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La lutte à mort entre l’inconscience du capital et la conscience de l’humanité

Comment les humains sont-ils arrivés à cette situation où un système organisateur d’un mode de vie, d’un mode de penser, est en voie de liquider la seule force capable de faire front et, pourquoi pas, de renverser ce processus d’usurpation ? Comment l’inconscience du capital forgée pendant des siècles est-elle parvenue à contrôler et, finalement, soumettre la conscience de l’humanité à ses ordres ? Comment est-on arrivé à une forme de dictature plus forte que toute puissance militaire, nucléaire? Comment, finalement, un mode de penser, d’organiser les rapports économiques est parvenu à se présenter comme créateur de richesses, alors que dès le début de son existence, il a toujours été fondamentalement destructeur, prédateur ? Cet essai ne pourra pas répondre à toutes ces questions. L’objectif est d’attirer l’attention sur un processus de destruction qui, tout en détruisant, se présente systématiquement en son contraire. Et cela, en apparence du moins, avec l’acceptation parfois consciente, parfois inconsciente de l’humanité. Très longue et complexe histoire, les quelques paragraphes qui suivent ne peuvent qu’en effleurer la surface. Cependant, le pressentiment d’urgence oblige, au moins, d’en prendre la dimension, car il y va de la survie de l’espèce humaine.

L’histoire peut-elle encore poser les questions qui permettraient de comprendre où et comment l’errance de l’humanité a pris forme en mettant sur pied un système discriminatoire consciemment mis en place, mais dont les effets furent la naissance, la croissance de l’inconscience. Le capital ne peut pas être conscient ou inconscient, mais les capitalistes, à savoir, ceux qui ont organisé et maintenu son fonctionnement afin de toujours bénéficier de celui-ci, ne pouvaient que perdre la conscience de leur humanité au fur et à mesure qu’une partie de celle-ci était réduite à l’esclavage.

L’histoire elle-même, comment elle est enseignée écarte, presqu’automatiquement toute interférence qui pourrait poser des alternatives à la vision imposée par la naissance, la croissance d’une puissance de destruction dont la mesure est encore très loin d’avoir été prise. Les guerres coloniales, impériales du 20ème siècle ont renforcé la mentalité dictatoriale de l’Occident vis-à-vis des peuples conquis, colonisés. Dans la majorité des cas, l’histoire de ces peuples, malgré les résistances, malgré la conscience qu’ils avaient de leur humanité, des violences, des violations subies a été contée en recourant aux schémas mentaux imposés par l’Occident.

L’enseignement de cette histoire de la montée de l’inconscience du capital et de la nécessité de s’y soumettre est trop souvent reproduite par ceux-là mêmes qui sont les premiers à se présenter comme les grands résistants. Plusieurs mois avant sa destitution, Laurent Gbagbo se plaignait auprès de Colette Braeckman en décrivant les prescriptions de l’Occident : « Ils veulent que nous fassions un 1789 tout en étant surveillé par Amnesty International ». Il semble donc que, pour Laurent Gbagbo, seules comptent les dates phares de l’histoire de l’Occident. Ce qui s’est passé à Haïti entre 1791 et 1804, la victoire des Africains contre l’esclavage, l’universalité de cette victoire est moindre, dans la mémoire de Gbagbo, que 1789.

En cette période pré-électorale en RDC, on assiste à des pèlerinages vers les capitales occidentales des candidats à la présidence, pour se faire adouber, comme si nous étions encore au Moyen-âge, par les représentants des grandes puissances. Ces pèlerinages explicitent l’acceptation du statut de tutelle de la RDC. 51 ans après l’Indépendance, après que Patrice Emery Lumumba ait donné l’exemple de rompre l’asservissement, contrairement à sa vision testamentaire d’un Congo dont l’histoire ne se conterait plus à partir des capitales occidentales, on observe auprès des candidats à la présidence un comportement aligné sur la dictature de l’inconscience du capital.

Cette soumission n’est pas unique à la RDC. Elle se manifeste de diverses manières non seulement en Afrique, mais partout où le capital s’est installé et cherche systématiquement à renforcer les logiques qui découlent de cette histoire dictatoriale. Une de ces logiques dictatoriales est celle du marché. Les promoteurs de ces logiques ne se considèrent pas comme des inconscients. Tout au contraire, ces personnes ont consciemment adopté tous les comportements exigés par l’acceptation des logiques induites par le marché et tout ce qui, directement, indirectement, en découle : compétitivité, capitalisme, lois de la jungle.

Acceptation consciente d’un système dont l’entendement est délibérément faussé par ceux qui, historiquement, en ont bénéficié le plus. Quelle que soit la direction du regard sur l’histoire de l’imposition dictatoriale du capital sur l’humanité, ce regard rencontrera des marques indéniables, ineffaçables de crimes contre l’humanité, à condition que ce regard ne soit pas faussé par les effets destructeurs de l’inconscience du capital. Il est possible ou probable que certains des bénéficiaires de ce parcours, aient pu ressentir une gêne en se rendant compte qu’ils bénéficiaient de crimes à répétition. En observant ce qui s’est passé au cours des siècles, on est obligé de conclure que la gêne a été de très courte durée car la conscience qui a triomphée martelait que le crime payait trop bien pour être dénoncé comme tel. Dans les transitions allant de l’esclavage à l’abolition, de la colonisation aux indépendances, il n’y a jamais eu d’équivalent d’un Tribunal de Nüremberg ou même, plus près de nous, d’une Commission de Vérité et Réconciliation comme il y a eu en Afrique du Sud. Il n’y a jamais eu de processus de reconnaissance de l’errance des puissances esclavagistes, coloniales, impériales des crimes commis pour assouvir leur convoitise. S’il n’y avait pas une tendance à avoir peur de dire les choses comme elles sont, serait-il exagéré de conclure qu’à force d’impunité, ces puissances se sont convaincues que la liquidation de l’humanité est une excellente affaire.

