Category Archives: Jacques Depelchin

COMMENT SOMMES-NOUS ARRIVÉS ICI ? Avant de poser la question suivante : Comment sortir d’ici ?

Il faudra du temps, mais avec patience et persistance rien ne résiste à la conscience, archive immuable de l’humanité pour son unité.

Une question que presque tout le monde se pose de vive voix, en silence, en groupe, individuellement. Si on veut sortir avec des chances de s’en sortir vraiment et non pour mieux rester sur place, il faudrait disséquer tous les mots de la phrase.

Comment,
Nous,
Sommes arrivés,
Ici ?

On pourrait commencer par comment, mais peut-être, pour éviter les risques de confusion, faudrait-il commencer par essayer de savoir si « nous » c’est ce que tout le monde entend par « nous » ou s’agit-il là d’un abus de langage qui ne trompe pas les émetteurs, mais trop souvent trompe les receveurs/capteurs.

Qui sommes-nous ? Pouvons-nous encore parler pour nous-mêmes, soi-même en tant que soi-même à partir de là où nous parlons, de là où nous vivons, de là où nous travaillons, de là où nous défendons un nous qui n’est pas celui des politiciens, des premiers ministres, des opérateurs financiers, des professionnels de la religion. En long comme en large, il y a le nous qui est nous qui est aussi le soi. Mais il y a aussi le nous imposeur d’un nous imposteur, avec lequel le soi ne se sent pas à l’aise. Ce nous-là s’est imposé par la force, par la violence, par la séduction. Ce nous-là nous a floué tant de fois qu’il est difficile de savoir exactement quand cela a commencé.

Il arrive, en cas de danger, que ce nous imposteur apparaisse comme sauveur, mais cela sera l’instant du danger. Une fois celui-ci passé, le nous imposteur, caméléon, retournera à ses habitudes.

« Nous » fait-il partie de la fameuse communauté internationale qui paraît être le pilote automatique des politiciens cherchant à être inclusifs même quand ils savent très bien qu’ils s’adressent à un petit groupe qui se reconnaît dans cette CI, une espèce d’anti chambre d’une autre communauté aux initiales apparentées, la CPI. Arme juridique de pays qui se font passés pour pacifiques alors que leurs pratiques en a fait les pays les plus belliqueux, les plus armés, les plus va-t-en guerre d’une planète de plus en plus plongée dans la détresse.

Il est possible de tracer la descendance de ce nous-là. Un « nous » qui a ses racines dans un crime qui passait pour une nécessité, une question de vie ou de mort pour une fraction du « nous » écrasant tout sur son passage, y compris les gens qui les avaient chaleureusement accueillis sur leurs terres. Conquérants d’un vaste territoire, cette fraction du « nous » avait besoin de gens pour cultiver ces terres, pour les « mettre en valeur » (une expression qui deviendra courante dans l’Afrique post Traite négrière).

Cette fraction du nous s’est toujours donnée des règles de conduite, des lois, des codes. L’objectif principal de cette fraction était de rappeler aux esclaves qu’ils ne faisaient pas partie de l’humanité. Le Code Noir lancé par Louis XIV (1685) les considéraient comme des biens meubles, moins donc que le bétail, mais, comme le bétail, frappé au fer rouge pour rappelé aux acheteurs que ce bien meuble avait été la propriété de la monarchie régnante française dont l’emblème était la fleur de lys.

Bien qu’on y trouve un article interdisant la torture, ce Code (formellement en vigueur jusqu’en 1848), contrairement à ce que pensent encore certaines personnes, n’avait pas été mis en place pour défendre les droits des esclaves. Il fallait éliminer dans la tête des esclavagistes toute possibilité de penser en solidarité en voyant ces personnes enchaînées, car les regards de ces personnes disaient : « comment pouvez-vous faire ce genre de choses à nous qui sommes comme vous, des êtres humains ? » À travers le Code, les esclavagistes tenaient à s’assurer qu’il n’y aurait pas d’hésitation ou de vacillation dans les rangs des civilisateurs.

Cette fraction discriminatrice du nous s’est construite une histoire qui a très peu de choses à voir avec le nous que cette histoire a broyé sans états d’âmes puisqu’il ne s’agissait pas d’êtres humains.

