises in its ad that its personnel are licensed to carry weapons in Haiti. EODT has worked in Afghanistan since 2004 and provides security for the Canadian Embassy in South Africa. On their web site, they promise a wide range of security services, including force protection, guard services, port security, surveillance, and counter-IED response services.

A retired CIA special operations officer founded another company, Overseas Security & Strategic Information, also advertising with IPOA for security business in Haiti. The company web site says they have a “cadre of US personnel” who served in Special Forces, Delta Force and SEALS and they state many of their security personnel are former South African military and police.

Patrick Elie, the former minister of defence in Haiti, told Anthony Fenton of Inter Press Service, “these guys are like vultures coming to grab the loot over this disaster, and probably money that might have been injected into the Haitian economy is just going to be grabbed by these companies and I’m sure they are not the only these mercenary companies but also other companies like Haliburton or these other ones that always come on the heels of the troops.”

Naomi Klein, world renowned author of “The Shock Doctrine,” has criticized the militarization of the response to the earthquake and the presence of “disaster capitalists” swooping into Haiti. The high priority placed on security by the US and NGOs is wrong, she told Newsweek. “Aid should be prioritized over security. Any aid agency that’s afraid of Haitians should get out of Haiti.”

Security is a necessity for the development of human rights. But outsourcing security to private military contractors has not proven beneficial in the US or any other country. Recently, Rep. Jan Schakowsky (Illinois) and Sen. Bernie Sanders (Vermont) introduced bills titled “Stop Outsourcing Security” to phase out private military contractors in response to the many reports of waste, fraud and human rights abuse.

Human rights organizations have long challenged the growth in private security contractors in part because governments have failed to establish effective systems for requiring them to be transparent and for holding them accountable.

It is challenging enough to hold government accountable. The privatization of a public service like security gives government protection to private corporations, which are also difficult to hold accountable. The combination is doubly difficult to regulate

The US has prosecuted hardly any of the human rights abuses reported against private military contractors. Amnesty International has reviewed the code of conduct adopted by the IPOA and found it inadequate in that compliance with international human rights standards are not adequately addressed.

This is yet another example of what the world saw after Katrina. Private security forces, including Blackwater, also descended on the US gulf coast after Katrina grabbing millions of dollars in contracts.

Contractors like these soak up much needed money which could instead go for job creation or humanitarian and rebuilding assistance. Haiti certainly does not need this kind of US business.

In a final bit of irony, the IPOA, according to the Institute for Southern Studies, promises that all profits from the event will be donated to the Clinton-Bush Haiti relief fund.

Creative Commons License
This work by Truthout is licensed under a Creative Commons

Movimento Negro brasileiro pede expulsão do Cônsul Geral do Haiti

PRESS RELEASE,
Monday, 18 January 2010, 19:10
The United Black Movement in Brazil is requesting that their government expel the Consul General of Haiti, George Samuel Antoine, from Brazil for his racist statements and attack against Voodoo. The statements of the Consul General were recorded by a journalist in São Paulo on 13-January 2010. The recording can be seen online by searching “Haiti Consul General Brasil”.

Para: midialivre@yahoo.com.br
Data: Segunda-feira, 18 de Janeiro de 2010, 19:32

Movimento Negro brasileiro pede expulsão do Cônsul Geral do Haiti

Organizações negras, líderes religiosos e intelectuais de todo o país estão manifestando-se em relação às declarações racistas do cônsul geral do Haiti em São Paulo, George Samuel Antoine e pedem sua expulsão imediata do Brasil.

Sem saber que estava sendo gravado pela equipe do SBT, Antonie diz que a culpa do terremoto que destruiu o Haiti foi do Vodu, religião da origem africana popular naquele país. “Acho que de, tanto mexer com macumba, não sei o que é aquilo… O africano em si tem uma maldição” e afirma que a catástrofe, que vitimou centena de milhares de haitianos, foi boa para o Consulado “A desgraça de lá está sendo uma boa pra gente aqui, fica conhecido”, afirmou o representante do país no Brasil. “Todo lugar que tem africano lá tá f…”, completa.

As afirmações exibidas no último dia (14), no jornal “SBT Brasil”, causaram indignação dos ativistas negros que as consideram como racista e despeitosa com todos os afrodescendentes no mundo. Para Silvio Humberto Cunha, diretor do Instituto Steve Biko “essa declaração demonstra como o racismo não tem fronteiras, as pessoas vêm os negros como sub-humanos”. Silvio Humberto pede que Itamaraty tome “medidas energéticas” em relação ao caso e conclama o movimento negro a se posicionar.

