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Haïti, Afrique, Aristide : pour l’histoire d’une seule humanité

Depuis l’époque où les Africains, concentrés contre leur gré à Saint Domingue (Haïti), se sont révoltés pour mettre fin à l’esclavage (1791-1804), sans l’approbation des abolitionnistes, ces derniers et les alliés de ceux qui avaient perdu cette bataille-là s’organisèrent pour que l’émancipation de l’humanité soit faite selon leur volonté. Au vu de ce parcours, il n’est pas exagéré de conclure qu’il s’est toujours agi d’une volonté mortifère, vengeresse, prédatrice, plus intéressée dans la liquidation de l’humanité qu’à son émancipation, et donc, aussi à la liquidation de l’histoire de ces luttes pour l’émancipation.

Dans un contexte où règne une soumission mal déguisée à la prédation comme mode de vivre, il sera difficile, sinon impossible, d’avoir la curiosité de savoir ce qui alimente une volonté d’accumulation de puissance, sous toutes ses formes. Comment décrire la rencontre entre l’Europe et l’Afrique ? Elle a lieu dans la foulée de la découverte des Amériques et du début du génocide Américain (David E. Stannard, The American Holocaust). C’est à partir de là que s’est mis en route, un processus d’accumulation de puissance (militaire et financière) qui ne s’est plus jamais arrêté, et qui érigera en un principe, aujourd’hui de plus en plus évident, la réduction de la justice à l’imposition de la loi du plus fort.

Il vaut la peine de rappeler, pour mémoire, quelques étapes de ce parcours : von Trotha en Afrique du Sud Ouest (aujourd’hui Namibie) organisateur de la liquidation des Herrero et des Nama ; Léopold II et ses agents dans l’Etat Indépendant du Congo (Caoutchouc rouge) ; l’Arménie, Nankin, Auschwitz, Hiroshima, Nagasaki, Gulag, Guantanamo, guerres ouvertes, guerres de basse intensité, guerres secrètes, dictatures coloniales et néocoloniales, crises économiques, financières toujours résolues au bénéfice des plus puissants, des plus riches, pour qui l’impunité va toujours de soi (mis à part les rares cas des boucs émissaires, pour donner l’impression de justice). Dans le subconscient de ces derniers, la mémoire d’un tel parcours pourrait se résumer par ces mots : « Nous sommes au-dessus de l’impunité, au pire seront nos crimes contre l’humanité, plus élevés seront nos gains. » En cas de doute, il suffit d’observer contre qui et pour qui fonctionne, par exemple la Cour Pénale Internationale (CPI), les institutions financières internationales (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International). Il est vrai que, de temps à autre, surgissent des sursauts de conscience qui méritent d’être signalés comme, par exemple, Our Major Slave-Trading Family, In the “Deep North” http://www.racismreview.com/blog/2008/04/21/our-largest-slave-trading-family-in-the-deep-north/ Il y en a d’autres, souvent invisibles, mais, il est permis de se demander, compte tenu des verrouillages en place à tous les niveaux, si ces sursauts sont à la hauteur d’un crime contre l’humanité qui ne s’est jamais arrêté et qui semble déterminé à se perpétuer.

La révolution des Africains à Haïti, pour l’émancipation de l’humanité est allée plus loin que la Révolution Française de 1789. Ce sont les Africains qui ont aidé les Français de la Convention à abolir l’esclavage (1792-94). Cette brève inversion de l’histoire vue et contée par la France de Napoléon et ses successeurs ne sera jamais pardonnée aux Africains de Haïti. Une fois Napoléon au pouvoir, en France, les bénéficiaires de l’esclavage organisèrent leur revanche, en imposant au nouvel état indépendant de Haïti le paiement de compensations. Dans les mémoires des Haïtiens, cette compensation n’aurait jamais dû être payée. Pourquoi les Haïtiens se retrouvent tant esseulés malgré les liens avec l’Afrique, malgré une révolution qui fait honneur à l’histoire d’une humanité cherchant constamment à s’émanciper ?

L’arrivée d’Aristide au pouvoir a coïncidé avec une réactivation de la mémoire de fidélité à l’émancipation de l’humanité, les héritiers lointains des propriétaires d’esclaves et des plantations réagirent comme les puissants, les riches ont toujours réagi, quand ils sont pris en défaut de respect et de justice vis-à-vis de l’humanité. En 2004, Aristide et le peuple Haïtien célèbrent le bicentenaire d’une révolution qui devrait faire honneur à toute l’humanité. De tous les chefs d’états Africains invités, seul Thabo Mbeki, président de l’Afrique du Sud, sera présent ; alors qu’en 1989, au bicentenaire de la Révolution Française organisée par Mitterrand, pratiquement tous les Chefs d’États Africains étaient présents (http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/I05298140/francois-mitterrand-et-ses-invites-aux-ceremonies-du-bicentenaire.fr.html).

L’isolement, les insultes, la diabolisation des Haïtiens dans la lutte pour l’émancipation de l’humanité peut s’expliquer de diverses manières. Cependant, toutes convergent vers la réalisation d’un objectif cher aux accumulateurs de la puissance : d’une part se présenter comme les seuls représentants valables de l’humanité et d’autre part, faire disparaître l’humanité et/ou la réduire à son expression marchande : l’humanitarisme. Car au nom de celui-ci les liquidateurs réels de l’humanité cherchent à se présenter comme les sauveurs virtuels de l’espèce humaine, du principe de vie, de la nature, grâce à un monopole complet et total de toutes les voies d’émancipation.

Ainsi, pour se faire valoir, les dirigeants Africains continuent de tourner le dos à leur propre histoire tout en encensant celle de l’Occident. La Révolution Haïtienne disait non à la marchandisation de l’humanité. Plus de deux siècles plus tard, avec l’aide de dirigeants Africains, la marchandisation de l’humanité a tellement progressé qu’en lieu et place de parler de l’humanité, il est préférable de parler d’humanitarisme, un acte charitable qui cache difficilement la contradiction. D’une part venir en aide aux humains, d’autre part en finir avec l’humanité considérée comme dispensable puisqu’inutile dans un monde où ce ne sont plus les humains qui valorisent l’humanité, mais les valeurs boursières qui décident des interventions dites humanitaires.

Cet acte charitable doté de son sigle anglais R2P, fait d’une pierre 2 coups. Right to Protect est le droit d’intervention militaire que se sont autorisés les plus grandes puissances militaires de la Planète pour protéger leurs intérêts sous la couverture de protéger les violations des Droits de l’Homme. Dans la réalité, ces interventions dites humanitaires permettent la vente des armes, le maintien des industries de production des armes (aujourd’hui connues génériquement comme « sécurité », un concept émotionnellement manipulable de l’instinct individuel de conservation, mais qui fonctionne à merveille pour liquider collectivement l’humanité). Ces interventions militaires permettent, en même temps, la liquidation des membres de l’humanité considérés comme superflus. En plus, ces guerres sont essentielles pour entretenir, dans les esprits, l’idée que la vie n’est possible qu’en se soumettant au droit, à la justice des plus forts. Par contre, Haïti et les révoltés contre l’esclavage (plus tard la colonisation, la mondialisation) ont montré que le maintien de l’humanité est contraire à l’imposition de pratiques du droit, de la justice du plus fort. Cependant dans le cadre politique et idéologique imposé depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les plus puissantes forces de la Planète se comportent comme si elles n’ont de compte à rendre à personne. Dans un tel contexte, il est toujours possible de se débarrasser de gens comme Jean Bertrand Aristide, président élu d’un pays souverain, dans un monde où la seule souveraineté reconnue est celle des marchés.

Comme ce fut le cas pour Toussaint l’Ouverture, Aristide fut envoyé en exil, en Afrique du Sud. Entre autres raisons : Aristide ravivait la trame d’une histoire enracinée dans les consciences révoltées depuis Kimpa Vita (brûlée vive le 2 juillet 1706 dans le royaume Kongo pour avoir dénoncé le roi et ses alliés, des missionnaires Capucins italiens, comme collaborationnistes des esclavagistes), Makandal, Boukman, Toussaint l’Ouverture, Dessalines, etc.. Au nom de ces consciences, entre autres, Aristide exigeait le remboursement de cette compensation (exigée par l’Etat Français en 1825) en précisant qu’il ne s’agissait nullement de réparations. Aristide n’était pas seul, il exprimait une volonté bi centenaire, une recherche de justice et de vérité s’organisant autour de, et par, Fanmi Lavalass, les héritiers lointains des consciences révoltées de Saint Domingue.

L’histoire de Haïti est à l’image de l’Afrique aujourd’hui : cherchant à se remettre debout, à se reconstituer, à se reconstruire, elle trébuche, hésite et parfois recule face aux menaces des chiens de garde qui cherchent à liquider l’humanité et la remplacé par un ersatz répondant au nom d’humanitaire. Dans la foulée de cette liquidation de l’humanité, ces fossoyeurs cherchent aussi à liquider l’histoire de l’humanité. On ne le répétera jamais assez : l’éradication de l’esclavage à Haïti n’intéresse pas seulement les Haïtiens et/ou les Africains. Comprendre ce qui s’est passé à Haïti en 1804 suivi de 200 ans d’impulsion vengeresse clamée par tous les moyens, y compris Hiroshima et Nagasaki qui restent un signal très fort de volonté liquidatrice de l’humanité.