Au nom de la défense des biens mal acquis (ou de l’American Way of Life pour ne pas signer le protocole de Kyoto) concentrés au fil des années dans des institutions financières de plus en plus puissantes, ces puissances se sont imposées comme juges et parties pour décider qui doit être amené et traduit à la Cour Pénale Internationale. La plus grande puissance militaire de tous les temps a refusé de signer la convention mettant en place cette CPI. Ainsi continue d’être renforcé un Code Innommable descendant mentalement du Code Nègre faisant de l’Afrique et de son territoire un terrain d’approvisionnement de ressources fondamentales pour l’enrichissement des banquiers, des compagnies d’Assurances, bref de toutes les forces qui ne peuvent vivre que de la prédation directe et indirecte d’autres êtres humains.

Peut-on dire, sans hésitation, que ces puissances politico financières mondiales issues de cette prédation multiséculaire sont habitées par la conscience de l’humanité telle que comprise dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ? Ne devrait-on pas dire que l’impunité des crimes commis au cours des siècles a conduit ces puissances à ne plus savoir distinguer entre la conscience de l’humanité et l’inconscience du capital ?

Ne devrait-on pas dénoncer la puissance des Tout-Puissants qui ne parlent qu’au nom de la défense d’un système dominé par l’inconscience des crimes contre l’humanité commis pour défendre ce qui, en conscience, est indéfendable ?

Mais comment dénoncer dans un monde où les plus vaillant(e)s porteuses/porteurs de la conscience ont été liquidés ou sont en voie d’être liquidés ? Sous l’esclavage qui a mis à sac l’Afrique, des consciences n’ont cessé de faire appel à la conscience de leurs bourreaux, vainement. De même sous la colonisation. Faut-il s’étonner qu’en ce 21ème siècle, le champ de bataille entre la conscience de l’humanité et l’inconscience du capital soit totalement dominé par l’inconscience?

Dans un monde où tout s’évalue par les lois du marché (un monstre anonyme, sans foi ni loi si ce n’est la recherche de la puissance), quelle est la valeur de la conscience face à l’inconscience du capital ? Dans un contexte où ce dernier se présente, en toute conscience, par la voix de ses plus grands bénéficiaires, comme le bienfaiteur d’une humanité que ce capital éradique au fur et à mesure qu’il se forge des arguties expliquant pourquoi ces crimes contre l’humanité ne méritent pas d’être ainsi nommés.

Durant ces derniers temps, on entend dire que l’humanité a commencé à prendre conscience des signes de plus en plus manifestes de l’inconscience du capital. Il s’agit là d’une façon indirecte de nier l’humanité de celles et de ceux qui s’étaient révoltés contre le génocide, l’esclavage et d’autres formes d’asservissement. Les Amérindiens et tous les peuples ayant souffert la conquête ont exprimé de diverses manières, généralement non rencontrées dans les archives, leur humanité par des révoltes et d’autres moyens. Mais, les bénéficiaires spécifiques et génériques des Crimes contre l’Humanité continuent de penser que le « crime paie ». L’impression dominante semble même dire qu’au plus le crime est immense, plus juteuse sera la récompense. Il n’existe aucun domaine de l’existence de l’humanité, aucun espace de la planète, où l’impact de l’inconscience du capital ne soit pas visible. La force de pénétration de l’inconscience du capital est seulement comparable à la radioactivité nucléaire : elle est inodore, incolore, invisible. Son impact ne semble être perçu qu’au moment où ses effets destructeurs sont devenus irréversibles. Jusqu’à quand ?

Du Code Noir (1685-1848) au Code Innommable (1492-aujourd’hui)(I)

La définition ou plutôt la pratique de ce code indéfinissable a été construit au cours des cinq derniers siècles. Par des mots et par des actes produits et reproduits à travers des rapports entre des membres égaux de l’humanité. Ces mots et ces actes venaient d’une conscience, et, à leur tour, ont eu des conséquences sur d’autres consciences de personnes qui subissaient la mise en pratique des mots et des actes. De ces mots et de ces actes sont nés un Code, même si celui-ci n’est pas formellement nommé comme le fut celui de Louis XIV (Le Code Noir 1685-1848). Ce Code a commencé par la conviction d’un segment de l’humanité de sa supériorité inhérente, indiscutable. Sa reproduction devait obligatoirement reproduire cette hiérarchie.

Pour les producteurs et reproducteurs de ce code, il a la particularité de ne pas avoir d’articles écrits. Cette particularité est aussi un avantage car il permet de changer au fur et à mesure des besoins des bénéficiaires. Les pratiquants de ce Code peuvent donc se référer à des grands noms des fondateurs, initiateurs de la liberté, de la démocratie tels que sous-produits de ce Code. En d’autres termes, ce Code peut être ajusté aux besoins les plus urgents du moment du maintien de la hiérarchie. Un crime contre l’humanité était né.

Au long de son application, ce Code sans articles est fondé et continue de se construire sur une vision d’un monde qui est sorti d’un processus de création de puissance qui ne peut accepter aucun concurrent. Toute possibilité de surgissement d’un concurrent est ressentie comme menace d’anéantissement. L’idée que cette puissance puisse coexister avec une autre vision du monde, une autre façon de penser et de vivre en rapport avec d’autres personnes est tout simplement irrecevable. Le maintien de la hiérarchie était devenu, pour les auteurs du crime contre l’humanité, une question de vie ou de mort de leur mode de vie.

La vérification de ces pratiques séculaires est visible dans le quotidien des affaires intérieures et extérieures des inventeurs du Code. Comme l’a fameusement proclamé le président Bush fils en réponse à la demande de ratification du protocole de Kyoto sur l’environnement, ce Code, qu’il a appelé, pour ces besoins-là, American Way of Life (AWOL en sigle) , n’est pas négociable.

En cours de fabrication, ce Code innommable s’est attelé à l’éradication des peuples Amérindiens, dans les Amériques. L’horreur fut telle, à un moment donné (1549), qu’un des travailleurs à la fabrication du Code, le Dominicain Domingo de Betanzos, abjura sur son lit de mort, face à un notaire, tout le mal qu’il avait dit sur les Indiens. Il ne fut pas le seul à se repentir et/ou à dire que les Indiens n’étaient pas des bêtes ou des barbares. Il y en eut plus qu’on ne le pense généralement, la coutume de ne pas trop salir la méthode de fabrication du Code n’a retenu qu’un des plus célèbres : Le Frère Dominicain Bartolomeu de Las Casas .

