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30 juin 2010: Célébrer ou Comémorer

Le 12 janvier 2009, dans un texte très important, Que dire aujourd’hui de la RDC ? (voir http://otabenga.org/node/157) Ernest Wamba dia Wamba avait alors condensé en 16 points l’essentiel de ce qui vaut encore aujourd’hui à quelques jours du cinquantième anniversaire de l’Indépendance du Congo (30 juin 1960). À ce texte, il n’y a rien à ajouter sinon attirer l’attention sur les points les plus importants, à savoir que la question posée par rapport à la RDC s’applique avec une urgence accrue pour que le système qui tue les plus démunis cesse d’exister.

La question du paragraphe 16 « qui devait être puni » trouve des réponses
multiples tant au Congo qu’en Belgique. Au Congo, l’assassinat de Floribert
Chebeya Bahizire et de son chauffeur Fidèle Bazana (1-2 juin 2010) est la
réponse (suicidaire) d’un régime mercenaire qui poursuit les pratiques mises en route il y a un peu moins de 50 ans, avec l’assassinat de Patrice Emery Lumumba et ses compagnons Mpolo et Okito. On a presque l’impression d’un écho à 50 ans de distance. Quelques jours après cet assassinat un groupe d’avocats belges annonçait leur accusation de « crime de guerre » contre les belges ayant participé à l’assassinat de Lumumba et ses compagnons. Comment Congolaises et Congolais devraient appeler tous les crimes commis contre tous ces compagnons qui n’avaient en tête qu’une fidélité sans faille à notre humanité commune ? Après le nom, trouvera-t-on une punition à la hauteur ? Peut-être faudra-t-il penser à une repentance sans précédent dans un monde immergé dans des crimes contre l’humanité ? Car une telle repentance pourrait.

D’un côté, donc des gens qui continuent de penser dans la trajectoire libératrice lancée par Lumumba et de l’autre un régime (avec les mêmes alliés qu’en 1960) prêt à assassiner toute personne qui, de près ou de loin, pourrait sembler penser et agir dans le sens de répondre positivement aux multiples problèmes quotidiens des Congolaises et Congolais qui passent leur journée à se demander d’où viendra le prochain repas.

Dans toute vie d’un pays il arrive un moment où les questions que les gens se posent sont balayées par l’évidence de la rupture avec l’attente stérile de plus 50 ans. Rompre avec l’idée que les politiciens, même ceux qui se recyclent sous des partis « lumumbistes », peuvent répondre aux attentes 50 fois remises. La politique politicienne à toutes les modes connues pendant 50 ans est arrivée au bout de son rouleau. Les gens veulent une politique pensée par eux, mise en pratique par eux, pour répondre directement, concrètement, à leurs problèmes. Les gens veulent des politiques senties, vécues du point des gens.Roblox HackBigo Live Beans HackYUGIOH DUEL LINKS HACKPokemon Duel HackRoblox HackPixel Gun 3d HackGrowtopia HackClash Royale Hackmy cafe recipes stories hackMobile Legends HackMobile Strike Hack

Du point des gens se fera une reconstruction d’un Etat digne de ce nom.
Du point de ces espaces de paix se reconstruira des lieux multiples voués
à l’organisation de l’économie, de l’enseignement, de la culture, de la santé
pensée du point des gens. Partir des gens pour toujours revenir aux gens. Pendant 50 ans il y a eu une dictature de la politique politicienne qui ignorait les gens. Le temps des gens de rompre avec les habitudes dictatoriales commence avec ce 50ème anniversaire.

POUR FLORIBERT CHEBEYA BAHIZIRE ET FIDELE BAZANA

Au-delà ce qui a été dit et, surtout, exigé pour que toute clarté et justice soit faite autour de la mort de Floribert Chebeya Bahizire et de son chauffeur, Fidèle Bazana, nous aimerions ajouter les mots qui suivent. Nous présentons aux deux familles endeuillées, à leurs amis et aux collaborateurs les plus proches, nos sincères condoléances. Que leurs âmes reposent en paix et que le Créateur et les esprits des ancêtres les accueillent avec chaleur et générosité. Que de l’immense tristesse provoquée par leur disparition jaillisse une étincelle plus immense encore pour guérir une blessure de plus de 50 fois 50 ans, de 50 fois 500 ans.