Comment ce broyage, cette réduction en poussière s’est-elle faite ? Ce nous qui a été broyé devait disparaître, ainsi que son histoire, pour qu’il ne reste que l’histoire de la fraction du nous. C’est comme si, il y a quelques siècles, une partie du « nous imposteur» avait décidé de construire une machine invisible, mais efficace dans la fission de l’humanité. C’est comme si cette partie de « nous » s’était mise à l’œuvre pour faire éclater l’humanité afin de savoir sa constitution.

Est-ce possible de penser que les esclavagistes furent les proto inventeurs du cyclotron de Genève. L’esclavage a fonctionné comme le cyclotron. Les particules lancées dans ce cyclotron imaginaire étaient tous les habitants d’un Continent. Le Cyclotron avant le cyclotron n’avait pas de limite. Tout le continent Africain y est passé non pas pour découvrir d’autres humains, mais pour extraire de la fission de ces atomes de l’humanité tout ce qu’il était possible d’extraire et, en même temps faire disparaître non seulement les traces du crime, mais aussi l’existence de ces humains traités comme des sous humains.

Nous faisons partie de la matière. On peut tracer les origines du nous à partir du Bib Bang. Le nous comme l’univers que certains disent est plus qu’un, parallèles, multiples. Il ya convergence pour admettre que depuis le Big Bang il y a eu expansion. Le « Nous » est toujours en expansion, toujours en train de naître, toujours en train de se libérer de l’état antérieur.

Il y a un « Nous », il y a une humanité, mais il y a eu, en cours de route depuis le Big Bang des uns du « Nous » qui ont voulu se séparer des autres. Comment cela s’est-il passé ? Ce genre de question n’a vraiment jamais intéressé les spécialistes de la fission de la matière. Durant son expansion, le « Nous » réduit à la matière a gagné une autre dimension. Ou plutôt le « Nous » a commencé à acquérir une conscience. Les spécialistes intéressés ont découvert qu’il y avait plus que la conscience. Une espèce de boîte noire où sont enregistrés tous les faits, tous les silences, toutes les pensées, les accidents, bref tout ce par quoi l’individu qui fait parti du « Nous » est passé. Un espace entre le id, le ego, le super ego, entre le cortex et le néo cortex. Un endroit où, semble-t-il, personne n’aime visiter car on y trouverait des nous reconnus comme criminels, côtoyant des nous respectables. Ces derniers sont supposés ne rien avoir de criminel. film The Dark Tower online

Comment ?

Les temps où nous sommes arrivés, c’est un temps, mais c’est aussi un espace, une croisée des chemins où tous les différents « nous » se retrouvent face à face, certains visibles, d’autres invisibles, des petits, des géants, des minables, des paumés. S’y retrouvent dans cette croisée des chemins des nous à particule, d’autres sans particule, des misérables, des scélérats, des exécrables, des vauriens, des va-nu-pieds, des millionnaires, des super millionnaires. S’y retrouvent des « nous » qui n’auraient jamais pensé se retrouver en telle compagnie.

Et chacun de nous de se demander sans arrêt : comment ?

En chemin vers la croisée des chemins chacun des « nous » était devenu une particule de l’humanité détachée de l’humanité, et ne se posait pas (ou presque pas) de questions. Voyant de loin l’attroupement, chacun des « nous » a commencé à se poser des questions. Une ne cessait de revenir : comment ?

Avec les questions, apparaissaient aussi des nouvelles forces, une nouvelle énergie comme si la rencontre d’autres « nous » longtemps inconnus, renvoyait une image d’un « nous » plus grand, plus fort, plus accueillant, plus solidaire. Ce courant, une onde, une pulsion solidaire filait invisible entre des millionnaires en argent et des millionnaires en souffrance. Un autre monde est en train d’être découvert sans conquérants, sans conquis.