Ces protestations provoquèrent, parmi les Inventeurs du Code, un sursaut de culpabilité (on aimerait, mais on hésite, à dire, de conscience). L’empereur Charles-Quint et ses conseillers tenaient à ce que la Conquête soit conduite d’une manière honorable et chrétienne. Comment réconcilier les critiques du Code en construction et ses Inventeurs ? Face à Las Casas, les inventeurs invitèrent celui qu’ils avaient de meilleur dans leur arsenal idéologique : Juan Ginés de Sepúlveda, théologien, philosophe, Aristotélicien. Sa tâche était simple : rappeler à ces personnes tendres de cœur et de conscience les principes d’Aristote, à savoir que les Indiens méritaient effectivement le traitement qu’ils subissaient : bêtes de somme, esclaves.

La tentative de Codifier par écrit le comportement des Conquérants dans les Amériques n’aboutit guère, un peu comme un avant-goût des questions contemporaines qui ne parviennent pas à trouver de solution. Pendant cinq siècles le massacre s’est poursuivit, de diverses manières. En 1573, une loi fut promulguée en Espagne bannissant le mot « conquête » et y substituant « pacification » pour toute activité décrivant le travail des Espagnols en Amérique.

C’est ainsi que le Code innommable s’est forgé non seulement en Amérique, mais aussi partout où il y a eu des conquérants, en Afrique, en Asie, sur les océans, dans l’espace. Les catéchistes religieux et laïcs de la colonisation ont passé le bâton aux développeurs, et ceux-ci aux financiers de la globalisation, une terreur qui ne dit pas son nom. La terreur est une torture déguisée difficile de résister : qui va nourrir ma famille ? Si tout le monde le fait, pourquoi pas moi ? Face à la terreur, la peur est humaine : c’est pas mon boulot. C’est ainsi que le Code innommable prépara le terrain d’autres massacres non reconnus. Au long du parcours, les Inventeurs du Code Innommable se présentaient comme les meilleurs connaisseurs et protecteurs des Droits de l’Homme.

Par la peur et la terreur le Code innommable aimerait s’immortaliser, telle une réaction nucléaire incontrôlable. Comme au 16ème siècle, avant Valladolid, apparaissent des sursauts de culpabilité, et, parmi ceux-ci se multiplient, invisibles, des sursauts de conscience. Le Code innommable dans un imaginable cyclotron fuse à toute vitesse, tel un train en folie, vers le seul obstacle capable de l’arrêter : la conscience révoltée, seule représentante légitime de l’humanité. Nous sommes à ce point : de cette collision que sortira-t-il ?

Mandela’s New Book: Cultural knowledge is imperative if Africans are to achieve economic democracy

(GB-N.com) – Ayi Kwei Armah is one of the world’s literary giants. He lives in Senegal, West Africa where he conducts an annual writers’ workshop. Here he reviews Conversations with Myself by Nelson Mandela (Foreword by Barack Obama). This review was first published at http://globalbreakingnews.com/news/2653/86/Mandela-s-New-Book-Cultural-knowledge-is-imperative-if-Africans-are-to-achieve-economic-democracyReview Android Smartphone