O vídeo, divulgando no site YouTube, já foi traduzido para inglês e espanhol e está causando uma série de manifestações internacionais, sobretudo por somar-se às declarações do pastor americano Pat Robertson dono do canal “Christian Broadcasting Network” quando afirmou que a causa do terremoto foi um “pacto com o diabo” realizado pelos haitianos para que o país se tornasse independente da França.

O Conselho Nacional de Negras e Negros Cristãos (CNNC), afirma em seu blog que “estes fatos nos trazem a reflexão do racismo e intolerância com o povo haitiano” e lembra o comentário feito pelo jornalista Arnaldo Jabor para quem uma das causas da falta de democracia no Haiti são as “raízes africanas tribais e bárbaras”.

A presidente do Conselho do Desenvolvimento da Comunidade Negra da Bahia (CDCN), Vilma Reis, afirma que o discurso do Antonie reflete o pensamento racista dominante “ele apenas verbalizou o que maioria dos racistas pensa sobre nós” e lembra que muitos diplomatas vivem da miséria do povo haitiano fazendo carreiras nos órgãos internacionais.

Na próxima quarta-feira, 20/01, às 19h, organizações do movimento negro baiano e membros de religiões de matriz africana convocarão a imprensa para uma manifestação conjunta em favor da expulsão do cônsul George Samuel Antoine. A reunião será realizada na sede do Instituto Steve Biko, Largo do Carmo, Pelourinho, em Salvador.

O vídeo com os comentários racistas encontra-se no site http://correionago.ning.com/video/terremoto-no-haiti-consul

* Por Paulo Rogério Nunes

Thabo Mbeki on Haiti

We must do all we can to help the island nation safeguard its dignity, writes Thabo Mbeki
The Big Read: It was difficult to hold back the tears as a deluge of news told of the catastrophe visited on the people of Haiti by the earthquake that struck Port-au-Prince on January 12.

Jan 24, 2010 10:15 PM | Times Live, South Africa http://www.timeslive.co.za/opinion/article275664.ece

After the tragedies in Asia resulting from the Indonesia tsunami in 2004 and from Hurricane Katrina in the US city of New Orleans in 2005, it was possible to imagine that we could respond to future natural calamities with a certain degree of stoicism.

But when the full picture began to emerge about the destruction in Haiti, this proved to be little more than a delusion born of the wish to limit the pain all of us feel when merciless nature strikes suddenly, brutally claiming the lives of many helpless fellow human beings.

It was not necessary for us to see the human limbs protruding from under the rubble or to see lifeless bodies lying in the streets to know the terrible cost the earthquake had imposed on thousands of Haitians.

The heaps of bricks and mortar that had been houses necessarily invoked in the mind’s eye terrifying images of crushed bodies, of people still alive under the walls that had collapsed, but condemned to die slowly because help would not reach them on time, of human blood flowing into the canyons that had opened when the earth itself became an enemy of the Haitian humanity.

Those images in the mind, even without confirmation by the graphic television footage, were enough to produce the tears that are impossible to hold back.

But the tears also came because this tragedy engulfed this particular country – Haiti!

The fact of our birth into the South Africa that was, placed Haiti in a special place in our hearts and minds. This is because it has the indestructible distinction that 206 years ago, in 1804, it emerged as the very First Black Republic in the world.

More than the mere fact of this was the history of the extraordinary uprising which led to this outcome, which could not but serve as an unequalled inspiration to those engaged in struggle to achieve their own liberation.Watch movie online The Transporter Refueled (2015)

During a sustained military and political struggle, which ended with the birth of their Republic, the African slaves of Haiti, with many free mulattos as their allies, defeated the armies of the most powerful European powers of the day – Spain, Great Britain and France.

From this titanic struggle emerged true heroes of all oppressed peoples, including Toussaint L’Ouverture, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe and Alexander Pétion, who together out-smarted some of the best Generals that Europe could produce.

When, in 1803, their armies defeated the French forces, which were first led by Napoleon’s brother-in-law, General Leclerc, they saved the United States of America from occupation by France.

Because the African slaves of Haiti annihilated the French army, this army could not proceed to occupy the US territory known as Louisiana, as ordered by Napoleon. Ultimately France had to sell this territory to the US, which is celebrated in the US as the Louisiana Purchase.