Un autre monde est possible
sans prédation
Toujours plus distant
de la compétition
Un monde plus solidaire cherchant,
Errant, visant
Justice et vérité
aussi loin que possible
de la compétitivité
des marchés
chien de garde planétaire
tel un dieu glorifié
sans foi ni loi sinon celle du profit
du mensonge, de l’impunité
accumulateur de puissance
effaceur de cette particule
incommensurable quelque soit le cyclotron
invisible, indestructible, joyau et archive de l’humanité :
conscience la protectrice de tous les nous,
barrière incorruptible

Au fond cela a commencé simplement : qui mentait le plus gagnait le plus. Gagnait quoi ? Peu importe la réponse car la clé était toujours la même : mentir, se mentir, faire mentir. Dire, faire, déclarer, penser « nous » comme s’il s’agissait de tous, d’une seule humanité, mais agir seulement pour soi. Et appeler cela la liberté, l’égalité, la fraternité. Mentir, petit à petit, est devenu un comportement des plus forts, écrasant les faibles. Dans des coins de la planète, des traités furent signés entre les conquérants et les conquis, mais quand les conquérants ont eu besoin de plus d’espace, ils se sont comportés comme si ces traités n’existaient pas. Une leçon que les violeurs n’ont jamais oublié, vu les dividendes qui n’arrêtent pas d’accumuler le confort des plus forts.

Ils avaient alors déclaré : nous voulons vivre en paix avec vous. Le nous des conquérants écrase, broyé le nous des conquis, propage parmi les conquis la tentation de devenir prédateur. La compétition pour être le plus fort a lancé une guerre sans fin entre tous les membres de l’humanité. Les plus pacifiques ne savaient pas, ne pouvaient pas savoir d’où venait la guerre, car les pulsions prédatrices, essentielles pour survivre semblaient pour beaucoup de nous quelque chose d’un autre temps dépassé à jamais. La prédation ne semble appartenir à aucun temps. Sans corps, sans temps, toujours présent. Et donc non attribuable automatiquement à des nous « mauvais », car, on peut le voir, des nous qui se disent au-dessus de tout le monde, des donneurs de leçon en tout : la paix, la vérité, la démocratie sont les plus grands violeurs de ces trois principes de survie de l’humanité.

Aujourd’hui les mêmes conquérants d’alors n’ont pas changé de mentalité : le mensonge a toujours payé. Il n’est pas impossible que c’est de cette mentalité que nous vinrent des expressions telles que :

« mentez, mentez il en restera toujours quelque chose »,
« un mensonge répété des milliers de fois finira par être pris pour une vérité »

Ainsi la puissance la plus guerrière, la plus va-t’en-guerre, peut se déclarer la plus pacifique bien que ses troupes soient basées dans des centaines de camps militaires en dehors de ses frontières.

Est-ce étonnant que cette mentalité soit à la base du maintien des « guerres de pacification » dans des pays comme la RDC, le Soudan, la Somalie. Dans les Amériques l’entretien de ces guerres était appelé « guerres de basse intensité ». Leur point commun étant la liquidation de l’humanité

Évidemment, les menteurs ne se considèrent jamais comme menteurs. Pour eux, mentir, se mentir, faire mentir est devenu une habitude tellement bien ancrée qu’elle est devenue une vertu.

Ils font un inventaire annuel des violeurs des droits de l’homme et ainsi se font passer pour les plus grands protecteurs des droits humanitaires,
Donc des plus solidaires
Du reste de l’humanité
Mais en réalité des prédateurs invétérés

Ils se sont tellement mentis qu’ils n’aiment pas entendre parler de l’histoire. Dans un des États, une loi a été passé pour bannir des livres d’histoire parlant des nous qui furent des conquis par le passé. Motif du bannissement : ces livres propagent la haine. En d’autres termes, un nous qui a grandi en liquidant une partie de l’humanité se présente comme sa seule protectrice et, en même temps fait tout pour liquider l’histoire des nous qui veulent conter une histoire de tous les nous ancrée dans Mâât, justice et vérité.

(À suivre)
23 février 2012

QUAND LE NEGATIONISME TUE À PETIT FEU

L’histoire du développement guerrier et pacifique du nucléaire, surtout depuis Hiroshima/Nagasaki, dérange les consciences. Cette histoire de cloisonnement ou de confinement n’est pas particulière au nucléaire. Tout comme pour l’histoire du capitalisme, le mot d’ordre semble être qu’il ne faut pas s’inquiéter et que tout ira bien pour le meilleur des mondes. Avec le 25ème anniversaire de Tchernobyl, et les informations accumulées depuis cette catastrophe, il est permis de questionner cette manière idyllique de conter l’histoire.