Certains diront qu’il n’y a aucun rapport entre la violence de l’esclavage atlantique et celle qui fut manifestée à Hiroshima et Nagasaki. Dans l’un comme dans l’autre, l’objectif était l’humanité. Les responsables de la décision de larguer les bombes atomiques pourraient alléguer qu’ils ne s’en rendaient sans doute pas compte, mais la violence comme moyen de contrôler, de soumettre l’humanité à un système fondé sur le viol systématique de l’humanité est ce qui conduit de l’esclavage, de sa prétendue abolition à un esclavage encore plus violent, modernisé et expliqué par des arguties exculpatrices des bénéficiaires. L’arsenal des puissants inclus des avocats de tous bords, allant des philosophes aux juristes, des financiers aux aumôniers, des banquiers aux industrialistes, des linguistes aux anthropologues, des courtisans aux propagandistes, des militaires aux militaristes, des journalistes aux historiens.

Si Haïti, son histoire, son peuple et sa volonté de mener à bien la révolution de 1791-1804, ne faisaient pas peur à la plus grande puissance militaire de la planète, comment expliquer que, suite au tremblement de terre de janvier 2011 qui a dévasté Port-Au-Prince et tué des centaines de milliers de personnes, cette même puissance militaire aie recouru aux automatismes devenus typiques depuis Hiroshima et Nagasaki. À force de se considérer comme la seule capable de faire la distinction entre les ennemis et les bienfaiteurs de l’humanité, la plus grande puissance militaire de la planète ne peut se fier qu’aux expéditions humanitaires, militairement musclées pour s’assurer de la continuité de son contrôle par la violence sur l’humanité. Forcément, une humanité vivante, vibrante de toutes ses forces ne pourra dès lors être perçue que comme menaçante face à un pouvoir assis sur la volonté de monopoliser et dicter à toute l’humanité comment vivre la vie, la liberté, la paix.

Aristide n’est pas un chien

Combien de fois faudra-t-il rappeler aux chiens de garde d’un système qui ne cesse de torturer et de liquider l’humanité, que les pauvres de Haïti (et d’ailleurs) ne sont pas des chiens. Aristide n’est pas un chien. Ces chiens de garde auraient sans doute aimé qu’Aristide disparaisse comme il arrive aux chiens écrasés, sans que les journaux en parlent, sans sépulture, comme il est arrivé à des héros comme Patrice Emery Lumumba, Osende Afana, Ruben Um Nyobe, et tant d’autres dont les restent jonchent le fond de l’Océan Atlantique.

Maintenant qu’Aristide est de retour à Haïti, la propagande qui avait été utilisée pour le liquider est en train de se remettre en route. Les accusations sont les mêmes : corruption, trafic de drogues, etc. Des accusations qui ne sont pas différentes de celles qui sont lancées contre, par exemple, le chef d’Hezbollah, Sayyid Nasrallah. (http://www.youtube.com/watch?v=GDLXPpooA18).

Du côté des accusateurs, la motivation continue d’être la même : maintenir en place le système qui avait fait de Saint Domingue la perle économique des colonies françaises, en recourant à l’esclavage. Et il y a des voix qui s’élèvent, de Haïti, pour sermonner les héritiers de celles et de ceux qui avaient mis fin à l’esclavage, avec l’argument suivant : « Regardez Haïti aujourd’hui, le pays le plus pauvre de l’hémisphère Occidental. » Cette pauvreté fait partie de la guerre organisée par les puissants, les riches, pour forcer tout membre de l’humanité qui rejette la modernisation de l’esclavage, à mendier pour survivre.

Un Haïtien de renom qui s’était joint à la propagande de diaboliser Aristide avait une fois déclaré que ce dernier n’était pas Mandela. Il lui fut répondu, à l’époque, certainement : il n’y a qu’un Mandela tout comme il n’y a qu’un Aristide, comme il n’y a eu qu’un Malcolm X, un Martin Luther King, une Kimpa Vita, une Harriet Tubman, etc.. La liste des gens qui ont singulièrement contribué à l’émancipation de l’humanité est infiniment longue, trop souvent inconnue, méconnue par ceux-là qui devraient être fidèles à ces figures.

Avec la Seconde Guerre Mondiale, un système personnifié par le mal s’est effondré sans rien perdre de ses structures financières, mémorielles et mentales . Tout comme avec l’abolition de l’esclavage, les bénéficiaires du nazisme ne furent pas touchés. Comme Alain Resnais le montre très bien dans son film (La Nuit et le Brouillard), les grands groupes industriels comme Krupp ont continué de prospérer. La leçon de la Deuxième Guerre Mondiale a été tellement bien apprise que les responsables de la poursuite de la liquidation de l’humanité et de son histoire se sont proclamés comme les seuls défenseurs de l’humanité en inventant l’humanitaire et le R2P (Right to Protect). Dans cette logique, l’impunité des Etats-Unis a été érigée en un principe non négociable par le gouvernement des États-Unis. (Voir le site : http://www.iccnow.org/?mod=bia&lang=fr, accédé le 10/04/2012.)

Le film de Resnais a été tourné en 1955, en pleine guerre d’Algérie, avec l’espoir explicite du réalisateur qu’un film sur les camps amènerait les français à faire le lien entre ce qui s’était passé dans l’Allemagne Nazie et ce qui se passait en Algérie, et, donc, réagir. Nous sommes en 2012. Combien de personnes savent que le titre du film de Resnais, sans le savoir, reproduit le titre d’un décret du 7 décembre de 1941 (Nacht un Nebel Erlass) Décret « Nuit et Brouillard ». En lisant la teneur de ce décret, il est difficile de ne pas penser au contexte qui a conduit les Etats-Unis non seulement à se mettre hors d’atteinte de la Cour Pénale Internationale, mais aussi à mettre en place un système de contrôle policier à la hauteur de ses ambitions de puissance globale. (http://www.vho.org/aaargh/fran/nuremberg/tmiI/tmiI7.html, accédé e 10/04/2012.

À la lumière du message qu’Alain Resnais cherchait à faire passer, il est permis de se demander, comme le faisaient Aimé Césaire dans son Discours sur le Colonialisme et Frantz Fanon dans Les Damnés de la terre, s’il n’y jamais eu une réelle prise de conscience de la dimension des crimes contre l’humanité, pendant, avant et après la 2ème Guerre Mondiale. À la lumière des comportements actuels de la plus grande puissance mondiale et de ses alliés, des questions continueront d’être posées, mais l’urgence de réponses à la hauteur des crimes contre l’humanité interpellent tous les membres de l’humanité, avec de plus en plus d’urgence.

L’humanité ne vaut que inclusive, non discriminatoire. L’humanité n’a pas à être réinventée sous forme de missions humanitaires ponctuelles visant des personnes qui sont ensuite emmenées à un tribunal pénal international qui semble surtout fonctionner comme un tribunal du droit du plus fort pour se débarrasser de ceux qui défient une telle situation. Pour qu’une justice fidèle à l’humanité puisse vraiment fonctionner il faudrait en finir avec les pratiques qui font du droit du plus fort un instrument d’une justice militarisée au service de la plus forte puissance militaire jamais inventée. Il faut en finir avec une justice du droit du plus fort qui se manifeste par le biais de medias complètement sous le contrôle des plus forts dans la hiérarchie de la mondialisation.

Aristide n’est que l’écho des Africains, des Haïtiens, des damnés de la terre qui veulent se guérir de la blessure dont souffre l’humanité, une blessure qui a mutilé les consciences, les volontés de fidélité à la justice et à la vérité. Il est aussi l’écho d’autres peuples dans d’autres régions du monde cherchant à se faire entendre au-delà de l’enfer des guerres punitives menées contre une humanité qui ne cherche qu’à vivre et non survivre en se soumettant aux missions de charité des puissants. Au plus la voix d’Aristide dérange leur conscience, au plus les puissants devraient lui prêter attention et ne pas l’accuser de crimes inventés.

À suivre. 19 avril 2012

QUAND LE NEGATIONISME TUE À PETIT FEU

L’histoire du développement guerrier et pacifique du nucléaire, surtout depuis Hiroshima/Nagasaki, dérange les consciences. Cette histoire de cloisonnement ou de confinement n’est pas particulière au nucléaire. Tout comme pour l’histoire du capitalisme, le mot d’ordre semble être qu’il ne faut pas s’inquiéter et que tout ira bien pour le meilleur des mondes. Avec le 25ème anniversaire de Tchernobyl, et les informations accumulées depuis cette catastrophe, il est permis de questionner cette manière idyllique de conter l’histoire.