Free Haiti also provided the outstanding Latin American liberator, Simon Bolivar, with the war materials he needed to defeat the Spanish forces, secure independence for Venezuela and therefore guarantee the liberation of Latin America from Spanish occupation.

The Haitian Revolution was organically linked to the American and French Revolutions and should have taken its place alongside these in the construction of the new world order of the day. Sadly, this was not to be.

One important reason for this was explained by the US newspaper, the Wall Street Journal, in its January 2 2004 edition, in an article by José de Côrdoba headed “Impoverished Haiti pins hopes for future on a very old debt”.

The article said, “More than two decades after rebellious former slaves vanquished troops from Napoleon’s army here (in Haiti) in 1803, France’s King Charles X made the fledgling republic of Haiti an offer it couldn’t refuse.

“In 1825, as the king’s warships cruised just over the horizon from the Haitian capital, a French emissary demanded 150 million gold francs in exchange for recognising the new republic. The implicit alternative was invasion and re-enslavement.

“It was a huge sum, about five times Haiti’s annual export revenue. Haiti’s then-president reluctantly agreed, taking on a crushing debt.

“Today, as Haiti celebrates the 200th anniversary of its independence amid growing political unrest and a collapsing economy, one of its few glimmers of hope is that long-ago deal.

“Haiti wants its money back – with interest.

“Aided by US and French lawyers, the Haitian government is preparing a legal brief demanding nearly $22-billion in ‘restitution’ for what it regards as an act of gunboat diplomacy.”

After its defeat, France refused to recognise the Republic of Haiti. Frightened by the example it had set, the slave-owning US imposed economic sanctions against the young Republic.

France demanded that the Republic of Haiti must pay compensation for the losses sustained by French property-owners in what had been its wealthiest colony. The most valuable property for which the French claimed compensation was the slaves themselves!

The France of Liberté, Egalité et Fraternité sent a new expeditionary force to enforce its demand that the liberated slaves had to pay money to guarantee their freedom.

Haiti felt that it had no choice but to pay the compensation demanded by France. Remarkably, it took Haiti 122 years to settle this debt, with the final payment being made in 1947 to the US, after the latter had bought this debt from the French!

To indicate how heavy the burden of this debt was, in 1900 fully 80% of Haiti’s national budget had to be set aside to service the debt imposed on the country by France in 1825, which continued to expand because of the interest it carried.

What the poor of Haiti paid during 122 years, expressed in 2004 US dollars, was conservatively estimated to amount to $22-billion! In 2004, a French government commission established to assess Haiti’s demand for restitution said this demand was “not pertinent in both legal and historical terms”.

It is probably true that Haiti today is the poorest country in the Western Hemisphere. It is, however, also true that as their forebears did, the people of Haiti continue to stand out today as an inspiring example of human resilience and dedication to the cause of freedom.

The urgent task all humanity faces today is to come to the aid of the Haitians, to confront and overcome the consequences of the deadly earthquake which has claimed the lives of thousands and wiped out the little wealth they had accumulated in the protracted struggle of many centuries merely to survive.

It was indeed truly inspiring to hear the international media reports about the efforts of fellow South Africans, working side by side with other foreign teams, to rescue Haitians from beneath the mounds of rubble in Port-au-Prince. It is this that makes it possible for one to say – I am proudly South African, and proudly human!

The time will come when other truths will have to be told about Haiti, to allow this country once again to set an example, this time to speak about what should be done and not done if, indeed, we are true to the humanist view that umuntu ngumuntu ngabanye – I am because you are!

When those truths are told, we will have the possibility to salute the people of South Africa that, during the year that Haiti celebrated its Liberation Bicentenary, they had the courage to welcome into their midst a distinguished Haitian family – the family of Jean Bertrand and Mildred Aristide and their two daughters.

Then we will tell of the bond of friendship that has developed between us and the poor of Haiti, including those who have resided in Cité Soleil, the biggest slum in Port-au-Prince, to which has been added the enormous destruction imposed by the January 12 earthquake.

We will also have the possibility fully to absorb the story told in Peter Hallward’s book, Damming the Flood, about what happened in 2004, as Haiti celebrated its Bicentenary and as it saw its elected president forcibly transported into exile in Africa, the ancestral home of the 1804 liberators of Haiti.

For now, we must convey our sympathy, condolences and solidarity to the Haitians who live among us, as well as the rest of the sister people of Haiti.