Le refus de partager une information vitale pour la survie d’un groupe (famille au sens restreint ou étendu) aura un effet cumulatif quant aux répercussions négatives. Mais le problème ne se présente pas seulement à Fukushima. A chaque fois que l’histoire avance (recule ou fait du surplace), les forces qui ont tout fait pour qu’il ne sorte qu’une seule narration s’activent pour formater la continuation de cette narration selon leur version. Quelle que soit la crise dont il s’agit, il émergera une version qui a ses racines dans un processus de façonner le monde et comment penser les changements, ce qui doit changer, etc. selon la mémoire/l’objectif des vainqueurs.

Est-ce possible de penser en même temps la Lybie et Fukushima ?

Dans les ceux cas, à Fukushima comme en Lybie, on peut observer l’humanité faisant face à une croisée des chemins. Dans les deux cas, les organes dominant d’information discutent de scénarios et des solutions qui écartent les voies qui pourraient contrarier leurs intérêts à court terme. Habitués à toujours avoir le dessus les pays qui ont toujours dominé la planète cherchent à maintenir le statu quo de leur domination. Au cas où il y aurait résistance, le recours à la solution militaire sera automatique. Dans les deux cas, les organes d’information s’organisent pour présenter l’histoire de la Lybie et celle du nucléaire sous une forme tronquée. Dans les deux cas, on parle de crise qui sera résolue par les forces compétentes en la matière. Même si les experts apparaissent comme ayant violé les règles les plus élémentaires de recours à la négociation (Lybie) à la prudence (Fukushima), aucune des instances en place, au niveau des relations internationales n’ont les possibilités et/ou les moyens de les rappeler à l’ordre. Sauf si des voix, se fondant sur la conscience de l’humanité, rappellent aux tout-puissants le fait, somme toute banal, que cette toute-puissance s’est construite sur le silence consenti et/ou forcé du reste de l’humanité.

L’histoire de la Lybie ne commence pas en 1969 ou même avec la colonisation italienneWatch Full Movie Online Streaming Online and Download

En Lybie, la crise est présentée de telle manière qu’il faille recourir à une solution militaire pour sauver les opposants du colonel Kadhafi. L’argumentaire est celui des droits de l’Homme. Moralement il est sous-entendu que personne ne pourrait s’opposer à une telle entreprise. Cet argumentaire a des racines profondes dans l’histoire des rapports entre l’Occident et les peuples non Européens. Après l’esclavage et le fameux commerce triangulaire entre les Amériques, l’Europe et l’Afrique, l’Europe, par le biais de la Conférence de Berlin s’appropria l’Afrique, au nom de l’introduction de la Civilisation dans l’Afrique obscure. Les historiens à courte vue, aiment nous dire que le mode de fonctionnement du monde d’aujourd’hui a commencé durant la 2ème Guerre Mondiale. Ce n’est qu’en partie vrai. La Conférence de Berlin est le précurseur de la Conférence de San Francisco qui organise les Nations Unies et, dans la foulée, l’OTAN. Toutes ces organisations furent mis en place pour servir les intérêts de l’Occident

Pour occuper l’Afrique (avant et après la Conférence de Berlin), il a fallu des campagnes militaires. En RDC, ces campagnes étaient appelées campagnes de pacification ou « promenades militaires ». Elles ont continué jusque dans les années 30. Pour l’Occident dominateur, il ne doit exister qu’une histoire de ses rapports avec l’Afrique, il n’existe qu’une manière de narrer ses rapports avec Haïti. Cette histoire doit être dictée par l’Occident. Un Occident dont la mentalité est structurée par l’histoire d’Etats aux objectifs de colonisation. Un Occident d’où ont surgi les multinationales qui, aujourd’hui dictent les argumentaires avancés par les Etats. Il devient de plus en plus clair que les instances mises en place, par des États Nation, durant et à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ne font/feront plus le poids face aux défis actuels et à venir. Le poids des multinationales est tel que la logique et le mode de fonctionnement des institutions étatiques obligent un recours à des accommodements qui renforcent la loi de la jungle alors qu’on est supposé vivre dans un monde civilisé, démocratisé. La défaillance des structures politiques pour régler les relations internationales sera toujours compensée par la mentalité qui a conditionné leur mise en place (à Berlin, Yalta, San Francisco, Bretton Woods).