Le refus de partager une information vitale pour la survie d’un groupe (famille au sens restreint ou étendu) aura un effet cumulatif quant aux répercussions négatives. Mais le problème ne se présente pas seulement à Fukushima. A chaque fois que l’histoire avance (recule ou fait du surplace), les forces qui ont tout fait pour qu’il ne sorte qu’une seule narration s’activent pour formater la continuation de cette narration selon leur version. Quelle que soit la crise dont il s’agit, il émergera une version qui a ses racines dans un processus de façonner le monde et comment penser les changements, ce qui doit changer, etc. selon la mémoire/l’objectif des vainqueurs.

Est-ce possible de penser en même temps la Lybie et Fukushima ?

Dans les ceux cas, à Fukushima comme en Lybie, on peut observer l’humanité faisant face à une croisée des chemins. Dans les deux cas, les organes dominant d’information discutent de scénarios et des solutions qui écartent les voies qui pourraient contrarier leurs intérêts à court terme. Habitués à toujours avoir le dessus les pays qui ont toujours dominé la planète cherchent à maintenir le statu quo de leur domination. Au cas où il y aurait résistance, le recours à la solution militaire sera automatique. Dans les deux cas, les organes d’information s’organisent pour présenter l’histoire de la Lybie et celle du nucléaire sous une forme tronquée. Dans les deux cas, on parle de crise qui sera résolue par les forces compétentes en la matière. Même si les experts apparaissent comme ayant violé les règles les plus élémentaires de recours à la négociation (Lybie) à la prudence (Fukushima), aucune des instances en place, au niveau des relations internationales n’ont les possibilités et/ou les moyens de les rappeler à l’ordre. Sauf si des voix, se fondant sur la conscience de l’humanité, rappellent aux tout-puissants le fait, somme toute banal, que cette toute-puissance s’est construite sur le silence consenti et/ou forcé du reste de l’humanité.

L’histoire de la Lybie ne commence pas en 1969 ou même avec la colonisation italienneWatch Full Movie Online Streaming Online and Download

En Lybie, la crise est présentée de telle manière qu’il faille recourir à une solution militaire pour sauver les opposants du colonel Kadhafi. L’argumentaire est celui des droits de l’Homme. Moralement il est sous-entendu que personne ne pourrait s’opposer à une telle entreprise. Cet argumentaire a des racines profondes dans l’histoire des rapports entre l’Occident et les peuples non Européens. Après l’esclavage et le fameux commerce triangulaire entre les Amériques, l’Europe et l’Afrique, l’Europe, par le biais de la Conférence de Berlin s’appropria l’Afrique, au nom de l’introduction de la Civilisation dans l’Afrique obscure. Les historiens à courte vue, aiment nous dire que le mode de fonctionnement du monde d’aujourd’hui a commencé durant la 2ème Guerre Mondiale. Ce n’est qu’en partie vrai. La Conférence de Berlin est le précurseur de la Conférence de San Francisco qui organise les Nations Unies et, dans la foulée, l’OTAN. Toutes ces organisations furent mis en place pour servir les intérêts de l’Occident

Pour occuper l’Afrique (avant et après la Conférence de Berlin), il a fallu des campagnes militaires. En RDC, ces campagnes étaient appelées campagnes de pacification ou « promenades militaires ». Elles ont continué jusque dans les années 30. Pour l’Occident dominateur, il ne doit exister qu’une histoire de ses rapports avec l’Afrique, il n’existe qu’une manière de narrer ses rapports avec Haïti. Cette histoire doit être dictée par l’Occident. Un Occident dont la mentalité est structurée par l’histoire d’Etats aux objectifs de colonisation. Un Occident d’où ont surgi les multinationales qui, aujourd’hui dictent les argumentaires avancés par les Etats. Il devient de plus en plus clair que les instances mises en place, par des États Nation, durant et à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ne font/feront plus le poids face aux défis actuels et à venir. Le poids des multinationales est tel que la logique et le mode de fonctionnement des institutions étatiques obligent un recours à des accommodements qui renforcent la loi de la jungle alors qu’on est supposé vivre dans un monde civilisé, démocratisé. La défaillance des structures politiques pour régler les relations internationales sera toujours compensée par la mentalité qui a conditionné leur mise en place (à Berlin, Yalta, San Francisco, Bretton Woods).

Pour les puissances qui se sont enrichies en asservissant/colonisant l’Afrique, le sentiment de culpabilité les conduit à se présenter comme les défenseurs de celles/ceux qui souffrent les atrocités commises par Kadhafi. Cependant, la question de savoir quelles sont les forces qui ont façonné l’émergence d’un dirigeant sanguinaire n’est jamais posée ou rarement discutée. Quand il y a discussion de changement de régime, les parrains et partenaires des régimes en question ne sont pas appelés à rendre des comptes.

Dans l’histoire de l’humanitarisme et des droits humanitaires il y a un escamotage systématique des racines non humanitaires des propagateurs de cette religion selon laquelle l’expansion du capitalisme ne peut être vue que sous l’angle des bienfaits. Les effets négatifs sont considérés comme mineurs. Très rarement, pour ne pas dire jamais, assiste-t-on à un examen sans complaisance des effets destructeurs de ce qu’il y a de plus sacré entre les humains, à savoir, l’humanité commune, le respect du principe de vie. À partir du moment où l’éclatement (appelons-la la fission) de l’humanité s’est produite et que commencèrent à se mettre en place les mécanismes économiques, financiers, politiques, sociaux, culturels et religieux de ce qui en quelques années deviendra le capitalisme, il se développa aussi une narration de cette histoire dont l’objectif a toujours été de rehausser les bienfaits du système. L’histoire de celles/ceux qui furent déclarés (Voir, par exemple, Le Code Noir) non humains, jusqu’aujourd’hui n’a pas été contée telle qu’elle a été vécue par ces témoins incontournables. Face aux dépositaires/héritiers de ces témoins, les descendants des rédacteurs du Code Noir ont appris mécaniquement la règle de toujours les réduire au silence. En vue de parfaire cette réduction au silence, il faut surtout éviter les possibles rapprochements avec d’autres errements.

Les régimes conduits par Hitler, Mussolini sont présentés comme des aberrations. Le tribunal de Nüremberg où seront condamnés individuellement des responsables aura pour effet de blanchir la part qui revenait au système. Et cela malgré les voix qui se sont élevés et qui, aujourd’hui continuent de s’élever. Le Tribunal de Nüremberg eut aussi comme effet collatéral de contenir l’histoire des régimes instaurés par Hitler et Mussolini à l’intérieur d’un conteneur de confinement étanche, afin qu’ils ne soient vus que comme des aberrations. Il ne fallait pas voir dans l’histoire des puissances de l’Axe (Allemagne/Italie/Japon) la pulsion coloniale s’en prenant à une zone et à des populations considérées hors limite.

Par un article du NYT en date du 14 avril 2011(Nuclear Cleanup Plans Hinge on Unknowns par Hiroko Tabuchi
) nous apprenons que pour les travaux les plus dangereux, la compagnie qui opère les réacteurs de Fukushima (Tepco) recourt à des travailleurs saisonniers par le biais d’une société spécialisée dans ce genre de recrutement de travailleurs. En d’autres termes, et cela ne date pas d’hier, à chaque fois que l’humanité s’est lancée dans une phase qui risquait de ne pas plaire à tout le monde, il a fallu recourir au secret. Dans l’industrie nucléaire, il y a des boulots qui sont tellement dangereux que seuls les candidats inconscients et/ou non informés des risques pour leur santé, sont prêts à se présenter. Est-on tellement loin des pulsions dominatrices apprises à travers l’esclavage Atlantique et la colonisation ?

Le 5 avril, 2011, on nous a annoncé l’entrée d’Aimé Césaire au Panthéon à Paris. Dans ce geste qui est vu par certains comme une consécration des luttes de Césaire contre la déshumanisation il faut aussi y voir un processus de négation de ce qu’il y avait de plus profond dans les luttes de Césaire. Dans cette négation il y a aussi une manœuvre de désamorçage des ce qu’il y avait de plus radical dans sa pensée. Cette entrée au Panthéon ne coûte rien au système. Tout le contraire, ce geste, dans le contexte actuel, renforcera dans le public français de France la notion que Napoléon, [restaurateur de l’esclavage], et Césaire peuvent se côtoyer sans problème. Ce geste renforcera l’idée de la magnanimité des figures napoléoniennes, peu importe les détails qui pourraient donner une image contraire à celle qui maintient l’ordre hiérarchique entre la révolution de 1789/France et celle de 1804/Haïti.

Le Panthéon pour Césaire, l’Académie Française pour Senghor, le Jura pour Toussaint l’Ouverture, le fond de l’océan Atlantique pour la chair à canon de l’esclavage qui refusa la mort à petit feu ? En d’autres termes, il y a, à travers cet acte, la nécessité de maintenir en place une structure automatique de hiérarchisation des consciences. Le Panthéon, c’est Napoléon d’abord. C’est ce dernier qui organisa avec la plus grande férocité possible la restauration de l’esclavage là où elle avait été abolie. À Haïti, cela n’a pas été possible. Et, plus de 200 ans après, Haïti continue de payer pour avoir réussi l’impossible impertinence, aux yeux de ceux qui ne pouvaient accepter alors et qui, aujourd’hui, continuent de ne pas accepter la proposition que les Africains puissent être en avance sur l’universalité de la liberté.