To give meaning to our words, we must join the rest of the world to do everything that has to be done to help ensure that tomorrow we shed tears of joy, as we see the people of Haiti realise the dreams which inspired the African slaves of Haiti to do what they did over two centuries ago, which affirmed the dignity of all Africans and all human beings, regardless of race, colour, gender or belief.

Stand Shoulder to Shoulder with the People of Haiti

–When asked “How are they surviving?” Haitian journalist Wadner Pierre responded, “Well, they’re all sharing. That’s what we do. That’s the way Haitians are.” (January 16)streaming film Pirates of the Caribbean: On Stranger Tides

–“The city has seen little violence, despite persistent fears that shortages of food, water and shelter will spark unrest.” (January 21)

–Photograph of a white female US Navy medic cradling and feeding a dehydrated Haitian child. (January 21)

I thank my local newspaper, the Contra Costa Times, for including the above images in its coverage of the disastrous January 12, 2010 earthquake in Haiti. These images are vital because they reflect our true human nature that is too often clouded by a pernicious deep structure.

In 2005, upon first hearing about hurricane Katrina on radio newscasts I thought in my head how tragic it was. But when I saw pictures of Katrina, showing how aid and rescue efforts had been needlessly slow to reach poor, African American neighborhoods amid unrealized fears of widespread looting and unrest, my heart was gripped with terror. I felt a visceral pain when faced with the reality that the deep structure of racism on which my nation was founded still persists, despite the abolition of slavery, passage of the Civil Rights Act, and the awakening consciousness of so many people of all races that we truly are equal.

This deep structure is built on the notion that poor people of African descent are less than human, to be exploited economically in good times and to be feared in times of crisis. It is a structure designed to protect the wealth of a few, at the expense of our common humanity.

After the earthquake struck Haiti, my heart was again gripped with terror to see more evidence of this deep structure: When I heard that the US response prioritized “security” over urgent humanitarian assistance; when I read that the US military took control of the Port-au-Prince airport and turned away airplanes carrying medical field hospitals; when I saw that donations of water, food and supplies were not reaching many affected areas at all and some only after thousands who survived the initial quake had needlessly died of infection and dehydration.

The deep structure of racism has infected much of the media that shapes people’s consciousness, but as our eyes and hearts are opened, the outpouring of solidarity at a basic human level emerges. As soon as we get to know people of different races and circumstances on a personal level, the deep structure already begins to crumble. I see people in my home town of Richmond, California breaking down the deep structure every day by seeing their neighbors as brothers and sisters, challenging the negative stereotypes of our city that this structure perpetuates. Ever since I was a teenager and first sensed the existence of this structure, I, a white woman, have been working on breaking it down within myself.

People all over the world are giving generously without hesitation to support those suffering in Haiti, and aid workers are rushing there to help. That’s what people do. It’s human nature. I suspect that individual soldiers, as evidenced from the photograph mentioned above, would rather care for people immediately than be ordered to guard shipments of supplies bottle-necked at the airport. Long before the earthquake, I learned about hundreds of people-to-people partnerships between local groups in the US and Haiti to collaborate on schools, clinics, and other constructive projects. Cuban doctors who have been in Haiti for years are joining Haitian doctors round the clock treating earthquake victims with minimal supplies (though the US military has turned away additional Cuban doctors who want to come). Everyone I know who travels to Haiti and becomes personally acquainted with Haitians and their invincible spirit invariably falls in love with them, as did I.

The earthquake is very personal for me because I first started to learn about Haiti and her history shortly before the political earthquake of the February 29, 2004 coup d’etat in which the US helped topple the vastly popular and democratically elected government of the Lavalas party, kidnapping President Aristide and banishing him from the Western Hemisphere. I visited Haiti twice since the coup and have many friends there who are struggling under UN military occupation to maintain strong networks to dismantle the deep structure of racism, asserting their dignity as human beings who care for their communities.

A tiny segment of Haiti’s population is fabulously wealthy, while the vast majority are desperately poor. Ever since the poor had the nerve to stand up for themselves and break the shackles of slavery and colonialism 206 years ago, the US government has colluded with the wealthy few to maintain this gross inequality, most recently taking the form of ensuring an abundant pool of cheap labor for offshore assembly plants.

