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RDC, faut-il se taire quand sa conscience est révoltée ?

Toute personne moyennement informée sur la RDC, et le récent exercice électoral pour choisir un nouveau président, réagira avec les mots que cette conscience dira : « révoltant », « un crime contre l’humanité », « la continuation de l’assassinat de Lumumba ». « Reste de conscience » parce que l’histoire de la RDC, qui est aussi l’histoire de l’Afrique, et pour les derniers siècles, une histoire de torture permanente, lancée par l’esclavage, suivie de la colonisation, appuyée par l’apartheid et, récemment couronnée par la mondialisation de l’acceptation d’un objectif devenu de plus en plus clair : liquider l’humanité et tout segment de celle-ci qui cherche à se libérer de toute pratique qui révolte la conscience.

Durant les derniers siècles, l’humanité a été dirigée par un système fondé sur des principes qui visent la discrimination de l’humanité entre ceux qui comptent et ceux qui ne comptent pas. C’est à partir de cette discrimination que l’Europe s’est imposée comme « civilisatrice » de terres « découvertes » dans diverses parties de la planète. Cette discrimination entre les « découvreurs » et celles qui ne comptent pas est restée vrillée dans la mentalité.

En RDC, depuis l’esclavage suivi de la colonisation, en passant par l’Indépendance, c’est cette mentalité-là qui s’est toujours imposée, avec des hauts et des bas. Ainsi, par exemple, la manière dont l’abolition de l’esclavage a été conduite, elle visait à privilégier les gagnants de ce crime contre l’humanité, à leur garantir que les richesses accumulées durant ce crime ne soient pas restituées. En ce qui concerne Haïti, ils sont allés plus loin et ont exigé une compensation pour les pertes subies suite à la fin de l’esclavage. Une des raisons qui a conduit les grandes puissances (Etats-Unis, France, Canada) d’en finir avec le Président Aristide en 2004 tient, entre autres raisons, au fait que ce dernier exigeait la restitution de cette compensation (estimée à 20 milliards d’Euros) qui fut payée par l’État Haïtien entre 1825 et 1946. Il n’y a jamais eu dans les transitions de l’histoire africaine un processus respectant MÂÂT le principe millénaire de l’Égypte Ancienne fondé sur la volonté de fidélité à la justice et la vérité.

Dans son Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire (Présence Africaine1955) avait déjà diagnostiqué le mal dont souffrait l’Europe :

Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.
Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.
Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. (p. 7)

Après quelques autres mots, dans le même texte, Césaire, en italique dans le texte écrivait : L’Europe est indéfendable.(p.8)

Pour ce qui est en train de se passer en RDC, Césaire écrivait comme s’il était présent aujourd’hui entre nous. Il lui avait été demander de parler sur la colonisation et la civilisation. « La malédiction la plus commune en cette matière est d’être la dupe de bonne foi d’une hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte. » (p.8)

Aimé Césaire, comme beaucoup de Congolaises et Congolais qui protestent aujourd’hui contre la légitimation d’un processus électoral criminel, verbalisait ce que sa conscience révoltée lui dictait.

En cours de route de notre histoire, l’Europe et ses alliés de tous azimuts, politiques, financiers, religieux, Africains et non Africains, a forcé la soumission à la mentalité discriminatrice entre « ceux qui doivent compter » et « celles qui ne doivent pas compter ». Une mentalité dont les dévastations sont difficiles, voire impossibles de calculer car elle s’est attaquée à ce qui est de plus cher à toute personne vivante : la conscience.

Lorsqu’on lit, avec attention, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) (votée en 1948 par l’Assemblée Générale des Nations Unies) il est difficile de ne pas conclure que les rédacteurs avaient fait de la conscience un des mots clés du texte. Et pour cause : le monde sortait de la 2ème Guerre Mondiale et il fallait, en conscience, trouver une parade appropriée à toute possibilité d’une guerre ou d’un événement comparable à l’Holocauste. Hélas, les processus génocidaires, comme le notait déjà Césaire, ont continué, avec la bénédiction des colonisateurs et, plus tard, de ceux qui ont fait de la décolonisation une mascarade.

La conscience et la mascarade électorale en RDC

Toute personne consciente de son humanité ayant suivi la fraude électorale qui s’est préparée pendant des mois en RDC et qui, dans les derniers jours, cherche à imposer la loi de « ceux qui doivent compter » devrait selon la DUDH se révolter. C’est du moins ce à quoi appelle un des « Considérant » du préambule :

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme.

Sur base de ce texte, comment une personne consciente de ce qui est en train de se passer en RDC pourrait « rester calme » et accepter, une fois de plus, une dose supplémentaire visant à liquider ce qui nous reste encore de conscience de notre humanité ? Serait-ce pour cette raison que l’on note un « blackout » généralisé des media ?