Pour les puissances qui se sont enrichies en asservissant/colonisant l’Afrique, le sentiment de culpabilité les conduit à se présenter comme les défenseurs de celles/ceux qui souffrent les atrocités commises par Kadhafi. Cependant, la question de savoir quelles sont les forces qui ont façonné l’émergence d’un dirigeant sanguinaire n’est jamais posée ou rarement discutée. Quand il y a discussion de changement de régime, les parrains et partenaires des régimes en question ne sont pas appelés à rendre des comptes.

Dans l’histoire de l’humanitarisme et des droits humanitaires il y a un escamotage systématique des racines non humanitaires des propagateurs de cette religion selon laquelle l’expansion du capitalisme ne peut être vue que sous l’angle des bienfaits. Les effets négatifs sont considérés comme mineurs. Très rarement, pour ne pas dire jamais, assiste-t-on à un examen sans complaisance des effets destructeurs de ce qu’il y a de plus sacré entre les humains, à savoir, l’humanité commune, le respect du principe de vie. À partir du moment où l’éclatement (appelons-la la fission) de l’humanité s’est produite et que commencèrent à se mettre en place les mécanismes économiques, financiers, politiques, sociaux, culturels et religieux de ce qui en quelques années deviendra le capitalisme, il se développa aussi une narration de cette histoire dont l’objectif a toujours été de rehausser les bienfaits du système. L’histoire de celles/ceux qui furent déclarés (Voir, par exemple, Le Code Noir) non humains, jusqu’aujourd’hui n’a pas été contée telle qu’elle a été vécue par ces témoins incontournables. Face aux dépositaires/héritiers de ces témoins, les descendants des rédacteurs du Code Noir ont appris mécaniquement la règle de toujours les réduire au silence. En vue de parfaire cette réduction au silence, il faut surtout éviter les possibles rapprochements avec d’autres errements.

Les régimes conduits par Hitler, Mussolini sont présentés comme des aberrations. Le tribunal de Nüremberg où seront condamnés individuellement des responsables aura pour effet de blanchir la part qui revenait au système. Et cela malgré les voix qui se sont élevés et qui, aujourd’hui continuent de s’élever. Le Tribunal de Nüremberg eut aussi comme effet collatéral de contenir l’histoire des régimes instaurés par Hitler et Mussolini à l’intérieur d’un conteneur de confinement étanche, afin qu’ils ne soient vus que comme des aberrations. Il ne fallait pas voir dans l’histoire des puissances de l’Axe (Allemagne/Italie/Japon) la pulsion coloniale s’en prenant à une zone et à des populations considérées hors limite.

Par un article du NYT en date du 14 avril 2011(Nuclear Cleanup Plans Hinge on Unknowns par Hiroko Tabuchi
) nous apprenons que pour les travaux les plus dangereux, la compagnie qui opère les réacteurs de Fukushima (Tepco) recourt à des travailleurs saisonniers par le biais d’une société spécialisée dans ce genre de recrutement de travailleurs. En d’autres termes, et cela ne date pas d’hier, à chaque fois que l’humanité s’est lancée dans une phase qui risquait de ne pas plaire à tout le monde, il a fallu recourir au secret. Dans l’industrie nucléaire, il y a des boulots qui sont tellement dangereux que seuls les candidats inconscients et/ou non informés des risques pour leur santé, sont prêts à se présenter. Est-on tellement loin des pulsions dominatrices apprises à travers l’esclavage Atlantique et la colonisation ?

Le 5 avril, 2011, on nous a annoncé l’entrée d’Aimé Césaire au Panthéon à Paris. Dans ce geste qui est vu par certains comme une consécration des luttes de Césaire contre la déshumanisation il faut aussi y voir un processus de négation de ce qu’il y avait de plus profond dans les luttes de Césaire. Dans cette négation il y a aussi une manœuvre de désamorçage des ce qu’il y avait de plus radical dans sa pensée. Cette entrée au Panthéon ne coûte rien au système. Tout le contraire, ce geste, dans le contexte actuel, renforcera dans le public français de France la notion que Napoléon, [restaurateur de l’esclavage], et Césaire peuvent se côtoyer sans problème. Ce geste renforcera l’idée de la magnanimité des figures napoléoniennes, peu importe les détails qui pourraient donner une image contraire à celle qui maintient l’ordre hiérarchique entre la révolution de 1789/France et celle de 1804/Haïti.

