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QUAND LE NEGATIONISME TUE À PETIT FEU

L’histoire du développement guerrier et pacifique du nucléaire, surtout depuis Hiroshima/Nagasaki, dérange les consciences. Cette histoire de cloisonnement ou de confinement n’est pas particulière au nucléaire. Tout comme pour l’histoire du capitalisme, le mot d’ordre semble être qu’il ne faut pas s’inquiéter et que tout ira bien pour le meilleur des mondes. Avec le 25ème anniversaire de Tchernobyl, et les informations accumulées depuis cette catastrophe, il est permis de questionner cette manière idyllique de conter l’histoire.

Le refus de partager une information vitale pour la survie d’un groupe (famille au sens restreint ou étendu) aura un effet cumulatif quant aux répercussions négatives. Mais le problème ne se présente pas seulement à Fukushima. A chaque fois que l’histoire avance (recule ou fait du surplace), les forces qui ont tout fait pour qu’il ne sorte qu’une seule narration s’activent pour formater la continuation de cette narration selon leur version. Quelle que soit la crise dont il s’agit, il émergera une version qui a ses racines dans un processus de façonner le monde et comment penser les changements, ce qui doit changer, etc. selon la mémoire/l’objectif des vainqueurs.

Est-ce possible de penser en même temps la Lybie et Fukushima ?

Dans les ceux cas, à Fukushima comme en Lybie, on peut observer l’humanité faisant face à une croisée des chemins. Dans les deux cas, les organes dominant d’information discutent de scénarios et des solutions qui écartent les voies qui pourraient contrarier leurs intérêts à court terme. Habitués à toujours avoir le dessus les pays qui ont toujours dominé la planète cherchent à maintenir le statu quo de leur domination. Au cas où il y aurait résistance, le recours à la solution militaire sera automatique. Dans les deux cas, les organes d’information s’organisent pour présenter l’histoire de la Lybie et celle du nucléaire sous une forme tronquée. Dans les deux cas, on parle de crise qui sera résolue par les forces compétentes en la matière. Même si les experts apparaissent comme ayant violé les règles les plus élémentaires de recours à la négociation (Lybie) à la prudence (Fukushima), aucune des instances en place, au niveau des relations internationales n’ont les possibilités et/ou les moyens de les rappeler à l’ordre. Sauf si des voix, se fondant sur la conscience de l’humanité, rappellent aux tout-puissants le fait, somme toute banal, que cette toute-puissance s’est construite sur le silence consenti et/ou forcé du reste de l’humanité.

L’histoire de la Lybie ne commence pas en 1969 ou même avec la colonisation italienneWatch Full Movie Online Streaming Online and Download

En Lybie, la crise est présentée de telle manière qu’il faille recourir à une solution militaire pour sauver les opposants du colonel Kadhafi. L’argumentaire est celui des droits de l’Homme. Moralement il est sous-entendu que personne ne pourrait s’opposer à une telle entreprise. Cet argumentaire a des racines profondes dans l’histoire des rapports entre l’Occident et les peuples non Européens. Après l’esclavage et le fameux commerce triangulaire entre les Amériques, l’Europe et l’Afrique, l’Europe, par le biais de la Conférence de Berlin s’appropria l’Afrique, au nom de l’introduction de la Civilisation dans l’Afrique obscure. Les historiens à courte vue, aiment nous dire que le mode de fonctionnement du monde d’aujourd’hui a commencé durant la 2ème Guerre Mondiale. Ce n’est qu’en partie vrai. La Conférence de Berlin est le précurseur de la Conférence de San Francisco qui organise les Nations Unies et, dans la foulée, l’OTAN. Toutes ces organisations furent mis en place pour servir les intérêts de l’Occident