Y a-t-il encore une boussole dans un monde qui semble avoir perdu le nord ?

Depuis l’inauguration de la déshumanisation systématique des segments les plus pauvres de l’humanité qui ont ouvert la voie à ce qui apparaît de plus en plus comme l’extinction de l’humanité, la partie encore saine trouvera-t-elle les moyens d’arrêter un processus qui semble de plus en plus inéluctable ? Or, la partie que l’on pourrait prendre pour saine est précisément celle qui est constamment soumise à un processus de destruction car si elle venait à parler, elle risquerait de créer la prise de conscience de l’humanité.

Les preuves de l’inéluctabilité s’accumulent. La catastrophe de Fukushima illustre le parallèle entre le développement du nucléaire et le développement du capitalisme, et, dans la foulée, l’idée que la meilleure façon de régler les conflits est de recourir aux armes et la guerre. De part et d’autre on observe un cramponnage à ce qui a toujours fonctionné pour les tout-puissants alors que la voie de sortie ne sera possible que si les voix des plus faibles sont entendues sans intermédiaires quelle que soit la charité et/ou l’humanitarisme de ces derniers.

Le 5 mai 2011

GUANTANAMO (2)

Pour que les fabricants
De Guantanamo
Apprennent
A défabriquer
Guantanamo

Toujours Guantanamo
Toujours maîtriser tout
Toujours maîtriser le futur
Maîtriser
l’espace, le temps, le passé, le présent,
la parole
en somme, ces liquidateurs de l’humanité
pourfendeurs déguisés
de la terreur
s’acharnent à

En finir avec l’histoire
Avec l’homme
Avec la femme
Avec les enfants
Avec les émigrés
Avec les chômeurs
Avec les travailleuses
Avec les handicapés
Avec les pygmées
Avec les violées
Avec les enfants soldats
Avec les enfants de la rue
Avec les sans domiciles fixes
Avec les sans papiers
Avec les réfugiées de l’humanité

Où qu’elle soit, agonisante, menacée d’extinctionwatch full Rings 2017 film

Fukushima
Lybie
Tunisie
Egypte
Haïti
Gaza

Question :pourquoi en finir à jamais
Avec les naufragés

De la globalisation
De la crise financière
De la crise du climat
De la peur du futur, du passé, du présent,
De la peur du voisin, du frère, de la sœur

Oh les geôliers
De Guantanamo
Rappelez-vous Santo Domingo
Qui mit fin aux
Maux et aux mots
Infligés par les geôliers
d’une autre époque
à la solde de maître traitres
de l’humanité
bourrés de vanité
telle la grenouille
de la fable
se voyant toute-puissante
intouchable
liquidée par son obésité

Ainsi aussi finira
GUANTANAMO
Telle sa voisine Santo Domingo
Devenue Haïti
Gaza de l’Atlantique
Comme Gaza
Non maîtrisable
Par les fossoyeurs
De l’humanité

La toute-puissance des tout-puissants
Ne maîtrisera jamais
La liberté, mère des
Toussaint, Dessalines, infinissables
Faut-il la preuve ?
Apparaissant quand on les attend le moins
Pierre Antoine Lovinsky
Jean Bertrand Aristide
Fanmi Lavalass
Père Jean-Juste
Héritières connues et inconnues des Antonins
Et des Antoninnes
Bouazizi Mohamed

Messagères toutes et tous
De liberté insatiable de liberté
Indomptable, écrivant, ré-écrivant
Jamais lasses de faire comprendre aux fossoyeurs
Leurs erreurs, leurs errements
Pour que Guantanamo
Cesse de continuer l’histoire,
Sous l’ère nucléaire, de l’esclavage
Pour qu’advienne sans moratoire
une autre histoire
digne de l’humanité.

Salvador, Brésil
3 mai 2011

Une lettre ouverte

Une lettre ouverte
Aux gens de partout, aux dirigeants de la planète, aux dirigeants de l’Afrique,
À celles et à ceux qui sentent
qu’il y a quelque chose qui ne va pas et qu’il faut faire quelque chose

Pour que cesse la fission
de l’humanité
Pour que cesse le carnage conduit de main de maître
Pour en finir, une fois pour toutes
–nous l’avons entendu—
avec Mai 1968, et, efficacité
exige, avec ce qui reste de 1789,
dans la France qui s’appelle
liberté, égalité, fraternité

Pour que cesse
La punition
Sans fin des Africains,
crève-la-faim punis
pour avoir oser mettre fin
au Code Noir à Saint Domingue

Pour que de l’Afrique générique de
Himalaya aux Andes,
s’étalent les clairières
De la conscience de l’humanité

Pour que les mots
esclavage crime contre l’humanité
Ne fanent dans l’enfer des bonnes intentions
Qu’advienne guérison
sans hésitation
sans humanitarisme
sans charité
avec solidarité

De cette humanité dont la fission
Avait encouragé la fission de l’atome
Encouragé les génocides en chapelet
D’un 20ème siècle enraciné séculairement
Dans la liquidation des Arawaks, des Geronimo
Zumbi, Arménie, Namibie, Bas-Congo, Ota Benga,
Auschwitz, Kolyma, Nankin, Hiroshima,
Nagasaki, Palestine, Cambodge, Rwanda

Que cesse la fission de l’humanité
Par guerres sournoisement silencieuses
Que cessent la fission
Par modification génétique
D’une humanité exsangue

Que cette lettre lancée
A la mer de l’internet reste un témoignage
Des voix qui se sont élevées
S’élèvent et s’élèveront contre
L’anéantissement de l’humanité

Sans cesse des voix crient
Vers les oreilles génétiquement bouchées
Par les descendants de ceux
Qui ont tout fait pour punir les Africains
Des îles, de la route triangulaire
Pour avoir libéré le siècle des Lumières
De l’obscurantisme.

Au nom des Africains de Saint Domingue
Conscience de l’humanité rejetant
La définition de biens meubles

Que cette lettre soit gardée
Par les archivistes de la conscience de l’humanité
Pour que les mots
échos tremblotant faibles
de la lueur presqu’éteinte sortie
des Cahiers d’un Retour
à l’humanité natale

Pour qu’un peu d’humanité revienne à HaïtiJustice League Dark 2017 movie download

Pour que Jean-Bertrand Aristide revienne
A son pays natal
Pour que Haïti puisse guérir de la fission fatale
Commencée il y a des siècles

Pour que les Haïtiens les plus riches en biens meubles
Ouvrent un regard de solidarité libérateur des œillères des richesses

Pour que les descendants des inventeurs de l’esclavage atlantique
Aient l’humilité de reconnaître le crime commis durant des siècles
De reconnaître l’obligation de restitution
De l’argent arnaqué sous prétexte de compensation
De l’obligation de restituer Aristide à ses parents
De ne pas répéter le crime de Napoléon d’avoir envoyé
Toussaint mourir de froid et de faim dans le Jura

N’est-il pas temps de guérir des blessures séculaires
Dictant aujourd’hui l’esclavage nucléaire
Conduisant à la pulvérisation de l’humanité
Avec toutes les précautions humanitaires
D’usage en ces temps qui cherchent
Par tous les moyens de faire disparaître
Haiti et Fanmi Lavalass
Dans les oubliettes de l’histoire

Est-ce trop demander aux descendants
Des bénéficiaires des ravages humanitaires
de l’esclavage atlantique de demander pardon
en ramenant Aristide à sa maison natale
et que de ce pardon naisse un début de guérison
de l’humanité

Une humanité comateuse
d’un crime systématiquement
nié par les responsables pourrait renaître
et retrouver le chemin du pays natal

Un pays inventé, découvert, construit
Chantant, pleurant, criant, murmurant
Vive la raison du plus faible
Que vive la vie
Que vive la solidarité

Que cesse la collaboration criminelle
Entre les geôliers commanditaires
D’Aristide.

Que cesse la prison domiciliaire
Que cesse la relégation
Que cesse les méthodes qui rappellent la colonisation
L’apartheid, l’esclavage une histoire
Moderne qui mène tout droit
A la bastille de la globalisation

Ou bien faudrait-il comprendre que le rêve éveillé
des fossoyeurs inconscients de l’humanité
serait la réalisation
d’une histoire à rebours pour
Que l’humanité noire et son histoire disparaissent à jamais
Dans un cosmique trou noir

L’humanité éveillée se demande
Si la résidence surveillée d’Aristide en Afrique du Sud
N’est qu’une modernisation du Jura de la faim, du froid
De la solitude qui mit fin aux jours de Toussaint l’Ouverture

L’humanité éveillée se demande
Pourquoi emprisonner Aristide dans le pays qui a fait
Mourir Robert Sobukwe en l’isolant
Et de son humanité natale
Et de ses compagnons de Robben Island

Dans son crépuscule
L’humanité solidaire
Rétif à l’humanitaire
Aspire expire le désir
D’une humanité une
Haïti retrouvant Aristide retrouvant
Fanmi Lavalass retrouvant
Liberté, égalité, fraternité
point final à l’impunité
Du crime contre l’humanité

Mercenaries Circling Haiti

Wednesday 03 March 2010
by: Bill Quigley, t r u t h o u t | News Analysis
http://www.truthout.org/mercenaries-circling-haiti57337

On March 9 and 10, there will be a Haiti conference in Miami for private military and security companies to showcase their services to governments and nongovernmental organizations (NGOs) working in the earthquake-devastated country.