Mandela’s new book, neither an autobiography nor a structured memoir, is a series of musings held together by the major intellectual concerns of the man.
It was conceived as a project of the Mandela Centre of Memory and Dialogue, whose Memory Programme director, Verne Harris, guided the selection of archival passages for inclusion. He also determined its literary form.
Mandela, too old and tired to take direct control over the book’s creation, entrusted his helpers with the prepress work. This arrangement produced a gentle tension rippling through the book. For though the helpers share Mandela’s political affiliations, it’s not certain that they belong to the same cultural universe.
The tension starts with the title, then quickly escalates into real philosophical conflict with the formal organization of the text. The text we can deal with briefly. Mandela is explicitly shy about autobiography. His reason is that the form can so easily be abused for self-flattery. This is a rather unusual, somewhat original attitude, especially in this age when every average fellow yearns to star on the TV screen. For a sensibility so little inclined to navel-gazing, the title Conversations with Myself is way too narcissistic. A bit more imagination, and Mandela’s helpers would surely have found a better title.
The matter of the organizational form chosen for the book is less trivial, for it concerns a question bound to grow increasingly important in these coming years: To which cultural universe does the personal memory of Nelson Mandela belong? To the collective memory of the oppressed Africans whose struggle for political emancipation he helped to lead? Or to the memory bank of European civilization, in whose name the defenders of apartheid declared Mandela and his comrades terrorists, and on whose behalf they arrested, incarcerated, and isolated him for over a quarter century?
The cultural world of Mandela’s captors, conventionally called Western civilization, has over the past millennium grown vigorously, extending its control from its small European homeland to all continents. In the process, it has elaborated an impressive discourse presenting itself as not just European, but as universal.
By contrast, the African cultural universe, the other matrix to which Mandela’s memory might be connected, has little institutional support on the world scale. European culture has publishing houses, film studios, major magazines, web sites and transnational broadcasting services to propagate its viewpoints worldwide. Mandela’s African world has had to fight even for the basic right to vote. So far, it has scant cultural, educational and media power with which to project its claim to world recognition. Hence the inertial tendency even of helpers to integrate into sumptuous institutions of the European universe, instead of creating the new institutions needed for the projection of African memory.
Yet, from what we know of African history and philosophy before Africa was turned into a hunting ground for slaves and a reservoir for the pillage of raw resources, African society originally set great value on memory management. That is what Herodotus, father of European history, meant when he described ancient Egyptians as the most historically conscious of people. It is what foreigners still mean when they describe Africa’s old cultures as ancestor worship.
What they mean is that memory management was long an indispensable element in the African way of life. Generations knew how much they could benefit from the experience of predecessors. They in turn would add to the common pool of ancestral memory, if they lived well according to culturally useful norms. For a society’s memory bank is the prime intellectual resource reservoir from which humans have normally fetched insights and inspiration for individual and social growth. The deeper the memory pool available to any group, the more profoundly innovative its members can be when seeking intellectual tools for solving the many societal problems of life and death.
Ancient African society preserved its social memory in a variety of media, in architecture and medicine, in sculpture and painting, in temple liturgies and lay music and, above all, in language. Scholars now take it for granted that Africa has traditions of oral memory dating back thousands of years. Less well known, but increasingly open to research, is the fact that a considerable portion of Africa’s memory bank consists of written texts. The latest to be unearthed come from the medieval colleges of Timbuktu and Djenne in Mali. The oldest are ancient Egyptian papyri and stelae, some more than five thousand years old.
The personal memories of exceptional individuals like Mandela form a logical part of a larger African memory pool. Those memories should stimulate interest and research in that great multi-millennial pool of our ancestral information, now hidden from most of us because of discriminatory educational policies designed in the past to retard our intellectual emancipation. That large pool of social memory would include the words, ideas and deeds of other liberators like Lumumba, Nkrumah, Malcolm, Cabral, Fanon and Diop, Williams, Douglass and Sojourner, and reach all the way past the medieval states to the time of unifiers like Amenemhat and the prototype of them all, Menes the leader who unified Kemet more than five thousand years ago. Mandela is keenly aware of a small part of this general tradition, and he mentions local heroes like Makana and the Khoikhoi Autshumayo with great respect for their record as would-be liberators.
The fact that most Africans cannot access this ancient pool of knowledge only means that we suffer from induced cultural amnesia. The remedy is serious, organized study, supported by continental African institutes equipped and funded to research all our historical, philosophical, artistic and scientific heritage. The appearance of books like Mandela’s can help to draw attention to a powerful and legitimate issue: the need to correct past epistemological injustices by creating and strengthening institutions for the preservation of Africa’s social memory.
Social memory management enables new generations to know what values their society had, over the millennia; what was considered useful and harmful, and what behavior patterns were destructive. That is part of the workings of every dynamic society. It was a standard aspect of African socialization until foreign invasions snapped the links of common memory.
Readers with a short view of African history think the first foreign invaders were 15th-century Portuguese, Dutch, French and English sailors. But these were latecomers. Persians invaded Africa more than two thousand years earlier. They were followed by Greeks (Alexander) and Romans (the Caesars), a little before the birth of Christ. By the fourth century after Christ, Christianity had become Rome’s imperial religion. One Christian Roman emperor, Theodosius, defined Egyptian culture, with its temples, schools, writing system, sculpture, art and pyramids, as a pagan manifestation of devil worship, and banned the teaching of hieroglyphs, Africa’s oldest written records. Africa’s social memory is still numb from that attack.
Arabs were the next invaders. They too called African culture pagan devil worship, and intensified the violent assault on Africa’s social memory. Africans have since then had a rough time reconnecting with the entirety of our social memory, while foreign experts keep trying to persuade us that we have nothing worth remembering, and would do well to integrate our personal narratives into their Arab or European social memory.
We can now pose the question more clearly: To which cultural universe does Nelson Mandela’s memory belong?
Like the legacy of all outstanding beings, it belongs ultimately to humanity at large. But where is its cultural home? Is it part of the collective memory of South Africans in particular and Africans in general? Or is it part of Europe’s globalizing civilization?
Verne Harris works at the Mandela Centre of Memory and Dialogue. Answering this question by integrating Mandela’s book into the tradition of European memoirs, he gives it a literary structure borrowed from a writer out of European antiquity, the 2nd-century Roman emperor Marcus Aurelius.
Question: Is it sensible to model an African freedom fighter on a Roman emperor whose job, after all, was the snuffing out of other people’s freedoms? Considering Mandela’s life and work, such an option calls at least for a rationale. Harris supplies one, by saying Mandela was ‘steeped in the classics’ (page xxi). By ‘the classics,’ Harris means the European classics. He concludes that Mandela was steeped in them because, says he, Mandela studied Latin at school, and later, at university and in prison, he sometimes acted in Greek plays.
The word ‘steeped’ implies a degree of immersion in European culture not borne out in Mandela’s statements. Concerning his intellectual achievements, Mandela evaluates himself as a “mediocre man.” By this he means his educational development was so structured that it did not allow him to rise above average levels of instruction. Consequently, he says he is someone who possesses “scraps of superficial information on a variety of subjects, but who lacks depth and expert knowledge on the one thing in which I ought to have specialized, namely the history of my country and people” (page 7).
Evidently, in his youth, Mandela wished to study African history and culture seriously. Because of apartheid, he could not. Even so, Mandela sought mentors, trying to learn about the African past. He listened to knowledgeable elders who “could trace the movements of each section of our people from the North.” He mentions Skota, Thema, Luthuli, Matthews, Marks, Kotane.
Normally, these mentors would have been researchers and professors teaching African history, philosophy and culture at universities and research institutions. But under apartheid, their information could only come to Mandela along informal channels. He says no one ever briefed him “on how we would finally remove the evils of colour prejudice, the books I should read in this connection and the political organizations I should join if I wanted to be part of a disciplined freedom movement. I had to learn all these things by mere chance and through trial and error.” (27)
In case you still wonder what kind of history Mandela dreamed of studying, consider his musings on a short 1962 trip to Egypt. He went not to study but on urgent business: to undergo a crash course in insurrectionary warfare as a necessary step toward dismantling European minority rule in South Africa. Yet he remembers: “My chief interest was to find out the type of men who founded the high civilization of olden times that thrived in the Nile Valley as far back as 5000 BC. This was not merely a question of archaeological interest but one of cardinal importance to African thinkers … concerned with the collection of evidence to explode the fictitious claim that civilisation began in Europe and that Africans have no rich past that can compare with theirs.” (Page 95).
In a 1987 letter to the South African university administration, Mandela wrote: “I hereby apply for exemption from Latin I on the following grounds. Although I obtained a pass in this subject in the 1938 matriculation examination, and … passed a special course in the same subject at the University of Witwatersrand in 1944, I have forgotten practically everything about it.” Elsewhere, Mandela also requests permission to substitute African Politics for Latin. Hardly an avowal of deep immersion in the European classics.
Patently, Mandela would have loved to plunge his consciousness into the long stream of African history and memory. His memory managers and publishers, on the other hand, seem content to integrate his memory into the Western cultural universe. This tension surfaces, in other parts of the book, sometimes so subtly a casual reader might miss it.
Mandela is much written about. Readers might therefore expect to find little that’s new here. Yet there are mild surprises. One is Mandela’s stance on the issue of ‘natural’ rulers. Born a Xhosa prince, he might be expected to favor chieftaincy. On the other hand, his rational politics made him a champion of universal equality. So do his political convictions outweigh his inherited prejudices?
Mandela’s response will surprise egalitarians. “We must never forget,” he says, “that the institution of traditional leaders is sanctified by African law and custom, by our culture and tradition. No attempt must be made to abolish it.” (page 14). Given the sorry record of hereditary rulers in the African people’s spoliation, this sounds odd, but only if we assume, that Mandela is a born revolutionary.
On examination, he seems to be a man of conservative temperament, with a sense of decency, inclined not to overthrow systems but to seek reasonable compromises in situations of conflict. If such a man was drawn to embrace armed insurrection, the reason lies less in his temerity than in the cruelty of the system he fought to end, apartheid.
Like Nazism, apartheid is conventionally presented as an aberration in European history. In fact, it was part of the worldwide expansion of Europe, the globalizing process that replaced the populations of North and South America, Australia and New Zealand with immigrant Europeans, and transferred other people’s land and wealth to European descendants. In Africa, that European adventure was most intense in Algeria, Kenya, Zimbabwe and South Africa. In the conflict between South African democrats and apartheid supremacists, European nations such as Britain, France and Germany, along with the USA, were not bystanders. They were active allies of the white supremacist regime.
There is an occasion in this book for looking at that fact, but it gets fumbled. In a discussion with Ahmed Kathrada, an ANC comrade, Mandela is prodded to remember the moment of his betrayal and arrest. Mandela, disguised and underground, was driving to an appointment with a U.S. embassy contact. The contact tipped off the apartheid security service, and Mandela was taken off to spend twenty-seven years in jail.
In the retelling, there is no mention of the part played by the American embassy. Instead, we are served shreds of misleading gossip. Did Walter Sisulu betray Mandela? Was it Kathrada? Red herrings. The issue is handled as if it belonged to the field of trivia. The impression this casualness creates is that the struggle is past, no longer a matter of serious attention.
For the decision to integrate Mandela’s memory into the narrative of European social thought seems based on the assumption that with the achievement of the formal right to vote, the struggle for the emancipation of Africans in South Africa is over.
Such a supposition would be tragically shortsighted. Deeper than the political struggle lies the pending struggle for economic democracy. It cannot be waged intelligently unless the oppressed know who we are, who we have been throughout history, and what our relationship ought to be to the material and intellectual resources we need for living: the land, the air, the subsoil and environmental resources of our continent.
As long as Africans lack this cultural knowledge, our leadership will continue selling raw materials, raw energy, raw labor, which means they will continue creating poverty and unemployment at home, because they don’t know that Africa has a tradition in which unemployment is unacceptable, land cannot be sold, and resources are not for export, but for use in industry and agriculture involving every living adult in gainful work and shared prosperity.
Mandela’s generation were prevented from acquiring this salutary knowledge of African history. Still, they did a great job for posterity by courageously confronting apartheid and forcing it to concede the political franchise. They thus opened the way to the future, assuming that the vote can be used to create hugely better educational and health facilities. In that sense, they played the special role of the Vulindlela in South Africa, and the Wpwawt in ancient Egypt. They opened closed ways.
It is for coming generations of Africans to widen the now open ways to knowledge, to spread knowledge of regenerative values, and to use that knowledge to organize our society more creatively than any invaders ever did or could.
Mandela is a master of the self-deflating quip, a short, Zen-style statement that, by pricking his iconic persona down to a miniature, reveals hidden realities behind the public image. Remembering the decision to adopt armed struggle over fifty years ago, he laughs at how cheaply he was initially outvoted by conservative ANC officials. More funnily, when he wished to recognize the exceptional contributions of African teenagers to the liberation struggle by lowering the voting age to fourteen, he was lampooned in a cartoon that implied he favored giving the vote to babies in diapers. “I did not have the courage,” says this courageous man, to pursue the matter.
This book contains another such insightful quip. “Frequently over the years since his release he (Mandela) has teased visitors and guests with the comment that he is still not free, while pointing a finger at his personal assistants: ‘And these are my jailers.’” (p.321).
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Haiti, Aristide, Fanmi Lavalass: Being a call to reclaim history, humanity, Africa, the commons