Pour occuper l’Afrique (avant et après la Conférence de Berlin), il a fallu des campagnes militaires. En RDC, ces campagnes étaient appelées campagnes de pacification ou « promenades militaires ». Elles ont continué jusque dans les années 30. Pour l’Occident dominateur, il ne doit exister qu’une histoire de ses rapports avec l’Afrique, il n’existe qu’une manière de narrer ses rapports avec Haïti. Cette histoire doit être dictée par l’Occident. Un Occident dont la mentalité est structurée par l’histoire d’Etats aux objectifs de colonisation. Un Occident d’où ont surgi les multinationales qui, aujourd’hui dictent les argumentaires avancés par les Etats. Il devient de plus en plus clair que les instances mises en place, par des États Nation, durant et à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ne font/feront plus le poids face aux défis actuels et à venir. Le poids des multinationales est tel que la logique et le mode de fonctionnement des institutions étatiques obligent un recours à des accommodements qui renforcent la loi de la jungle alors qu’on est supposé vivre dans un monde civilisé, démocratisé. La défaillance des structures politiques pour régler les relations internationales sera toujours compensée par la mentalité qui a conditionné leur mise en place (à Berlin, Yalta, San Francisco, Bretton Woods).

Pour les puissances qui se sont enrichies en asservissant/colonisant l’Afrique, le sentiment de culpabilité les conduit à se présenter comme les défenseurs de celles/ceux qui souffrent les atrocités commises par Kadhafi. Cependant, la question de savoir quelles sont les forces qui ont façonné l’émergence d’un dirigeant sanguinaire n’est jamais posée ou rarement discutée. Quand il y a discussion de changement de régime, les parrains et partenaires des régimes en question ne sont pas appelés à rendre des comptes.

Dans l’histoire de l’humanitarisme et des droits humanitaires il y a un escamotage systématique des racines non humanitaires des propagateurs de cette religion selon laquelle l’expansion du capitalisme ne peut être vue que sous l’angle des bienfaits. Les effets négatifs sont considérés comme mineurs. Très rarement, pour ne pas dire jamais, assiste-t-on à un examen sans complaisance des effets destructeurs de ce qu’il y a de plus sacré entre les humains, à savoir, l’humanité commune, le respect du principe de vie. À partir du moment où l’éclatement (appelons-la la fission) de l’humanité s’est produite et que commencèrent à se mettre en place les mécanismes économiques, financiers, politiques, sociaux, culturels et religieux de ce qui en quelques années deviendra le capitalisme, il se développa aussi une narration de cette histoire dont l’objectif a toujours été de rehausser les bienfaits du système. L’histoire de celles/ceux qui furent déclarés (Voir, par exemple, Le Code Noir) non humains, jusqu’aujourd’hui n’a pas été contée telle qu’elle a été vécue par ces témoins incontournables. Face aux dépositaires/héritiers de ces témoins, les descendants des rédacteurs du Code Noir ont appris mécaniquement la règle de toujours les réduire au silence. En vue de parfaire cette réduction au silence, il faut surtout éviter les possibles rapprochements avec d’autres errements.

Les régimes conduits par Hitler, Mussolini sont présentés comme des aberrations. Le tribunal de Nüremberg où seront condamnés individuellement des responsables aura pour effet de blanchir la part qui revenait au système. Et cela malgré les voix qui se sont élevés et qui, aujourd’hui continuent de s’élever. Le Tribunal de Nüremberg eut aussi comme effet collatéral de contenir l’histoire des régimes instaurés par Hitler et Mussolini à l’intérieur d’un conteneur de confinement étanche, afin qu’ils ne soient vus que comme des aberrations. Il ne fallait pas voir dans l’histoire des puissances de l’Axe (Allemagne/Italie/Japon) la pulsion coloniale s’en prenant à une zone et à des populations considérées hors limite.

Par un article du NYT en date du 14 avril 2011(Nuclear Cleanup Plans Hinge on Unknowns par Hiroko Tabuchi
) nous apprenons que pour les travaux les plus dangereux, la compagnie qui opère les réacteurs de Fukushima (Tepco) recourt à des travailleurs saisonniers par le biais d’une société spécialisée dans ce genre de recrutement de travailleurs. En d’autres termes, et cela ne date pas d’hier, à chaque fois que l’humanité s’est lancée dans une phase qui risquait de ne pas plaire à tout le monde, il a fallu recourir au secret. Dans l’industrie nucléaire, il y a des boulots qui sont tellement dangereux que seuls les candidats inconscients et/ou non informés des risques pour leur santé, sont prêts à se présenter. Est-on tellement loin des pulsions dominatrices apprises à travers l’esclavage Atlantique et la colonisation ?