On their web site for the Haiti conference, the trade group IPOA (ironically called the International Peace Operations Association until recently) lists 11 companies advertising security services explicitly for Haiti. Even though guns are illegal to buy or sell in Haiti, many companies brag of their heavy-duty military experience.

Triple Canopy, a private military company with extensive security operations in Iraq and Israel, is advertising for business in Haiti. According to human rights activist and investigative reporter Jeremy Scahill, Triple Canopy took over the Xe/Blackwater security contract in Iraq in 2009. Scahill reported on a number of bloody incidents involving Triple Canopy including one where a team leader told his group, “I want to kill somebody today … because I am going on vacation tomorrow.”movie Drone 2017 download

Another company seeking work is EODT Technology, which promises in its ad that its personnel are licensed to carry weapons in Haiti. EODT has worked in Afghanistan since 2004 and provides security for the Canadian Embassy in South Africa. On their web site, they promise a wide range of security services, including force protection, guard services, port security, surveillance, and counter-IED response services.

A retired CIA special operations officer founded another company, Overseas Security & Strategic Information, also advertising with IPOA for security business in Haiti. The company web site says they have a “cadre of US personnel” who served in Special Forces, Delta Force and SEALS and they state many of their security personnel are former South African military and police.

Patrick Elie, the former minister of defence in Haiti, told Anthony Fenton of Inter Press Service, “these guys are like vultures coming to grab the loot over this disaster, and probably money that might have been injected into the Haitian economy is just going to be grabbed by these companies and I’m sure they are not the only these mercenary companies but also other companies like Haliburton or these other ones that always come on the heels of the troops.”

Naomi Klein, world renowned author of “The Shock Doctrine,” has criticized the militarization of the response to the earthquake and the presence of “disaster capitalists” swooping into Haiti. The high priority placed on security by the US and NGOs is wrong, she told Newsweek. “Aid should be prioritized over security. Any aid agency that’s afraid of Haitians should get out of Haiti.”

Security is a necessity for the development of human rights. But outsourcing security to private military contractors has not proven beneficial in the US or any other country. Recently, Rep. Jan Schakowsky (Illinois) and Sen. Bernie Sanders (Vermont) introduced bills titled “Stop Outsourcing Security” to phase out private military contractors in response to the many reports of waste, fraud and human rights abuse.

Human rights organizations have long challenged the growth in private security contractors in part because governments have failed to establish effective systems for requiring them to be transparent and for holding them accountable.

It is challenging enough to hold government accountable. The privatization of a public service like security gives government protection to private corporations, which are also difficult to hold accountable. The combination is doubly difficult to regulate

The US has prosecuted hardly any of the human rights abuses reported against private military contractors. Amnesty International has reviewed the code of conduct adopted by the IPOA and found it inadequate in that compliance with international human rights standards are not adequately addressed.

This is yet another example of what the world saw after Katrina. Private security forces, including Blackwater, also descended on the US gulf coast after Katrina grabbing millions of dollars in contracts.

Contractors like these soak up much needed money which could instead go for job creation or humanitarian and rebuilding assistance. Haiti certainly does not need this kind of US business.

In a final bit of irony, the IPOA, according to the Institute for Southern Studies, promises that all profits from the event will be donated to the Clinton-Bush Haiti relief fund.

Creative Commons License
This work by Truthout is licensed under a Creative Commons

Movimento Negro brasileiro pede expulsão do Cônsul Geral do Haiti

PRESS RELEASE,
Monday, 18 January 2010, 19:10
The United Black Movement in Brazil is requesting that their government expel the Consul General of Haiti, George Samuel Antoine, from Brazil for his racist statements and attack against Voodoo. The statements of the Consul General were recorded by a journalist in São Paulo on 13-January 2010. The recording can be seen online by searching “Haiti Consul General Brasil”.

Para: midialivre@yahoo.com.br
Data: Segunda-feira, 18 de Janeiro de 2010, 19:32

Movimento Negro brasileiro pede expulsão do Cônsul Geral do Haiti

Organizações negras, líderes religiosos e intelectuais de todo o país estão manifestando-se em relação às declarações racistas do cônsul geral do Haiti em São Paulo, George Samuel Antoine e pedem sua expulsão imediata do Brasil.

Sem saber que estava sendo gravado pela equipe do SBT, Antonie diz que a culpa do terremoto que destruiu o Haiti foi do Vodu, religião da origem africana popular naquele país. “Acho que de, tanto mexer com macumba, não sei o que é aquilo… O africano em si tem uma maldição” e afirma que a catástrofe, que vitimou centena de milhares de haitianos, foi boa para o Consulado “A desgraça de lá está sendo uma boa pra gente aqui, fica conhecido”, afirmou o representante do país no Brasil. “Todo lugar que tem africano lá tá f…”, completa.

As afirmações exibidas no último dia (14), no jornal “SBT Brasil”, causaram indignação dos ativistas negros que as consideram como racista e despeitosa com todos os afrodescendentes no mundo. Para Silvio Humberto Cunha, diretor do Instituto Steve Biko “essa declaração demonstra como o racismo não tem fronteiras, as pessoas vêm os negros como sub-humanos”. Silvio Humberto pede que Itamaraty tome “medidas energéticas” em relação ao caso e conclama o movimento negro a se posicionar.

O vídeo, divulgando no site YouTube, já foi traduzido para inglês e espanhol e está causando uma série de manifestações internacionais, sobretudo por somar-se às declarações do pastor americano Pat Robertson dono do canal “Christian Broadcasting Network” quando afirmou que a causa do terremoto foi um “pacto com o diabo” realizado pelos haitianos para que o país se tornasse independente da França.

O Conselho Nacional de Negras e Negros Cristãos (CNNC), afirma em seu blog que “estes fatos nos trazem a reflexão do racismo e intolerância com o povo haitiano” e lembra o comentário feito pelo jornalista Arnaldo Jabor para quem uma das causas da falta de democracia no Haiti são as “raízes africanas tribais e bárbaras”.

A presidente do Conselho do Desenvolvimento da Comunidade Negra da Bahia (CDCN), Vilma Reis, afirma que o discurso do Antonie reflete o pensamento racista dominante “ele apenas verbalizou o que maioria dos racistas pensa sobre nós” e lembra que muitos diplomatas vivem da miséria do povo haitiano fazendo carreiras nos órgãos internacionais.Okja streaming

Na próxima quarta-feira, 20/01, às 19h, organizações do movimento negro baiano e membros de religiões de matriz africana convocarão a imprensa para uma manifestação conjunta em favor da expulsão do cônsul George Samuel Antoine. A reunião será realizada na sede do Instituto Steve Biko, Largo do Carmo, Pelourinho, em Salvador.

O vídeo com os comentários racistas encontra-se no site http://correionago.ning.com/video/terremoto-no-haiti-consul

* Por Paulo Rogério Nunes

No to massacres, no to dehumanization, no to inhumanity!

In the name of humanity, the desecration of all lives in Haiti must cease. In the name of our organization, the Ota Benga Alliance for Peace, Human Dignity, and Healing in the DR Congo and the USA, we call for an end to the never-ending suffering of the Haitian people.

The Haitian people are like the Hibakusha of Hiroshima and Nagasaki. We are all victims/survivors, some without knowing, some very conscious, of a chain reaction which started exploding with more and more force around the Planet since 1492.

The system which grew out of the multiple genocides (Africans, Arawaks, Caribs, Amerindians, Native Americans, African Americans) has reproduced itself through what it knows best how to do in order to move forward: to kill relentlessly, physically, and spiritually. It kills in all the ways it can: softly, seductively, through corruption, violence, and, if all else fails, through the most lethal weapon it has in its hands. It is a chain reaction which led to Hiroshima and Nagasaki and has continued to grow worse.

We must stand by what we believe: we must stand by the meaning of words like respect and love for all lives, respect for all members of humanity, respect for freedom with peace and justice.

For the system to kill so systematically, so massively, it had always resorted to one simple method: declare the future victims as less than human: the list is too long to name all of them, but you know them.

We are supposed not to pay attention to what is happening in Haiti, we are supposed not to hear the screams against injustice, the screams which echo the survivors of all the genocides: “Please do not inflict this pain and suffering on any other human being.” We are supposed not to trust our ears, our feelings, our conscience. All in the name of a system which has been working at turning all of us into its worshippers of violence in all its varied silent and not-so-silent forms. All in the name of not breaking our personal comfort.

Father Jean Juste, and all the many not so well-known Haitians who are being tortured till they submit to the system, deserve much better from us than just words or occasional coins. They deserve a stand and actions which will not stop till all the people of Haiti enjoy completely and totally the freedom for which their ancestors died more than two hundred years ago. They died for all of us who do love freedom with justice and peace. And they are still at it, but are we ready to be counted?