Under the leadership of twice elected President Aristide, Haiti moved in the direction of improving the lives of the poor. Since the coup, he remains exiled in South Africa, ready to return home but not allowed to by the US controlled Haitian government. Why is Aristide so often demonized by media pundits? Is it because he challenges the Haitian elite’s contempt for the common people and invites them to stand shoulder to shoulder with blacks rather than get down on their knees with the whites? Is it because he calls for everyone to have a place at the table, including poor, rich, black, brown and white?

Now more than ever, the aftermath of Haiti’s earthquake beckons us to further dismantle the deep structure of racism that violates humanity, and stand shoulder to shoulder with our Haitian sisters and brothers. To this end we must insist that delivery of vital earthquake aid be accelerated, that Haiti’s foreign debt be cancelled and Haitians given the wherewithal to rebuild their own country on their own terms, that foreign military occupiers be removed, that the election ban on Haiti’s popular Lavalas party be lifted and that Aristide be allowed to return.

It’s time for the wealthy to get in touch with their true human nature and do a better job of sharing the resources of the earth. We must build new structures that join us together in embracing the Haitian motto “tout moun se moun”–Haitian Kreyol for “every person is a human being”.

Marilyn Langlois
Board member, Haiti Emergency Relief Fund
Member, Haiti Action Committee
www.haitiaction.net, www.haitisolidarity.net
Jan. 22, 2010

Haiti: O Terremoto Como uma Evidência da Hipocrisia da Desfarsatez Mundial — 1º Parte

O terremoto que atingiu o Haiti no último dia 12 de Janeiro, até o momento, apresenta-se como a “grande tragédia” do início do ano de 2010. Este acontecimento está servindo para demonstrar a hipocrisia e a desfaçatez de muitos daqueles – países e indivíduos – que agora procuraram desencarregar suas consciências enviando “ajuda humanitária” para as vítimas haitianas.

Assim como muitas das atuais repúblicas latino-americanas, a escravidão não foi uma exceção da antiga São Domingos, posteriormente, denominada Haiti2. Centro de disputas que envolveram Espanha, Inglaterra, Holanda e França3 durante a transição do período escravista para o período republicano na América Latina, a república de São Domingos foi o principal produtor e fornecedor de açúcar para o ocidente, após a decadência da produtividade brasileira. Sob colonização francesa, São Domingos representou interesses estratégicos que envolveram, por exemplo, a disputa pela liderança no Velho continente entre a França e a Inglaterra, as duas principais potências daquele período.

Sabemos da relação intrínseca entre escravidão e violência e que o próprio sistema escravista em si, apresentou-se como uma das principais formas de violência, ou talvez, a principal violência da época moderna. Nesse sentido não podemos esquecer as violências que a Espanha, uma das potências ocidentais que primeiro ocupou o território de São Domingos, – bastião da civilidade – perpetrou, primeiro sobre as populações indígenas nativas, e posteriormente sobre as populações africanas escravizadas. Assim:

“Os espanhóis, o povo mais adiantado da Europa daqueles dias, anexaram a ilha, à qual chamaram de Hispaniola, e tomaram os seus primitivos habitantes sob sua proteção. Introduziram o cristianismo, o trabalho forçado nas minas, o assassinato, o estupro, os cães de guarda, doenças desconhecidas e a fome forjada ( pela destruição dos cultivos para matar os rebeldes de fome). Esses e outros atributos das civilizações desenvolvidas reduziram a população nativa de estimadamente meio milhão, ou talvez um milhão, para sessenta mil em quinze anos.” (JAMES, 2000, p19).

No caso dos africanos escravizados:

“Os escravos recebiam o chicote com mais regularidade e certeza do que recebiam comida. Era o incentivo para o trabalho zelador da disciplina. Mas não havia engenho que o medo ou a imaginação depravada não pudesse conceber para romper o ânimo dos escravos e satisfazer a luxúria e o ressentimento de seus proprietários e guardiães: ferro nas mãos e nos pés; blocos de madeira, que os escravos tinham que arrastar por onde fossem; a máscara de folha de lata para evitar que eles comessem a cana-de-açúcar, eo colar de ferro. O açoite era interrompido para esfregar um pedaço de madeira em brasa no traseiro da vítima; sal, pimenta, cidra, carvão, aloé e cinzas quentes eram deitadas nas feridas abertas. As mutilações eram comuns: membros, orelhas e, algumas vezes, as partes pudendas para despojá-los dos prazeres aos quais eles poderiam se entregar sem custos. Seus senhores derramavam cera quente em seus braços, mãos e ombros; despejavam o caldo fervente da cana nas suas cabeças; queimavam-nos vivos: assavam-nos em fogo brando; enchiam-nos de pólvora e os explodiam com uma mecha; enterravam-nos até o pescoço e lambuzavam as suas cabeças com açúcar para que as mocas as devorassem; amarravam-nos nas proximidades de ninhos de formigas ou de vespas; faziam-no comer seus próprios excrementos, beber a própria urina e lamber a saliva dos outros escravos. Um senhor ficou conhecido por, em momentos de raiva, lançar-se sobre seus escravos e cravar os dentes em suas carnes.” (JAMES, 2000, p.27).