Le Panthéon pour Césaire, l’Académie Française pour Senghor, le Jura pour Toussaint l’Ouverture, le fond de l’océan Atlantique pour la chair à canon de l’esclavage qui refusa la mort à petit feu ? En d’autres termes, il y a, à travers cet acte, la nécessité de maintenir en place une structure automatique de hiérarchisation des consciences. Le Panthéon, c’est Napoléon d’abord. C’est ce dernier qui organisa avec la plus grande férocité possible la restauration de l’esclavage là où elle avait été abolie. À Haïti, cela n’a pas été possible. Et, plus de 200 ans après, Haïti continue de payer pour avoir réussi l’impossible impertinence, aux yeux de ceux qui ne pouvaient accepter alors et qui, aujourd’hui, continuent de ne pas accepter la proposition que les Africains puissent être en avance sur l’universalité de la liberté.

Y a-t-il encore une boussole dans un monde qui semble avoir perdu le nord ?

Depuis l’inauguration de la déshumanisation systématique des segments les plus pauvres de l’humanité qui ont ouvert la voie à ce qui apparaît de plus en plus comme l’extinction de l’humanité, la partie encore saine trouvera-t-elle les moyens d’arrêter un processus qui semble de plus en plus inéluctable ? Or, la partie que l’on pourrait prendre pour saine est précisément celle qui est constamment soumise à un processus de destruction car si elle venait à parler, elle risquerait de créer la prise de conscience de l’humanité.

Les preuves de l’inéluctabilité s’accumulent. La catastrophe de Fukushima illustre le parallèle entre le développement du nucléaire et le développement du capitalisme, et, dans la foulée, l’idée que la meilleure façon de régler les conflits est de recourir aux armes et la guerre. De part et d’autre on observe un cramponnage à ce qui a toujours fonctionné pour les tout-puissants alors que la voie de sortie ne sera possible que si les voix des plus faibles sont entendues sans intermédiaires quelle que soit la charité et/ou l’humanitarisme de ces derniers.

Le 5 mai 2011

OH GUANTANAMO (1)

Qui aurait pu penser
Que tu deviendrais une des anti-chambres
De la mort de l’humanité
Destination de gens
Enchaînés, déclarés
Biens meubles
Plate-forme de lancement
Projet Manhattan
Pour mettre fin à jamais
Au vagabondage de celles/ceux
Prenant abolition pour liberté

Non

Oui, liberté de soumission totale
Au régime suivant car pour
Biens meubles n’existe point
Changement de régime

Oui, les maîtres changent
Les propriétaires des biens meubles

O Guantanamo
Destination de l’inconnu où
Fut mise à nu l’horreur
Inaugurale d’humains
Tout-puissants

O Guantanamo
Substitut de tout ce qui
A amené l’humanité
à Hiroshima

Oh Guantanamo
Geôle dictée
Bastion de la défense de la liberté
Par un segment de l’humanité
Engraissé, noyé, asphyxié
Déboussolé

Oh Guantanamo
Serais-tu devenu
Le pôle nord nouveau
Des Tout-Puissants
Réduits à l’impuissance
Par excès, abus
De charité par refus
De solidarité ?