As all the survivors of all the genocides, past and recent, certified and uncertified, small and big, forgotten and remembered, we say to those who are directly and indirectly, actively and passively responsible for the ongoing suffering of all the people to Haiti to stop and radically change their behavior. For the sake of humanity, let us put our lives at the service of the Haitian people who are being killed, tortured, jailed, simply because they are calling for what all of us take for granted: freedom with justice and peace. Let us support their right to call for the return of their democratically elected President and government officials. Let us do it, nonviolently, non-stop, in the same way we brought down the Apartheid system.

Jacques Depelchin, Executive Director
Ota Benga Alliance
Berkeley, August 25, 2005

From Kongo to Saint Domingue to Haiti to DR Congo – (1704—1804—2006)

The battle for fidelity to humanity/dignity

Thanks to the work of John Thornton (The Kongolese St. Anthony: Dona Beatriz Kimpa Vita and the Antonian Movement, 1684-1706. Cambridge University Press, 1998), the reading public has access to a history of connection between the Kongo Kingdom and Saint Domingue.

The Story of Kimpa Vita (Dona Beatriz)

Kimpa Vita was born in 1684 in a noble family. She was baptized into the Catholic church. In August of 1704, after having been sick for a few years, Kimpa Vita had a vision of St. Anthony. He asked her to restore the Kongo Kingdom, which had been ravaged by wars triggered by the Atlantic slave trade.

Following that vision, Kimpa Vita started agitating against slavery, and in the process found herself opposing the King and the Italian Capuchin missionaries. The movement became known as the Antonin Movement.

For the missionaries, Kimpa Vita’s status as healer (Nganga) and her popularity among the poor was perceived as a threat to their own activities in the Kongo Kingdom. They lobbied the King and eventually had her arrested and sentenced to be burned at the stake. On July 2, 1706, she was burned alive with her child.

While it is difficult to know exactly of the direct and indirect connections between Kimpa Vita, her fight against slavery, the Catholic church, and the 1791-1804 uprising in St. Domingue, historians like Thornton have made the case for the connections. In 1739, the Stono rebellion in South Carolina was led by Catholic slaves from the Kongo. The statistics of slaves imported to St. Domingue included large numbers from the Kongo (from a total population of 2,000 slaves in 1681, their numbers went to 480,000 in 1791). Half of the slave population in 1791 had been born in Africa.

Linguistically, the words which were used during the Bois Caiman ceremony/chants in 1791, inaugerating the beginning of the uprising, included Kongolese words: Kanga bafiote, Kanga mundele, Kanga ndoki la, Kanga Li, meaning “Tie up [or free, or save] the black men, tie up/free/save the white man, tie up/free/save the witch, tie them up!” (Thornton, 19:213)

What happened in Haiti between 1791 and 1804 was completely unexpected by the slave owners, by the leaders of the system. Indeed, the uprising was perceived as trespassing: doing the unthinkable, the improbable, the unacceptable. Because of its success, extreme and unrelenting punishment has been inflicted on the slaves and their descendents till today. 1804 requires from each one of us, whoever we are, wherever we are, fidelity to that event, to a world emancipated from the visible and invisible shackles of a global system determined to maintain, at any cost, what it gained from slavery and its modernization.

In Solidarity with Cité Soleil in Haiti

Pambazuka News 296
March 22, 2007

Jacques Depelchin

Jacques Depelchin challenges global citizens to make links between poverty across the world both historically and in the present day: From Cite Soleil in Haiti; to Abalhali in Durban, South Africa; Kibera, in Nairobi, Kenya; Maroko in Lagos, Nigeria; and Ndjili in Kinshasa, DRC.

In the age of globalisation why do we not see, on a world scale, cases of twinning in solidarity with cities such as Cité Soleil in Haiti; Abalhali in Durban, South Africa; Ndjili in Kinshasa, DRC? All are places, like favelas the world over, brimming with youth and creativity, but confronted with easily eradicable unhealthy conditions of living.

Why, given its namesake, does Sun City in South Africa not come out in solidarity with the poorest of the poorest in the alleged poorest country of the Western Hemisphere?It may sound childishly naïve, but would not such a move be immanently expected from a city in the country that got rid of apartheid thanks, in part, to the selfless work of millions around the world?

From the inhabitants of all these places, there seems to only be one call that could, should bring us all together: Fidelity to Haiti, 1804.Thought through, away from nation state ideologies, away and against the corporate models of accumulation, such a call has the potential for healing humanity, taking it to the level many dreamed of while battling apartheid in South Africa.

Sun City in South Africa is known as the capital of gambling, where fortunes are spent in hopes of making even bigger fortunes. To those who would rather visit Sun City in South Africa than Cité Soleil in Port-Au-Prince, poverty is something to be running away from, not something to embrace. Even if these same people will make sure that their admiration for the one who epitomised poverty, Francis of Assisi, is well advertised and known. Should not such ongoing contradictions lead one to ask why more and more people are getting poorer and poorer, while a few accumulate wealth?

Since the end of apartheid, South Africa now boasts black billionaires, just like other African countries. Is it not possible to ask what would happen if the mindset which drives gambling turned to eradicate the differences between the Cités Soleil and Sun City?

Cité Soleil means Sun City in French, and that is where President Jean-Bertrand Aristide trained himself, beyond the reach of the mindset of the Haitian elite and beyond the bureaucratized seminarian teachings of love which sterilize at the same time as the teachings are going on.

But it was through such tight embracing solidarity with the poor people of Haiti, and not just those of Cité Soleil that President Aristide broke the comforting and comfortable chains of charity. Which is also why politician theoreticians, theologians and ideologues of all stripes, and from opposite corners, do not, or pretend not to, know where he belongs. Why, one hears them thinking, does he side with losers?

Of the admirers of Francis of Assisi we may ask: if your idol were to come back to earth, say in Haiti, where would he most likely go to ask for hospitality? Isn’t condemning poverty from the confines of billions in wealth and property the surest way of intensifying poverty and increasing the ranks of the poor? Canonised, Francis must be good to have on one’s side.

The mindset, which has been in place among the owners of capital, which led them to treat human beings as a means of further accumulation, is still as entrenched as ever: capital reigns supreme, not only through its own corporate structures, but also through subservient nation states which have become so submissive that they willingly dissolve themselves in front of it; and not just in the countries where structural adjustment programmes of the World Bank and the IMF were pioneered, such as in Mobutu’s Zaïre.

Although invented by the military for military purposes, low intensity warfare against the poor can best be conducted using both economic, financial and real weapons, especially if, as is the case in Cité Soleil, it is done through hired soldiers from such places as Sri Lanka, Brazil, Jordan and Nigeria. Black on black violence has always been easier to defend and ignore ideologically than the white on black kind, especially in Haiti.

1. From Haiti to South Africa: 1804-1994-2004

For 13 years, 1791 to 1804, people from various parts in Africa, about 500,000 people, half of whom had been born in Africa, decided that slavery was inhuman. Rather than live under it, it was better to fight it, to death, if necessary. Without generals trained in military academies, without outside help of any kind. The Wretched of the Earth gave a 13 year long lesson in organisation, discipline, solidarity in order to bring about equality, fraternity and liberty. They did so without the help of human rights. Indeed, as will be argued below, this massive and successful trespassing played a crucial role in triggering human rightism as we know it today, a charitable way of helping, while preventing the kind of solidarity called for by the revolutionary slogan ‘equality, fraternity and liberty’.

The slaves went further than the enlightenment philosophers ever thought possible. They went further then the leaders of the French Revolution were prepared to go in 1789. It was not until 1792-94, during the period of the Convention (known as the Terror) that slavery was finally abolished. The slaves had done the improbable, the impossible, the forbidden. In short, they had surpassed themselves and, in the process, they also trespassed.

The overthrow of slavery is still difficult to comprehend today. It does not fit easily into the ideological narratives of the left or the right. Aside from CLR James’ The Black Jacobins, that feat was so exceptional, given the times and probability of success, that it has not received the attention it deserved from historians, philosophers, theoreticians. At the same time, it receives persistent negative attention from the powers that be in the form of imposition of debt repayments (so-called compensation for the slave and plantation owners), invasions, occupations, international kidnapping of an elected president, prison, torture, and collective punishment of people from all walks of life whose only crime was fidelity to 1804.

With president Jean-Bertrand Aristide currently in involuntary exile in South Africa, it is difficult not to examine the relationship between anti-slavery and anti-apartheid, two battles which unfolded at different times, under different conditions, both with the common objective of seeking freedom.

Given the quasi house arrest under which Aristide is held in South Africa, is it unreasonable to ask oneself how the South African political leadership sees its role in the battle to bring Haiti to where it should have been, in the first place, since 1804? Could it be that Mbeki sees his role as reasoning with Aristide to accommodate to the demands of those who are in charge of the world today? The question may sound unfair and unreasonable. But is it? After all, Mbeki was the lone African head of state at the 200th independence anniversary in January 2004. The entire South African white owned press was rabidly against it.

Too many questions which should be raised, are not being raised. Why such a deafening silence only after President Aristide was given asylum in South Africa? Could it be that the two centuries of punishment, which has been inflicted on Haiti, has dampened the enthusiasm of those who might be tempted to stand by in solidarity?