Chacun des articles de cette DUDH est un rappel à la fidélité aux pulsions de la conscience. Voici ce que dit l’article premier :Watch Full Movie Online Streaming Online and Download

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Silence on tue : mot d’ordre dont l’origine ne peut être identifié

Une personne a essayé de s’informer sur ce qui se passe en RDC aujourd’hui le 11 décembre. Google News n’avait rien de rien sur la RDC. Il y a eu des voix courageuses qui se sont élevées pour rompre ce silence. Obligé de procéder par déduction, on ne peut que conclure que la volonté de liquidation de l’humanité et de liquidation de son histoire, une fois de plus cherche à s’affermir. On constate ici la même logique qui opérait dans l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid où le sentiment prédominant des blancs était que eux seuls pouvaient défendre la civilisation et que si les noirs arrivaient au pouvoir il y aurait un bain de sang. La logique opérant ici est que seul le Président en place depuis 2006, quelque soit le niveau de la fraude électorale, est la meilleure personne pour les Congolaises et les Congolais.

Serait-il qu’en RDC seul un petit groupe, avec l’appui de « ceux qui comptent », soit le seul capable de répondre « comme il faut » aux Congolaises et aux Congolais qui n’en veulent plus ?

Sur ce point-ci aussi, il vaut la peine de lire, encore une fois un des articles de la DUDH (art. 21) :

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis. ?
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays.?
3. La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.
Nous voici au 12 décembre 2011.
Des voix s’élèvent pour dénoncer la fraude électorale, mais, en même temps appellent au calme tout en condamnant la violence. Et de conseiller, ces mêmes voix, aux opposants et à leur candidat, de recourir à la Cour Suprême ; tout en sachant que les décisions de cette Cour Suprême iront dans le même sens que la mascarade électorale. Dans l’état de délabrement des institutions en RDC, un des objectifs délibérés du pouvoir en place, il est permis de se demander si cette Cour Suprême aura le souci de s’inspirer de l’article 31 de la DUDH qui dit :
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

D’autres voix, fortes, courageuses, sereines font penser à Patrice Lumumba, lui aussi victime de la logique prédatrice qui a toujours guidé les rapports entre l’Afrique et l’Occident. Mis à part sa lettre à son épouse Pauline, nous ne saurons jamais ce que Lumumba pensait durant les dernières semaines, jours, heures de sa vie. Mais sur base de cette lettre, de son discours du 30 juin 1960 et d’autres documents écrits, il est possible d’imaginer une pensée qui cheminait sur les traces d’autres ancêtres qui avaient rejeté toute infidélité à leur conscience.

Pour l’Europe et ses alliés, Africains et non Africains, l’Afrique de « celles qui ne doivent pas compter » doit être soumise, s’il le faut, par la force. Dans cette Europe et quelques alliés, il y a des exceptions, mais la discrimination entre « celles qui ne comptent pas » et « ceux qui comptent » a fait des dégâts qui sont difficilement mesurables car à la fois les uns et les autres n’y tiennent pas, pour des raisons différentes. De ces rapports entre l’Afrique et l’Occident, l’histoire a donné naissance à un système monstrueux, aujourd’hui globalisé, triomphant, même si le triomphalisme ambiant commence à se fissurer, face aux incertitudes dues à la crise dite financière. En fait, une crise de civilisation.

Cette crise ne pourra être résolue que quand les voix des laissé-pour-compte (les 99%) seront entendues comme elles sont, de là où elles sont, directement, sans intermédiaires, sans représentants, mais avec plus d’attention et de respect que les voix de ceux qui continuent d’être les fossoyeurs (1%) de l’humanité, de son histoire, de sa conscience.

Depuis le 30 juin 1960, le peuple Congolais a pris conscience de la nécessité urgente de s’émanciper des mentalités et des habitudes acquises au cours des rapports avec les producteurs d’un système sans conscience et dont le contrôle, visiblement, est en train d’échappé aux parrains. Le peuple Congolais, (comme d’ailleurs tous les peuples dont l’intégrité physique et psychique a été violé, et continue d’être violé), malgré des apparences trompeuses, n’a jamais oublié les messages de Lumumba. Ces derniers jours démontrent que sa prise en charge est aussi une prise de conscience de ses responsabilités vis-à-vis de soi-même, mais aussi vis-à-vis de l’Afrique et de l’humanité tout entière.