Haiti, Aristide, Fanmi Lavalass:
Being a call to reclaim history, humanity, Africa, the commons.

A call to foes
who plug their ears hoping
not to hear their conscience’s call
for fidelity
solidarity
with Haiti

A call to friends
Wringing their hands
Waiting to follow the brave
Sufficiently outraged
To risk everything
To make humanity
one
healed
in Haiti

A call to those
In between, soooo
Comfortable on the fence
Looking at suffering
Enjoying the spectacle
Of a family seeking
to reconnect with
all of its members
from South Africa
to Haiti

Is it not time to stop the 200 years and more of suffering of the people of Haiti? Isn’t more than 200 years of solitary confinement enough punishment for doing what humanity was in greatest need of: Equality, Freedom, Justice, Dignity? Is it not time to stop and think about how best for humanity to become one again? Is it not time to end –select your words— the solitary confinement , exile, résidence surveillée, relégation, of Jean-Bertrand Aristide in a country freed from apartheid?

Following the earthquake on January 12, 2010, emergency alarm bells went off in the military/political power centers of the world. In the minds of the most powerful governments, i.e. those who got together to make sure that President Jean-Bertrand Aristide be taken out of Haiti, the first order of business was to secure/maintain their order on the island. Securing an order that for more than two centuries has been framed by constant punishment of those (and their descendants) who managed to break free from the rule imposed by the Code Noir issued in 1685 by the French Monarchy. That Code rationalized the Africans to be movable property (biens meubles), i.e. not human beings. It was a way of legalizing the beginning of a never ending crime against humanity which can also be seen as a splitting of humanity which, to this day, has not ceased.