Le 5 avril, 2011, on nous a annoncé l’entrée d’Aimé Césaire au Panthéon à Paris. Dans ce geste qui est vu par certains comme une consécration des luttes de Césaire contre la déshumanisation il faut aussi y voir un processus de négation de ce qu’il y avait de plus profond dans les luttes de Césaire. Dans cette négation il y a aussi une manœuvre de désamorçage des ce qu’il y avait de plus radical dans sa pensée. Cette entrée au Panthéon ne coûte rien au système. Tout le contraire, ce geste, dans le contexte actuel, renforcera dans le public français de France la notion que Napoléon, [restaurateur de l’esclavage], et Césaire peuvent se côtoyer sans problème. Ce geste renforcera l’idée de la magnanimité des figures napoléoniennes, peu importe les détails qui pourraient donner une image contraire à celle qui maintient l’ordre hiérarchique entre la révolution de 1789/France et celle de 1804/Haïti.

Le Panthéon pour Césaire, l’Académie Française pour Senghor, le Jura pour Toussaint l’Ouverture, le fond de l’océan Atlantique pour la chair à canon de l’esclavage qui refusa la mort à petit feu ? En d’autres termes, il y a, à travers cet acte, la nécessité de maintenir en place une structure automatique de hiérarchisation des consciences. Le Panthéon, c’est Napoléon d’abord. C’est ce dernier qui organisa avec la plus grande férocité possible la restauration de l’esclavage là où elle avait été abolie. À Haïti, cela n’a pas été possible. Et, plus de 200 ans après, Haïti continue de payer pour avoir réussi l’impossible impertinence, aux yeux de ceux qui ne pouvaient accepter alors et qui, aujourd’hui, continuent de ne pas accepter la proposition que les Africains puissent être en avance sur l’universalité de la liberté.

Y a-t-il encore une boussole dans un monde qui semble avoir perdu le nord ?

Depuis l’inauguration de la déshumanisation systématique des segments les plus pauvres de l’humanité qui ont ouvert la voie à ce qui apparaît de plus en plus comme l’extinction de l’humanité, la partie encore saine trouvera-t-elle les moyens d’arrêter un processus qui semble de plus en plus inéluctable ? Or, la partie que l’on pourrait prendre pour saine est précisément celle qui est constamment soumise à un processus de destruction car si elle venait à parler, elle risquerait de créer la prise de conscience de l’humanité.

Les preuves de l’inéluctabilité s’accumulent. La catastrophe de Fukushima illustre le parallèle entre le développement du nucléaire et le développement du capitalisme, et, dans la foulée, l’idée que la meilleure façon de régler les conflits est de recourir aux armes et la guerre. De part et d’autre on observe un cramponnage à ce qui a toujours fonctionné pour les tout-puissants alors que la voie de sortie ne sera possible que si les voix des plus faibles sont entendues sans intermédiaires quelle que soit la charité et/ou l’humanitarisme de ces derniers.

Le 5 mai 2011

GUANTANAMO (2)

Pour que les fabricants
De Guantanamo
Apprennent
A défabriquer
Guantanamo

Toujours Guantanamo
Toujours maîtriser tout
Toujours maîtriser le futur
Maîtriser
l’espace, le temps, le passé, le présent,
la parole
en somme, ces liquidateurs de l’humanité
pourfendeurs déguisés
de la terreur
s’acharnent à

En finir avec l’histoire
Avec l’homme
Avec la femme
Avec les enfants
Avec les émigrés
Avec les chômeurs
Avec les travailleuses
Avec les handicapés
Avec les pygmées
Avec les violées
Avec les enfants soldats
Avec les enfants de la rue
Avec les sans domiciles fixes
Avec les sans papiers
Avec les réfugiées de l’humanité

Où qu’elle soit, agonisante, menacée d’extinctionwatch full Rings 2017 film

Fukushima
Lybie
Tunisie
Egypte
Haïti
Gaza

Question :pourquoi en finir à jamais
Avec les naufragés

De la globalisation
De la crise financière
De la crise du climat
De la peur du futur, du passé, du présent,
De la peur du voisin, du frère, de la sœur

Oh les geôliers
De Guantanamo
Rappelez-vous Santo Domingo
Qui mit fin aux
Maux et aux mots
Infligés par les geôliers
d’une autre époque
à la solde de maître traitres
de l’humanité
bourrés de vanité
telle la grenouille
de la fable
se voyant toute-puissante
intouchable
liquidée par son obésité