Final question, how can any country, let alone an African one, lend its services to a process which included the kidnapping of a democratically elected president? It bears striking similarity to what happened more than 200 years ago when Toussaint L’Ouverture, the leader of the Haitian Revolution, was taken prisoner by the country which is known in history for its 1789 Revolution. By then, in 1802, everything was being done to quash what the Africans had done. Could it be that the leadership of South Africa has become so subservient to the powers that be (US, France, Canada, Vatican) as to allow itself to be seen as a willing participant in an operation more reminiscent of the times when Steve Biko was arrested?

From our collective histories, we might look at the role being performed by the South African leadership as similar to the one performed by Tshombe in Katanga, when the West needed to get rid of Lumumba.

2. From trespassing to collective, relentless, punishment (1825-1938/46)

With the rise of Napoléon, the process of collective punishment was initiated. Military attempts to reverse the victory of the Africans in Haiti failed. The Africans were able to repel the three best armies of the day: French, Spanish and English. By 1825 however, the Haitian government was forced by France, with the help of the US, Canada and the Vatican, to agree to pay compensation to the slave and plantation owners, in exchange for being accepted as a nation state. Repayments for the liberty of the former slaves were made until 1938, according to some, to 1946, according to others. Having lost militarily and politically, the former slave owners sought to reassert their authority, in the international arena, where their control was unchallengeable.

From the viewpoint of the former slave and plantation owners, they had to show that emancipation by the slaves, in their own terms, could not be acceptable, regardless of whether those terms (emancipation) replicated ideological tenets held by the slave and plantation masters.

The collective and severe punishment which followed 1804 is in line with the syndrome of discovery, which can be stated as follows: discoverers shall always be discoverers, and should discovered ones discover anything, especially something universally acceptable such as emancipation, they shall be put back in their place.

In the case of the slaves overthrowing slavery in Haiti, the virulent vengeance of the response has not abated, two centuries after the event. Indeed, the arsenal has grown bigger, multi-headed, more sophisticated.

Opponents of the eradication of slavery are still being corralled by the United States which has seen itself as guardian of the treasures and resources accumulated by and through their discoveries: USA, France, Canada, the Vatican; and they are not the only ones. The resort to the political and financial punitive measures mentioned above, combined with secular and religious ideological orthodoxies, were meant to divide the Haitian people.

As it has been observed in many post-colonial situations, a small privileged elite saw itself as the only worthy Haitians. The syndrome of discovery has remained as virulent as ever: slaves must not free themselves; the poor must not end poverty on their own terms. The poor of Sité Soley, by definition, according to the elite, must not have a voice, except as filtered or reframed by the media controlled by the elite.

3. From Full rights to human rights

The slaves wanted to be treated as full human beings with the same full rights available to the masters. In their battle, there was no plan B, no halfway to freedom. From the 1804 event, those who continue to suffer from injustices, structural and circumstantial, have been told the same message, over and over: only the discoverers can discover the solutions to injustices. Whereas the slaves battled for full rights, their descendants in Haiti and all over the planet are being told that their way out of oppression and exploitation can only take place through the charitable detours of Human Rights. The average person in the world can see for herself that the 1804 event has been followed by institutionalising processes aimed at sterilising all the possible consequences which could, and should, have led to more and more emancipation from the shackles born out of the capital accumulated through slavery, land theft in North America and colonial occupation.

Despite the pious mantras coming out of political, religious and financial centers of power, the majority of humanity continues to be enslaved by a dominant economic system which thrives on poverty. When US defence secretary McNamara left the Pentagon for the World Bank after the Vietnam debacle, he vowed to end poverty within a decade.

Having lost, the slave masters, the plantation owners and their allies did everything to ensure that the process of change should never be set by those who had suffered and been dehumanised the most.

The 100 plus years of repayments were about denying the Haitians the ability to invest in their future. And so it has been since: in the US, the abolition of slavery went hand in hand with measures aimed at ensuring that former slaves did not think they could just walk away from their masters. Angela Davis, in Are Prisons Obsolete?, highlighted what other writers before her had noticed: abolition gave way to the introduction of legislation aimed at keeping the former slaves in check, leading seamlessly to what has become known as the Prison Industrial Complex. In the south, the majority of the prison population turned, almost overnight, from white to black. It took a century for the former slaves to get the right to vote, but this voting has come with all kinds of institutionalised limits.

During colonial rule in the DRC, the end of colonial rule could only be envisioned as a series of half measures. The colonial subjects were forced or indoctrinated to think of themselves through the legal, administrative, social and political prism of the subjugators. By now, it should be clear: there must always be a sharp and unbridgeable gap between the rich and the poor, as there had to be between the coloniser and the colonised. Visible and non-visible ‘no trespassing’ signs are everywhere with the result that the poor keep getting poorer and the rich, richer.

4. From Kongo to Haiti to DRCongo: 1706-1757-2007

The way world history has been written by the victors had one prerequisite: make sure that the vanquished have no doubt about their vanquished status. It is not just that given episodes have different names (eg enlightenment, civilization, Cold War, development, globalisation). It is above all the erasure of the mindset of those who, against all odds, refused to submit to dehumanisation, not just in their own name, but in the name of the larger community, including those who were dehumanising them.

If the French government has finally passed a law acknowledging that slavery had been a crime against humanity, why then, have those who did fight it not been acknowledged as heroes, heroines, saints? Not just in France, but also in their own countries? Why hasn’t Kimpa Vita, (Dona Beatrix), burnt at the stake for denouncing the Kingdom of the Kongo’s King for allowing the slave trade and slavery to continue, not been considered for sainthood by the hierarchy of the Catholic church? What prevents the current Congolese government from declaring her, and explaining in detail why, she is a national heroine?

In 1757, in Haiti, a man known Makandal was caught and burned at the stake in 1758 because he had been accused of having killed, by poisoning, many slave owners. A generation later, in 1791, another slave, Boukman, played a crucial role in the ritual which is considered as the start of the uprising which led to the 1804 victory. These are the well known names, but over and above them, millions of anonymous people battled dehumanisation, often falling into dehumanizing violence, but holding on to the conviction that slavery was a crime against life, against humanity. Why do we not see schools, hospitals and research institutes, from Mozambique, around the Cape to Senegal bearing the above names, as a way of reintroducing the way they thought and fought into our collective consciousness?

Haitian elites, generally, with a few exceptions, have ended up siding with the descendants of the slave owners, and it is these elites who worked hard to comply with the repayments. Theoretically, Aristide was a bona fide promising member of the elite, but he veered away from the elite and the Catholic Church hierarchy to follow a course reminiscent of that of Reverend Beyers Naude in South Africa, when he refused to go along with the Dutch Reformed Church’s support of apartheid. The virulence with which some members of the Haitian elite have attacked Aristide makes one wonder whether it is less of a crime to discriminate against the poor in Haiti than to discriminate against the blacks in South Africa.

5. From Toussaint L’Ouverture to Patrice Lumumba to Samora Machel

These three leaders are national heroes in their own country. At the same time, it is not difficult to see that the current elites in those countries would rather maintain some distance from them. In all three cases, there has been reluctance on the part of those states responsible for their death to go beyond formal apology.

In the case of France and Toussaint, Louis Sala-Molin suggested that full recognition of responsibility and apology, say during the 1989 bicentenary of the French Revolution, could have been followed with placing Toussaint’s remains next to Napoleon’s sarcophagus in the Pantheon in Paris. Later on, the French state gave itself another opportunity to do exactly that by proclaiming slavery a crime against humanity. We are still waiting.

Following Ludo de Witte’s book The Assassination of Lumumba, coming after Adam Hochshild’s King Leopold’s Ghost, the Belgian state showed the same kind of cowardice. Again, it is not difficult to suspect the reasons: fear that people would seek revenge. This is the same mindset which prevented white South Africans from opening up for a long time: if they – the blacks – win, they will throw us into the sea. But, at the same time, just as in Haiti, a black South African elite has emerged which finds itself closer to those who have always vilified the likes of L’Ouverture, Lumumba or Machel. All the while, of course, singing the praises of Nelson Mandela.

The case of Samora Machel is the most interesting because it is the most recent. His figure is in the process of being erased from the historical conscience of Mozambique. Having died in a plane crash on 19 October 1986, the 20th anniversary was a low key celebration. And the reason why is obvious: 20 years after his death, things going on in Mozambique which would have been unacceptable to Samora Machel.

6. An open letter to world citizens

Dear friends,

203 years since the slaves of Saint Domingue overthrew slavery, against the most formidable armies of the day, humanity, not just the descendants of slaves, should be celebrating that event. But instead of celebration, one sees almost the exact opposite. UN troops, in Haiti are carrying out regular killings of babies, women, old people in one of the poorest neighborhoods of Port-Au-Prince, Cité Soleil. We should do better than just to stand by, shaking our heads, protesting occasionally. Should we not change gear in our daily lives and vow not to stop till Haiti is completely free as it was meant to be in 1804?