Between 1792 and 1794, the Convention declared the end of slavery. Then, came Napoléon Bonaparte and the vengeful restoration of slavery everywhere. How virulent that process was, has been described in many books, among them CLR James’s Black Jacobins and, more recently Claude Ribbe, Le Crime de Napoléon. Following the failure to reinstate slavery in the place which had gotten rid of it without permission, France and its allies forced Haiti to pay compensation for the lost of property (the slaves and the sugar plantations).

Jean-Bertrand Aristide, his team and supporters, mostly the poorest of the poorest –Fanmi Lavalass—insisted that there be restitution, i.e. the compensation which had been paid from 1825-1826 through 1947 had to be given back to Haiti.

The case of Aristide’s kidnapping (in April 2004) and subsequent imprisonment in South Africa, and the latter’s shameless opposition to his return to Haiti following the earthquake on January 12, 2010 is one of the most heartless crimes ever conscientiously and consciously committed by the so-called Western community on people in danger. It is like the collective raping of a people in the process of healing. It is like a repetition of the splitting apart that wrenched the Africans from their land, their families in order to feed the insatiable predatory monster in the process of being born across the Atlantic.

How wrenching the history of Haiti has been cannot be imagined by those who see themselves as the descendants of those who asked for compensation. The violators managed to pass themselves as the victims of what has, since May 10 2001, been recognized by the French National Assembly (Loi Taubira) as a Crime Against Humanity. Pierre Nora, a famous historian, protested the passing of that law. Pierre Nora’s logic is not unlike the professor who, in graduate school, reminded me that historians could not apply the morality of 20th century to what happened in the 19th century. At the time, I could not think of the obvious answer, i.e. the Africans, back then, did not consider themselves as objects, but as human beings, as fully part of humanity, but since the Code Noir was the instrument for reducing them to objects, historians are supposed to submit to that legal document as if that document superseded what the Africans considered themselves to be.

For the past five centuries, the mindset which has grown hand in hand with capitalism has blinded humanity to one of its fundamental tenets, namely that it is one and that its splitting apart must stop. What is at stake in Haiti is much bigger than how the jailers of Aristide and their allies would like to frame the issue.

But before calling on them to correct their ways, one should attempt to explain to ourselves and to them what has been happening to the commons, history and Africa. This is crucial for the simple reason that the so-called political and military leaders of the world have always looked at Africa, and its history as an extension of the commons, i.e. to be enclosed at will for the purposes of benefiting the specialists of enclosing. Keeping in mind that the enclosure movement has moved far beyond land and see to assault what was once considered sacred: humanity’s conscience.

It is important to draw the attention of these masters of the enclosing process to how those who are being enclosed have seen, felt the process. Long before the splitting of the atom, humanity began to be split apart and became one of the most enduring roots of capitalism, a predatory system that is unaware of how predatory it is.

Africans from Africa (Kimpa Vita and the Antonins), on the way to the ships, on the ships themselves (Ayi Kwei Armah’s Two Thousand Seasons), in the Caribbean, in the Americas, refused to enter the equation being prepared for them to be fodder for something which is now called globalization. The knowledge of how that history has unfolded is still embryonic, at best.

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Why the vindictiveness against Haiti, against Aristide, against Fanmi Lavalass? What is it in the contemporary history of Haiti that frightens the ever modernizing enslavers?

What happened between 1791-1804 in Saint Domingue was not supposed to happen. The dominant mindset was certain that slaves could not think outside of what they were expected to be: slaves. However, a good half of them, at the time, had been born in Africa: free. They did not need to learn about freedom from the philosophers of the Enlightenment. Therefore, when the Africans resolved to free themselves and organized themselves accordingly, they achieved the unthinkable, the improbable, the forbidden.

For more than two hundred years, the descendants of the revolution which went beyond the French Revolution have never forgotten what had been achieved through commitment, organization, determination, emancipatory politics. At the same time, for more than two hundred years, the descendants of those who were defeated have vowed to crush any person, and/or group of persons who might appear like carrying on in fidelity with the spirit of 1791-1804. The descendants of the ones who committed crimes against humanity have vowed to keep Haiti as a source of the cheapest possible labor available to the US. Poverty must be maintained at all costs so that people would be willing to work at any price that might be offered.

In order to demonstrate that the action of 1791-1804 was wrongheaded, the current leaders of the most powerful nations are determined to keep hammering away at the following lesson: Challenging power shall always be punished with the greatest severity. In cases where victory was achieved (as in 1804) the punishment shall be incalculably harsher.

According to such a view, Haiti shall get poorer and poorer and the richest nation on earth (for now) shall get richer and richer. The shameful inequality based on an even more shameful history of repeated crimes against humanity will continue smashing (as in the linear accelerators) the small matter we call humanity’s conscience. One day what is left of it shall be pulverized just in the same way that human beings were pulverized in Hiroshima and Nagasaki. This experiment has been under way for the past 5 centuries. Now and then carriers of humanity’s conscience rise up. Like Aristide, like Fanmi Lavalass, like Pierre-Antoine Lovinski, the rule is “smash them”.

If the final act being programmed, i.e. the annihilation of humanity, is going to be stopped, then allowing Humanity to be one in Haiti could help suspend the looming fatal end of humanity.

Following the earthquake, if common sense and solidarity had prevailed, Jean-Bertrand Aristide would have come back because at times like these, one would have expected those who had engineered his kidnapping and subsequent incarceration in South Africa might have relented and allowed the Haitian people to be one again.

It is never too late for common sense and solidarity to re-emerge, but, for that to happen, there will have to be the kind of worldwide mobilization that brought about the formal end of apartheid. The cancer of apartheid without a formal capital has continued to spread. This is the only conclusion one can reach if one is going to explain how the South African government accepted to be the post apartheid Robben Island for Aristide, with the apparent silent acceptance of all the African leaders.

Surely, in fidelity to those who did say enough is enough back in 1791-1804, one can do better than just watching and/or wringing our hands hoping for a happy ending.

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The White King (2017) HD

Director : Jörg Tittel, Alex Helfrecht.
Producer : Philip Munger, Teun Hilte.
Release : January 27, 2017
Country : Hungary, United Kingdom.
Production Company : Proton Cinema, Oiffy.
Language : English.
Runtime : 89 min.
Genre : Drama, Science Fiction.