Ainsi aussi finira
GUANTANAMO
Telle sa voisine Santo Domingo
Devenue Haïti
Gaza de l’Atlantique
Comme Gaza
Non maîtrisable
Par les fossoyeurs
De l’humanité

La toute-puissance des tout-puissants
Ne maîtrisera jamais
La liberté, mère des
Toussaint, Dessalines, infinissables
Faut-il la preuve ?
Apparaissant quand on les attend le moins
Pierre Antoine Lovinsky
Jean Bertrand Aristide
Fanmi Lavalass
Père Jean-Juste
Héritières connues et inconnues des Antonins
Et des Antoninnes
Bouazizi Mohamed

Messagères toutes et tous
De liberté insatiable de liberté
Indomptable, écrivant, ré-écrivant
Jamais lasses de faire comprendre aux fossoyeurs
Leurs erreurs, leurs errements
Pour que Guantanamo
Cesse de continuer l’histoire,
Sous l’ère nucléaire, de l’esclavage
Pour qu’advienne sans moratoire
une autre histoire
digne de l’humanité.

Salvador, Brésil
3 mai 2011

Tchernobyl, Fukushima : Et si on tirait des leçons à partir de l’Afrique ?

Voir, à titre d’information, l’article suivant paru dans Le Monde du 25 avril 2011 sur les leçons non tirées de l’accident nucléaire de Tchernobyl du 26 avril 1986 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/25/les-lecons-de-tchernobyl-n-ont-pas-ete-tirees_1512523_3232.html

L’intervention du Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon, en rapport avec le 25ème anniversaire de l’accident nucléaire de Tchernobyl, résume assez bien la pensée dominante des puissances financières et nucléaires en ce début de 21ème siècle (1). Pour ces gens, les leçons de Tchernobyl et de Fukushima sont claires : il faut améliorer la sécurité car, ainsi va l’argumentaire, le nucléaire est la voie du futur de la Planète.

Notre point de vue est simple : les leçons de Tchernobyl n’ont pas encore été tirées, celles de Fukushima ne le seront pas n’ont plus. Pour que des leçons crédibles puissent être tirées, il faudra faire appel aux voix qui sont systématiquement écartées des débats autour des problèmes fondamentaux qui assaillent les habitants de la Planète, et qui posent la question de la survie de l’humanité. Ces voix devront se manifester le plus vivement et le plus urgemment possible car, les puissants de ce monde ne sont pas prêts à les inviter. La fin de l’esclavage à Haïti (1804) n’a pas eu lieu parce que les Africains ont été invités par leurs maîtres à s’exprimer sur le problème de l’esclavage. De même avec toutes les luttes pour mettre fin à la colonisation et à l’apartheid.film Colossal 2017 streaming

La question du nucléaire n’intéresse pas seulement les puissances nucléaires et/ou les puissances sur le point d’acquérir la technologie leur permettant de produire des armes et de l’électricité. Mais pour comprendre pourquoi et comment l’humanité se retrouve aujourd’hui coincé entre des choix qui semblent impossibles.

Malgré l’effort d’aller jusqu’aux racines de la crise du nucléaire, il est évident qu’une fois de plus, on assiste à une présentation tronquée de l’histoire de cette crise. La problématisation est biaisée dès le départ en refusant de suivre les méandres de l’histoire de la technologie et de la science telle que perçue à partir de l’Europe, des Etats-Unis, du Japon, en somme à partir de la plate-forme des puissances mondiales.

Curieusement, rares sont les personnes qui rappellent les travaux et la pensée de Günther Anders sur la question du nucléaire. Et cela malgré le fait qu’il fut parmi les fondateurs du mouvement anti-nucléaire (2). Philosophiquement, la réflexion faite par GA vaut la peine d’être rappelée, compte tenu du contexte que nous vivons. Ce contexte n’est pas seulement dominé par la crise nucléaire de Fukushima, mais aussi par l’incapacité visible des grandes puissances mondiales de reproduire les modèles de gestion économique, politique et sociale qui les a toujours servi.