Instead of outraged solidarity, there is a massive silence, aside from a few solitary voices expressing solidarity, in various cities around the world. Sadly, some of the most well known anti-apartheid leaders, outside and inside South Africa have been ingenious at explaining the apathy, which really boils down to refusing solidarity with the inhabitants of a small island.

Why? One well known and courageous anti-apartheid leader (non-South African) went for the generic, easy, comment: ‘until Haiti has an ANC type party which could be supported, it is not worth doing anything’.

Then there has been the vicious attacks against Jean-Bertrand Aristide, by members of the Haitian elite, who had no shame in publishing a letter in the white owned press of South Africa saying that Aristide is no Mandela. Well, thank God for that. Because even Mandela himself would hope that there are others from the continent and beyond, to carry on from the point reached in the battle against South African apartheid.

When looking in the rear mirror of history, from the surrounding extremes of wealth and poverty, of stupendous spending on weapons systems as against the avariciousness for caring for people, it is easy to ask oneself: whether slavery, or more precisely, the mind set unleashed by the system, was ever abolished? More and more, it appears that slavery was simply modernised to get rid of the aspects standing in the way of cheapening labour.

With Auschwitz and Hiroshima/Nagasaki, it is not just labour which became cheaper. Life lost its sacredness and became dispensable on a massive scale. Leading Einstein to say, right after Hiroshima/Nagasaki that with the splitting of the atom, everything changed completely – except the way we think. Surely, my friends, it is high time to change the way we think if we are going to move on from that mindset. The same preoccupation could be asked differently: ‘When did thinking as humans began to disappear?’

7. Who defines terror?

From the viewpoint of the discoverers, terror is only terror when it terrorises them, their descendants or their friends. Never, or so it seems, are they willing to imagine the terror which was experienced by the anonymous couple which, on any day in the 18th century, somewhere on one of those slave routes to the atlantic, armed mercenaries coming out of nowhere kidnapped them in the middle of the night and dragged them, screaming and crying at the same time.

Their terror can only be comparable to what would happen later during WW II, in Europe, when people would be dragged out of their houses to be put on cattle trains and sent to an unknown destination. The Africans were taken like cattle to waiting ships, packed like sardines. How would one document the terror they felt? Through their numbers, costs, bills of lading? Conceivably and imaginatively, the only archives where their terror could be found would be in the archives lying at the bottom of the Atlantic, and retrievable only through specially conducted healing ceremonies. Such terror, if it could be brought back to life for healing purposes, might help the monopolisers of terror and violence see for themselves the roots where it all begun.

Retaliating against terror with more terror can only mean the triumph of the terrorizing mindset, of terror as the best possible weapon. Fighting terror with terror is another way of taking us back to the mindset of the Cold War, which is but a continuation of the mindset which underlay slavery. It is a mindset which leads to death, not to life.

The anonymous couple was quickly separated: women on one side and men on another. Their peaceful lives had been violated, but what was to follow was beyond anything they thought other human beings could inflict onto others. Soon, their separation would be completed when she found herself on one ship; he, on another. Still, like any human being, she began to look on the positive side of things: she was still alive, in relatively good health, and, with a new life inside her womb, she had with her a bit of her husband: her duty was to protect this new life to the best of her ability. Being at peace in a context of violence is one of the most stressful tasks ever.

To summarise, it suffices to say that the ship captain had spotted her among the others, and informed the sailors to prepare her as one of his travel companions. The question is how, and who will ever tell the story of how she was raped repeatedly. How, she eventually decided to take her life by throwing herself off the ship.

More to the point, where and how to heal from such massive individual and collective indescribable wounds which are still rippling across the descendants, centuries later?

8. Who defines poverty?

Haiti, ‘the poorest country of the, so-called, “Western” hemisphere’ reads the lamentation billboards of the Western media. As if Haiti and its poverty is a stain on the image expected to be projected by the West. Or a tortuous way of warning those who might be interested in following the same route? You shall be crushed so badly that no one else would be tempted to think outside of the path traced by the discoverers and abolitionists.

The so-called poor of Cité Soleil do not see themselves as the poor framed by the crocodile tears shed by humanitarianists. The triumph of the slaves in 1804 happened because they did not dwell on being slaves; and so it is with the poor. The poor see themselves as being endowed with the capacity to overthrow the mindsets which keep insisting that they, the poor, can only be helped out of poverty by charitable gestures and structures.

Overthrowing poverty, like overthrowing slavery, can only be tackled, and succeed, as a political gesture. But because everything has been done and continues to be done by those who did not want the slaves to succeed, the battle over slavery, and its history, continues to this day. It extended into colonial rule, with the same message: do not ever trespass over the boundaries of power. If you do, expect the worse kind of punishment.

From 1804 to this day, the history of Haiti continues to unfold along two distinct paths: the one left by Toussaint and those who did overthrow the system; and the one which the slave owners, plantation owners and their allies could never ever let go, at the risk of losing more than their own possessions.

With globalisation, the stakes have not changed: on the one hand, there are those who state that the slaves were wrong. They did not know what to do with what they achieved, economically, politically. They inherited the economic jewel of the French colonial possessions, and ‘ruined’ it. Those who had lost that battle in Saint Domingue resorted to their allies to impose conditions on the new state which ensured that whatever economic gains the former slaves made would be siphoned off to those who had insisted on compensation.

In today’s world where everyone is being called to globalise or else in the wake of a system which has relentlessly modernised itself since the days of industrialised Atlantic slavery, should we not be proud to have amongst us people who are saying no to such a call? In these times of addiction to wealth seeking, is it not admirable to have people, known and unknown, who are refusing to be seduced by the promises of a system, the annihilating capacity of which, physical and spiritual, has reached incomensurable proportions?

We face today the same odds that the slaves in Haiti faced against the system, then in its infancy. Is it not true that we keep hearing that the only way to improve the lot of humanity is to forget our humanity in order to save ourselves later, by following the very mindset which has brought us to such a precarious point? Is it not true that, individually and collectively, we are being asked to stop exercising our capacity to think? Is it not true that we are being trained to look, with fear and mistrust at some of our best, non-violent life instincts?

The process of destroying humanity over the last 500 years never stopped. Now and then, it slowed down, but on the whole, from trespassing life to trespassing living, the system which emerged out of glorifying itself by attrition, against existing damning evidence, has now reached an unprecedented level of domination. By pretending that one suffering was worse than another, by pretending that comparing suffering was insulting to those who considered themselves the worse sufferers, that which was indivisible was cut to pieces.

Contemplating the disaster of Hiroshima/Nagasaki, Albert Einstein is alleged to have said: ‘With the splitting of the Atom, everything changed except the way we think’. Should we not change the way we think? Should we not trace back some of the thinking which was ignored?

From Hispaniola to Hiroshima, the splitting mindset did not just attack the atom. Long before the physicists got their turn, the process had proceeded, practically unopposed, against so-called savages and barbarians, with occasional defenders. The native Americans’ land was taken away from them, with it, a way of thinking diametrically opposed to splitting the atom. From Hispaniola to Saint Domingue, the Arawaks were wiped out and replaced with people stolen, highjacked, terrorised away from their homes, their land, their fields in Africa. And yet, in Saint Domingue, the spirit of refusing to be split from humanity rose again, and against all the odds, triumphed, briefly, before revenge and collective punishment started again.

9. Who is the enemy?

The arsenal in place to eradicate humanity is visible everywhere: the armament industry could wipe out life on the planet and the planet itself several times over. Yet still, it keeps growing and being modernised. Have we not heard the argument before: if we shut down this or that factory, we would be taking jobs away from working people? But is it right to have a mindset which is always looking for enemies, even though such enemies only exist in the mindset of warmongers seeking to make sure that their products shall always have buyers?

Do we not live in a world dominated by advertising and entertainment industries living off the by products of warfare? It has been shown that war fought with weapons has become obsolete. That it is possible to annihilate your enemy by just manipulating the market. Has the triumphant mindset, such as it is, left only one exit for those looking for freedom? Have we not realised that this exit, framed by such a lethal mindset shall take us to a variation of something we have already seen, but only this time, worse? Could it be that little by little, by attrition, humanity has completely given itself and its capacity to think, and its sense of balance between the spiritual and the material, over to the market?

10. Is there really any interest in wiping out poverty?

It is not difficult to see that the poor are the potential enemies of the global system, as run by the corporations and their crumbling nation state allies. A social, political and economic system which has prospered on the basis of dividing, discriminating to death and thriving on competition is wired to reproduce competition and discrimination. There will be conventions against poverty, just as there has been conventions against genocide. Charitable structures shall be used to spread some of the dispensable, tax reducing profits. The system’s growth has thrived on generating poverty. But, ideologically speaking, it must present itself as wanting to do something about poverty.

The abolitionist mode did not work with slavery. There is no reason why it would work in abolishing poverty, unless anchored in building greater social solidarity between all members of humanity. In short, fidelity to humanity as affirmed at turning points such as in 1804 in Haiti would be the way of seriously getting rid of poverty. Such fidelity will not happen overnight, but can grow out of healing processes initiated away from corporations and states, between members of humanity.

* Jacques Depelchin, Ota Benga Alliance for Peace, Healing and Dignity