Movie ‘The White King’ was released in January 27, 2017 in genre Drama. Jörg Tittel was directed this movie and starring by Agyness Deyn. This movie tell story about Djata is a care-free 12-year-old growing up in a brutal dictatorship shut off from the outside world. When the government imprisons his father, Peter, and Djata and his mother Hannah are labeled traitors, the boy will not rest until he sees his father again.

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MAINTENIR LE CAPITAL OU L’HUMANITÉ ?

Appel pour la création d’un espace planétaire
pour la défense sans compromis de l’humanité

La bataille fait rage. Ce n’est pas une guerre mondiale, ce n’est pas une guerre contre le terrorisme. C’est de loin pire. Il s’agit de terroriser l’humanité jusqu’à soumission complète, une soumission qui se terminera, à se rythme, par l’annihilation de l’humanité comprise comme solidarité entre toutes les composantes de la nature. L’humanité n’est qu’une infime partie de cette nature. Cependant l’enjeu n’est pas présenté de cette manière. La globalisation d’un système prédateur qui se nourrit de l’humanité doit obligatoirement abolir l’humanité et tout ce qui maintient l’humanité en vie. L’histoire dit-on est écrite par les vainqueurs, mais à quel point sait-on que les vainqueurs en train d’écrire l’histoire vue sous le prisme de la globalisation sont les fossoyeurs de cette même humanité dont ils se prétendent être les défenseurs. Nous ne sommes pas les premiers à attirer l’attention sur la bataille des endroits communs (The commons).

La lutte pour maintenir ce qui maintient notre humanité date de la création de cette humanité, et non de ce qui s’est passé durant les cinq derniers siècles. Mais le fait de batailles spécifiques dans les pays où la prédation de l’humanité a pris une dimension incontrôlable amène à croire que les pensées et les actions les plus originales et innovatrices pour défendre l’humanité viennent exclusivement de ces pays. Et pourtant, si on posait la politique de la défense et du maintien de l’humanité comme l’ont fait les poètes, le désir de maintenir l’humanité prendrait immédiatement le pas sur la politique de défendre coûte que coûte le capital. Le cahier d’un retour au pays natal n’est rien d’autre que le cri d’un poète voyant mieux que quiconque les conséquences individuelles et collectives destructrices quand la priorité est donnée à la prédation. Dans un de ses poèmes le même Aimé Césaire avait résumé mieux que les mathématiciens, l’équation dominante de la situation où se trouve l’humanité en écrivant « quand le monde sera une tour de silence/où nous serons la proie et le vautour » (« Batouque », p.64 Les armes miraculeuses, Paris : Gallimard)

La globalisation est présentée de la même manière que fût présentée l’esclavage, la colonisation et l’apartheid. Dans les deux derniers cas, en particulier, la colonisation se présentait comme civlisatrice de la barbarie. L’apartheid de l’Afrique du Sud recevait tout l’appui militaire et politique de l’Occident car les défenseurs de l’apartheid se disaient le dernier rempart de l’Occident. Quand il apparut que la résistance contre l’apartheid partout dans le monde ne partageait pas cette vision du monde, les chefs politiques occidentaux décidèrent qu’il était temps de se mettre du côté des gens. Malgré ces changements, le système qui est né de l’esclavage atlantique continue de se renforcer dans la conviction que ce système est le meilleur qui soit en ce qui concerne l’organisation de l’économie. Comme la résistance contre l’apartheid, il faudra une mobilisation planétaire pour convaincre les prêtres de la globalisation que le système est, dans son essence prédateur et qu’il ne peut survivre que par la prédation.

L’industrialisation de l’esclavage domestique en Afrique par le biais de l’esclavage Atlantique fut possible justement en transformant les gens en proie et vautour. Pour survivre le désastre de la marchandisation d’un segment de l’humanité par un autre segment, des gens qui défendaient dans leurs mœurs, dans les cultes des ancêtres l’humanité comme sacrée se virent embarqués dans un processus de négation de leur propre humanité. Des blessures irrémédiables naquirent. Timidement on entend parler de « réparation » comme si un crime dont l’immensité ne pourra jamais être mesurée peut être réglé en recourant à une monnaie enracinée dans le crime lui-même.

Depuis les crises dites alimentaire, financière, écologique, ce qui reste de l’Occident cherche à poursuivre la globalisation de l’apartheid. Mais ici aussi la résistance se fait de plus en plus forte. Les premières fissures commencent à apparaître avec une réunion au début du mois de juin à Zermatt (Suisse) d’un groupe dont l’objectif est d’humaniser la globalisation en organisant des réunions annuelles sur la question. Des articles apparaissent dans les grands quotidiens visant à maintenir l’idée que le capitalisme est humanisable. Un professeur de philosophie en France, Daniel Innerarity a publié dans Le Monde du 18 juin 2010 un article sous le titre de « Mettre en place une politique de l’humanité ». Jean-Baptiste de Foucauld vient de publier un ouvrage L’abondance frugale (Editeur Odile Jacobs, 2010). Le sous-titre annonce la couleur : « Pour une nouvelle solidarité : mettre l’économie au service de l’humanité ».

Depuis qu’il y a eu rupture de l’humanité entre proie et vautour, la tour de silence s’est construite pour maintenir en place le système responsable de la destruction de l’humanité. Les voix qui s’élèvent ne peuvent être entendues grâce aux murailles sans failles construites pour qu’aucun son ne les traverse. Longtemps avant les murs discriminateurs de l’humanité ne soient construits au Moyen Orient, d’autres murs avaient été élaborés mentalement pour faire de l’acceptation de la rupture entre humanité proie et humanité vautour une langue ou un art de parler qui ne révolterait personne du côté des vautours.