Ces modèles prennent leurs racines quand l’Europe « découvre » les Amériques, massacre ses populations et doit se tourner vers l’Afrique pour avoir accès à la matière première essentielle de ces temps-là : des Africaines et des Africains enchaînés. Il y a une histoire, une narration, une logique qui conduit de l’esclavage atlantique à l’esclavage nucléaire. Les protagonistes changent, certes, mais les structures des rapports entre les victimes et les bénéficiaires ne changent pas.

Dans cette longue histoire entre deux formes d’esclavage, la meilleure illustration du refus d’accepter l’évidence nous est apportée par l’histoire d’Haïti qui, en 1804, parvient à s’émanciper de l’esclavage, sans intervention humanitaire ou abolitionniste. En allant plus loin que la révolution française de1789, les Africaines et les Africains étaient allés beaucoup plus loin dans l’universalité de la liberté. De 1791 à 1804, les Africaines et les Africains avaient décidé de changer le régime en place à l’époque. À Haïti, ce fut la fin du Code Noir (mis en place par Louis XIV en 1685 et seulement aboli en 1848) qui affirmait que les Africaines et les Africains sous les chaînes n’étaient pas des êtres humains, mais si, des biens meubles.

Cette leçon d’humanité fut toujours refusée. Par la France conservatrice et ses alliés, depuis la prise de pouvoir de Napoléon, jusqu’à la mission des Nations Unies militarisée avec l’aide du Brésil. L’impact de ce refus a été répercuté de diverses manières, mais l’aspect le plus important, peut-être, de ce refus tient dans la leçon que GA tire de la fabrication de la bombe atomique et, surtout, de son utilisation à Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945. Il y a une double leçon : la première est que, depuis Hiroshima et Nagasaki, l’humain a démontré son incapacité de désapprendre ce qu’il a appris, car ce qu’il a appris est toujours présenté sous des aspects positifs, réconfortants ; la deuxième est que la toute-puissance acquise par la possession d’armes nucléaires, dès lors que d’autres y ont accès, finira par transformer la toute-puissance en impuissance.

Malheureusement, comme nos analyseurs des leçons de Tchernobyl, GA ne pousse pas son raisonnement jusque dans les derniers retranchements. À son crédit, il faut reconnaître qu’il avait tiré une leçon plus forte, à savoir que l’homme était, avec la fabrication de ces armes de destruction massive, parvenu à créer sa propre obsolescence.

Pour GA comme pour nos analyseurs, comme pour les rédacteurs du Code Noir, les Africaines et les Africains ne comptent pas comme des êtres humains. C’est en ne les comptant pas que s’est construite la notion de puissance invulnérable, intouchable. Sauf par ses propres excès.

Pour que les leçons de Tchernobyl, de Fukushima puissent être apprises, il faudra déclencher un processus de désapprentissage de ce qui a été appris depuis l’esclavage atlantique jusqu’à une forme d’esclavage d’où, semble-t-il il n’est pas possible de sortir. La sortie exige de reconnaître qu’il y a eu des crimes contre l’humanité qui restent non reconnus. Il ne suffit pas de reconnaître, il faudra qu’il y ait un processus de désapprentissage de ce qui a été appris grâce à la non reconnaissance de ces crimes.

Les leçons ne seront apprises que quand sera accepté l’idée que l’humanité est une et qu’elle n’est pas divisée entre celle qui doit être au service d’une autre. D’une façon ou d’une autre, de cette incapacité de comprendre pourquoi et comment l’humanité se retrouve aujourd’hui dans une impasse qui n’est pas seulement scientifique, technologique, mais aussi économique et politique, les penseurs de tous les pays peuvent s’unir pour faire naître un monde libre de la peur de son anéantissement probable, libre de la peur des tout-puissants et, ainsi transformer la toute-puissance en impuissance.

NOTES
1, Voir, entre autres, le site suivant : http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/Ban-Ki-moon-appelle-a-Tchernobyl-a-un-debat-global-sur-le-nucleaire.

2. Parmi les travaux de Günther Anders, L’obsolescence de l’homme. Éd. De l’Encyclopédie des nuisances/Ivréa, 2002 ; Hiroshima est partout, Préfacé par Jean-Pierre Dupuy, Éditions du Seuil, 2008 ; La menace nucléaire. Considérations radicales sur l’âge atomique, Le Serpent à plumes, 2006.

(À Suivre- 26 avril 2011)