A moins d’un mois du 50ème anniversaire de l’Indépendance

Floribert Chebeya Bahizire (FCB) a été éliminé physiquement comme Patrice Emery Lumumba, un autre Congolais qui parlait pour les Sans Voix et qui, pour avoir osé parler à contre courant fut liquidé. Les circonstances diffèrent, mais en parcourant l’histoire de la recherche de l’émancipation en Afrique et Au Congo il ressort un profil qui frappe : Toute personne ou tout groupe de personne qui décide de se libérer et y parvient, même en partie, sera traité avec la plus grande sévérité : De Haïti au 19ème siècle à Cuba au 20ème siècle, en passant par le Quilombo de Palmarès, la Commune de Paris, Wounded Knee, Dien Bien Phu, Kimpa Vita, Kimbangu, Ruben Um Nyobe, Félix Moumié, Dedan Kimathi, Patrice Emery Lumumba, Amilcar Cabral, Chris Hani, Kwame Nkrumah, Steve Biko, Thomas Sankara, Samora Machel, etc., et en terminant par les journalistes sur le point de faire des révélations (entre autres, Serge Maheshe, Bapuwa Mwamba, au Congo, Carlos Cardoso au Mozambique). Les exemples sont si nombreux que la mémoire ne parvient plus à les compter et à les conter ; malgré cette défaillance, les gens de partout sont en train de faire l’addition et d’essayer d’en tirer les leçons.

Entre fêter les 50 ans d’Indépendance comme s’il s’agissait d’une kermesse ou d’une opération marchande, FCB continuait de penser à celles et à ceux qui, pendant 50 ans ont été piétinés, laminés, torturés. Même appauvris, il ne fallait jamais les laisser tranquilles. Pas seulement dans l’Est du pays, partout où des gens cherchaient à vivre dignement, à être fidèles à l’humanité, à être fidèles aux vœux d’émancipation d’autres grandes figures de notre histoire, la chasse à l’homme s’organisait sur ordre des gens au pouvoir ; s’organisaient aussi des viols accompagnés d’actes indescriptibles.

Les paroles de FCB dérangeaient les monopolisateurs du pouvoir et de la parole. Plus que les paroles, plus que les écrits, ce sont les pensées de FCB qui ont amené ses ennemis à le supprimer physiquement. Malheureusement pour ces derniers, les pensées de FCB, comme celles d’autres héroïnes et héros de l’émancipation de l’humanité, ne disparaissent pas avec leur mort physique. En parlant et en écrivant comme il le faisait, en agissant comme il le faisait, il démontrait aux amis et aux ennemis l’existence d’une pensée pleine de vie constamment à la recherche de cette indépendance toujours remise, 50 fois, bientôt une fois de plus, de trop.

Concrètement, FCB dérangeait parce qu’il maintenait le cap sur les objectifs qu’il s’était donné, à savoir d’aller jusqu’au bout des dossiers concernant les massacres, individuels ou de groupes. Avec patience, courage et persistance, il poursuivait plusieurs enquêtes comme ceux relatifs aux attaques contre le Bundu Dia Kongo, aux attaques contre ceux qui avaient, en particulier au Bas-Congo et à Kinshasa, voté pour le parti de Jean-Pierre Bemba, et d’autres cas de personnes « disparues » ou emprisonnées sans aucune forme de procès. Dans cette poursuite exemplaire contre le culte de l’intouchabilité de certaines personnes, FCB partageait ses enquêtes avec des personnes et des organisations déterminées à tout faire pour que la justice soit faite en RDC.

En actes et en pensée, FCB était en train de vaincre ceux qui se considéraient comme intouchables. La direction de cette pensée en pleine effervescence montrait clairement à qui voulait la suivre qu’elle disait que cela ne pouvait plus continuer ainsi. De cette pensée germinante, on peut imaginer FCB,
Murmurer, pour lui-même, ce qui suit:

Nous ne pouvons plus continuer de renier
une 50 ème fois ce que nous sommes
Il n’y a rien de pire que le reniement de soi-même
De ses vertus, de ses ancêtres, de vœux de fidélité
Enterrés dans les archives mortes
Il n’ya rien de pire que la maintenance du reniement
Au nom de quoi ?
La globalisation ?
Qu’un examen franc de notre histoire
Obligerait à y voir
La plus récente version
de la modernisation
de la colonisation
fabrication bâtarde
de l’industrialisation de l’esclavage
aujourd’hui couronné
par l’incarcération
la marchandisation de l’histoire
pour que la planète soit
sans deuil le mouroir
de l’humanité

FCB, comme d’autres visionnaires de la même trempe, voyait dans le reniement de notre histoire, un reniement de l’humanité. Sa pensée, ses pensées refusaient la modernisation de l’esclavage, une modernisation qui se cachait derrière des gestes de charité, de droits humanitaires alors que les temps exigeaient avec et pour les sans voix, des devoirs de parole et de solidarité. Même réduits au silence, les sans voix parleront toujours et continueront d’être le sang circulant, vivifiant, éternel des échos venant d’outre-tombe pour l’émancipation complète et totale des Congolais.