Les crises récentes de fonctionnement du capitalisme sont présentées comme si elles dataient de ce siècle, à la rigueur de la fin du dernier siècle. Et pourtant, au long des cinq derniers siècles de l’humanité, les maîtres du système se sont organisés pour qu’aux moments des crises quelques proies puissent jouir du statut de vautour. La règle semble immuable comme on peut le voir en Afrique du Sud d’aujourd’hui. Les Nations Unies ont beau produire des textes et des résolutions cherchant à protéger les membres les plus vulnérables de l’humanité. Ces résolutions restent autant de vœux pieux comme on peut l’observer en Afrique du Sud. Là, les plus pauvres des plus pauvres sont poursuivis tout simplement parce qu’ils veulent s’émanciper de la pauvreté sans devoir recourir aux recettes habituelles offertes par des politiciens à la recherche de votes. Les pauvres ne veulent pas laisser à d’autres qui ne connaissent la pauvreté que du dehors, le soin de définir la pauvreté et, surtout, décider des mesures à mettre en place pour combattre la pauvreté.

En Afrique du Sud il est en train de naître un mouvement qui ressemble beaucoup à ce qui était né en 1994 au Mexique. AbahlaliBaseMjondolo (littéralement les habitants des bidonvilles en iSizulu) a compris que seuls les pauvres comprennent la pauvreté, d’où elle vient, comment elle s’installe de l’intérieur et de l’extérieur. Les experts de la pauvreté ne peuvent pas être les institutions qui furent responsables de son institutionnalisation , telles la Banque Mondiale, complices et promotrices d’un mode de penser et de calculer le rapport coût/bénéfice des limites supportables de la paupérisation de l’humanité.

Entre maintenir le capital à bout de bras et maintenir l’humanité, il est de plus en plus clair que les efforts les plus rageurs vont vers la maintenance du capital et de sa systématisation par tous les moyens, des plus violents aux plus doux. S’il fallait, froidement, sans émotion, faire l’inventaire des moyens utilisés pour réussir l’abolition de l’humanité, l’effroi serait tel que les gens qui s’y aventureraient préféraient reculer et désister. Le désistement s’explique par le fait, vérifiable, que les croisés de la globalisation sont tellement certains du bien fondé de leur entreprise qu’ils peuvent compter sur l’appui de celles et de ceux qui sont les plus opposés à la globalisation.

Où se trouvent, aujourd’hui, les plus grands défenseurs de la pauvreté, les plus grands promoteurs de l’égalité, de la justice ? Où se trouvent les plus grands défenseurs de la solidarité entre tous les humains ? Les institutions qui ont vocation de promouvoir et de pratiquer cette défense des plus vulnérables et des plus faibles sont, au long des siècles, sont devenues les piliers du processus inverse, d’une dynamique de destruction de l’humanité.

Inversions des valeurs et mécanisation de l’humain

Les appels à la raison, à la préservation de l’humanité, sont dérisoires comparés aux ressources aimantées par l’appât des gains qui peuvent se faire en tuant l’humanité. La majorité de l’humanité est encore persuadée de son humanitarisme, une pratique charitable de maintenir les liens entre les composantes de l’humanité. Cette certitude est cultivée et renforcée par tous les moyens. Le résultat est que l’humanité, à son insu, perd de sa substance, renonce à elle-même. La renonciation n’étant pas évidente, les pensées et les actes qui pourraient réveiller l’humanité à elle-même ne sont pas activées. En grande partie, semble-t-il, parce que les mécanismes de préservation, de l’instinct de survie, ont été remplacés par une mécanisation de l’humain.

Quelle que soit la direction que l’on se tourne pour vérifier cette assertion, les évidences s’accumulent, mais dans la bataille entre le maintien du capital et le maintien de l’humanité, démontre que l’humanité est comme un navire en perdition parce que les locataires du navire sont systématiquement encouragés à ne pas s’occuper de son état.

Le navire en perdition c’est la planète. Une planète asphyxiée par un mode de vie qui ne mérite plus ce nom car transformé en recherche mal déguisé d’un mode de survivre qui tue en séduisant ses victimes pour qu’ils acceptent l’équation impossible de devenir proie et vautour, comme le disait si bien le poète de l’humanité –Aimé Césaire—quand il voyait la fin de cette espèce. Il voyait cette fin à partir d’autres épisodes, trop bien connues, mais systématiquement dépecées, cuisinées, épicées et resservies ; oui l’histoire est devenue comestible et peut être dégustée comme un met des plus succulents. Pour ceux qui sont rassasiés de leur histoire, mais qui veulent entrer de plain pied dans la globalisation, ils renient leur histoire afin de la vendre encore plus facilement. L’histoire n’est pas que mémoire, c’est surtout la politique de comprendre comment interroger le présent et le futur à partir d’un passé où la recherche du maintien de l’humanité était une tâche quotidienne rythmée par des rituels et des cérémonies rappelant les devoirs de solidarité. C’est à ce prix qu’on évitera la tour de silence et qu’on sortira du choix impossible entre proie et vautour.

Comme Fanon l’avait noté dans sa conclusion des Damnés de la terre, les Africains et, nous ajouterions, tous les peuples qui ont connu de près ou de loin le processus de déshumanisation, sont appelés non pas à défendre les droits humains, écologiques, mais à parler haut et fort des devoirs de rompre avec le capital et tout ce qui sous des apparences altruistes, séductrices, poursuit avec frénésie la disparition de l’humanité. Seules les violées savent et comprennent que la fin du viol ne peut pas venir de ceux qui continuent de penser que le viol a été recherché par les violées. De même avec le capital et l’humanité. Cette dernière a été systématiquement violée par le capital. Tous les moyens ont été utilisé depuis la violence la plus féroce jusqu’à la séduction la plus douce.

La perdition de la planète est beaucoup plus avancée que ses prétendus défenseurs voudraient nous faire croire. L’article d’Andy Lichterman nous aide à mesurer un aspect presqu’incommensurable de la situation où l’humanité se trouve aujourd’hui, par rapport aux forces déterminées de défendre par tous les moyens le capital. À travers son essai il est possible de comprendre l’urgence de la tâche de ne pas laisser seulement un petit groupe privilégié, d’experts, de riches, de décider du destin de notre planète.

Nous ne pouvons plus compter sur des dirigeants et/ou des penseurs recroquevillés sur leurs petits intérêts. Par son engagement, son parcours, Pambazukanews peut jouer un rôle crucial dans la création d’un espace à l’échelle de l’ampleur de la tâche qui nous confronte, car la défense de la planète est devenue une obligation pour toutes ses habitantes sans exception