En ces jours qui entourent la commémoration des 50 ans depuis la mort de Frantz Fanon (6 décembre 1961), il est plus que pertinent de penser à lui, surtout pour le peuple Congolais car il avait déclaré durant l’automne de 1961: « J’ai deux morts sur ma conscience que je ne parviendrai jamais à me pardonner : Abane Ramdane et Patrice Lumumba ».*** Mais, en outre, dans sa conclusion des Damnés de la terre, il écrivit des phrases inoubliables, mais que l’Europe n’aime pas entendre parce qu’il encourageait l’Afrique à faire peau neuve sans chercher à imiter une Europe discréditée :

« [Mais] si nous voulons que l’humanité avance d’un cran, si nous voulons la porter à un niveau différent de celui où l’Europe l’a manifestée, alors il faut inventer, il faut découvrir ». (Paris : La Découverte, 2002, p. 305)
Ainsi tout observateur attentif de ce qui se passe en RDC pourrait dire :

À la terreur mise en route pour faire peur
La conscience s’est mise à l’heure
Et fera peur
Aux tueurs,
Dira non
Aux corrupteurs
Non aux pleurs
Oui infini à la conscience

Seule émancipatrice
« Quand le monde sera une tour de silence
Où nous serons la proie et le vautour »
(Aimé Césaire, « Batouque » in Les armes miraculeuses, Gallimard, 1970, p. 64)

***Belaïd Abane, « Frantz Fanon and Abane Ramdane : Brief Encounter in the Algerian Revolution » in Nigel C. Gibson (Ed), Living Fanon : Global Perspectives. Palgrave Macmillan, 2011, p.42.

Congo’s democratic elections threatened by lack of aid

By Jason Stearns, Guest blogger / October 28, 2010, The Christian Science Monitor
The Democratic Republic of the Congo is gearing up for the 2011 election, but a lack of foreign aid – prompted by dissatisfaction with its human rights record and increasing violence – could prevent implementation of democratic safeguards.
http://www.csmonitor.com/World/Africa/Africa-Monitor/2010/1028/Congo-s-democratic-elections-threatened-by-lack-of-aid

Joseph Kabila, President of the Democratic Republic of Congo, speaks during the closing news conference at the Francophonie Summit in Montreux, Switzerland, which took place Oct. 22- 24 in Montreux. Some 70 heads of state and 3,000 delegates attended the summit that focussed on issues of global governance and democracy, sustainable development and cultural diversity.streaming Alien: Covenant movie

Just a few months ago, President Kabila’s outlook wasn’t too bad. He had achieved debt cancellation, freeing up a substantial amount of money in his budget, he had made (tentative) peace with his longstanding external rival Rwanda, while his longstanding internal rival Jean-Pierre Bemba will be standing trial in The Hague in November. If the case of Thomas Lubanga is anything judge by, Bemba could be in the docket for quite some time – Lubanga has been standing trial since January 2009 – apparently disqualifying him from participating in the Congolese elections of November 2011.

The economy is set to grow by over 6 percent next year and the IMF continues to make rosy statements about the country’s economic outlook.

Now, the mood has changed. Violence continues in the east, and there have been three briefings to the UN Security Council already in the past few months about sexual violence in particular. The cancellation of First Quantum and Tullow’s mineral and oil concessions has affected investor confidence. And the death of human rights activist Floribert Chebeya – followed several months later by a similar death in prison of a Belgian-Congolese protester – has raised serious questions about the government’s dedication to good governance and human rights.

His foreign donors, who so amiably had canceled $12 billion in debt in July, are now balking at the cancellations of $2.9 billion of bilateral debt through the Paris Club. The World Bank is reportedly extremely frustrated with the government’s cancellation of First Quantum’s mining concessions in Katanga, which had been supported by the World Bank’s private investment branch, the IFC. The World Bank has allegedly suspended its project to reform the artisanal mining sector, called Promines. (The Bank’s official response is that they are still going through the required bureaucratic steps.)

To make matters worse, Vital Kamerhe, the president’s long-term ally turned rival, has apparently finally decided to run and has begun discussions with the UDPS and MLC opposition parties, seeking their support. If he does get their support – even if just for a second round of the presidential election – that alliance between strong western, central and eastern candidates could be a serious threat to the regime.

It is within this chilly climate that the Congolese government is asking donors to supply around $346 million from donors and MONUSCO to fund the 2011 elections. They have also asked for increases in general donor budgets.

The answer has not been enthusiastic so far. MONUSCO’s budget is on the wane. The US government, according to one source there, has until now only set aside $4 million in his aid budget for the elections.

This is not good. if we do not fund elections, we will not be able to help Congolese civil society set up the necessary safeguards – election observers, oversight structures, audits – and we won’t have the diplomatic clout needed to be heard in Kinshasa. The international community loves to wring its hands about not having any influence over the government in Kinshasa, only to disburse almost $3 billion in funding to the country. While I understand that it is difficult to tie this funding, most of which goes to humanitarian and infrastructure projects and is not fungible, to concrete conditions, I think we can do better.movie John Wick: Chapter 2 2017 streaming

– Jason Stearns blogs at Congo Siasa http://congosiasa.blogspot.com/