A oposição dos africanos escravizados, sob a liderança de Toussain L’Ouverture, Dessalines e Christophe a essas formas – e outras não citadas devido a questão do espaço – sistematizadas de violência fez de São Domingos não apenas a primeira independência da América Latina, mas principalmente, o que é mais importante, a primeira independência dirigida por indivíduos de cor em nível planetário, naquele momento. Duas observações importantes devem ser feitas: a primeira delas esta relacionada com o período cronológico da independência de São Domingos, 1803, segundo C.L.R. James.

Ao analisarmos detidamente esta data, percebemos que o ano de 1803 está separado por apenas dois anos do início do século XIX que se inicia em 1801 e se finda em 1900. Ao seguir a historiografia ocidental, as evidências apontam para o século XIX como o século da biologização das idéias, ou seja, o momento onde a biologia através da construção do conceito de raça4, explicava – ou tentava – as diferenças entre os grupos humanos. Essa tentativa de explicar a diversidade intergrupal planetária foi responsável pela construção de uma pirâmide hierárquica onde as populações de cor e suas correlatas tinham seu espaço condicionado à base. Logo, não é difícil imaginar o impacto e os receios que a revolução do Haiti trouxe para um universo “supostamente dominado pela raça branca”.

A segunda observação, é que parte significativa da violência perpetrada no Haiti sobre os africanos escravizados e que desembocou na revolução de Toussaint foi levada a cabo pelo “exemplo” de civilização do século 18, a França. Inspiradora dos princípios da “LIBERDADE, IGUALDADE E FRATERNIDADE” entre os povos do ocidente, a França sob a governança de Napoleão Bonaparte, retardou ao máximo o fim da escravidão em São Domingos, futuro Haiti, na intenção de preservar seus interesses geoestratégicos na disputa pela liderança européia com a Inglaterra. O papel e o espaço que Napoleão ocupa na historiografia ocidental devem ser repensados, principalmente se considerarmos as atrocidades cometidas em São Domingos para a preservação dos interesses franceses. Logo, Napoleão dever ser visto como um criminoso e não apenas como o herói difusor dos princípios da revolução.

“Napoleão criminoso? Imagine só! A idéia é tão chocante quanto a palavra. Dizem que o número de livros escritos a respeito dele é igual a o número de dias que se passaram depois de sua morte. Será que nenhum desses livros trata de seus crimes? Muitas dessas obras se destinam às crianças. Seria possível que o criminoso lhe servisse de exemplo? E os tratados de história nada diriam a respeito disso? E todos esses institutos, fundações e associações que se apegam ruidosamente à perpetuação da memória do imperador: seria possível imaginar que os eminentes acadêmicos que os sustentam teriam coragem de louvar um culpado? E que dizer dos filmes, no cinema, na televisão, realizados com altas somas de dinheiro público proveniente dos impostos ou de adiantamento sobre a receita, que fazem de Napoleão um herói sem deeitos, um modelo para os franceses? (…)” (RIBBE, 2008, p.9).

E ainda

“O crime de que falo é precisamente o que foi cometido a partir de 1802 contra os africanos e as populações de origem africana deportados, escravizados e massacrados nas colônias francesas. Nelas, Napoleão restaurou a escravidão e o tráfico que a revolução havia colocado fora da lei oito anos antes. E como a resistência dos haitianos, após a luta heróica dos guadalupenses, tornou impossível a aplicação do seu programa na principal daquelas colônias, a de Saint-Domingue, ele perpetrou massacres (…)” (RIBBE, 2008, p.10)

Após a sua independência e o advento dos séculos posteriores a ex-colônia de São Domingos pagaria o preço de ter sido não somente a primeira independência da América Latina, mas por ter sido a primeira independência comandada por populações africanas escravizadas.