Oh Guantanamo
J’entends
Sans internet
L’écho
Ota Benga soufflant
Molimo
Sous la lune
écho au Po
Des Dogon

Oh Guantanamo
Qui aurait pu penser
Qu’il raviverait la mémoire
De tristes mémoires
De celles et de ceux
Qui eurent le pot
D’y atterrir il y a des siècles
Suite à une chasse similaire
Aux rôles différents
Quand fut inauguré
Une terreur bien plus féroce
Oh combien durable
Aux souffrances insondables
Incommensurables
Inavouables
Car pour ces crimes il serait impossible de trouver un endroit
Suffisamment sûr pour protéger les proies des vautours
Sans soif
Massacrant l’humanité
Sous le couvert d’humanitarisme charitable
Voulant en finir
Avec les solidaires de la solidarité

Salvador, Brésil
3 mai 2011

GUANTANAMO (2)

Pour que les fabricants
De Guantanamo
Apprennent
A défabriquer
Guantanamo

Toujours Guantanamo
Toujours maîtriser tout
Toujours maîtriser le futur
Maîtriser
l’espace, le temps, le passé, le présent,
la parole
en somme, ces liquidateurs de l’humanité
pourfendeurs déguisés
de la terreur
s’acharnent à

En finir avec l’histoire
Avec l’homme
Avec la femme
Avec les enfants
Avec les émigrés
Avec les chômeurs
Avec les travailleuses
Avec les handicapés
Avec les pygmées
Avec les violées
Avec les enfants soldats
Avec les enfants de la rue
Avec les sans domiciles fixes
Avec les sans papiers
Avec les réfugiées de l’humanité

Où qu’elle soit, agonisante, menacée d’extinctionwatch full Rings 2017 film

Fukushima
Lybie
Tunisie
Egypte
Haïti
Gaza

Question :pourquoi en finir à jamais
Avec les naufragés

De la globalisation
De la crise financière
De la crise du climat
De la peur du futur, du passé, du présent,
De la peur du voisin, du frère, de la sœur

Oh les geôliers
De Guantanamo
Rappelez-vous Santo Domingo
Qui mit fin aux
Maux et aux mots
Infligés par les geôliers
d’une autre époque
à la solde de maître traitres
de l’humanité
bourrés de vanité
telle la grenouille
de la fable
se voyant toute-puissante
intouchable
liquidée par son obésité

Ainsi aussi finira
GUANTANAMO
Telle sa voisine Santo Domingo
Devenue Haïti
Gaza de l’Atlantique
Comme Gaza
Non maîtrisable
Par les fossoyeurs
De l’humanité

La toute-puissance des tout-puissants
Ne maîtrisera jamais
La liberté, mère des
Toussaint, Dessalines, infinissables
Faut-il la preuve ?
Apparaissant quand on les attend le moins
Pierre Antoine Lovinsky
Jean Bertrand Aristide
Fanmi Lavalass
Père Jean-Juste
Héritières connues et inconnues des Antonins
Et des Antoninnes
Bouazizi Mohamed

Messagères toutes et tous
De liberté insatiable de liberté
Indomptable, écrivant, ré-écrivant
Jamais lasses de faire comprendre aux fossoyeurs
Leurs erreurs, leurs errements
Pour que Guantanamo
Cesse de continuer l’histoire,
Sous l’ère nucléaire, de l’esclavage
Pour qu’advienne sans moratoire
une autre histoire
digne de l’humanité.

Salvador, Brésil
3 mai 2011

It’s All Interconnected, Why Pretend Otherwise?

The crises have erupted in our lives at different times, but, most of the times, the specialists although pretending to know, have clearly shown that their understanding was limited by their own training and reliance on data tainted by both the origin and the purpose for which they had been created. It should be possible to examine all of these recent crises (financial, food, land grabbing, climate, nuclear) by asking one single question: aren’t they all interconnected, and if so how?

Let us keep in mind one axiom: long before the splitting of the atom was carried out by scientists in the 20th century, the mindset that had been at the root of that process had inaugurated the splitting of humanity. That process of splitting humanity has been carried out, with impunity by one segment over another. At no time during this process was there ever made a call for something even remotely resembling the Truth and Reconciliation process put in place in South Africa at the end of Apartheid. No tribunal was ever thought of as a way of healing from the enslavement and colonizing processes that have bled Africa to torture and to a slow, programmed annihilation.

From the genocides perpetrated by the discoverers of the so-called New World to the slow destruction of a way of living, a way of thinking, a way of healing, to today, humanity has been slowly put to death. From those inaugural times of the currently dominant system, the motto has always been identical: “Those who must die are those who are perceived as obstacles to the full flowering of a system that has never hesitated to show its murderous intentions to the people it considered as barbarians, primitive, uncivilized”. All of these processes, enslavement, colonization, apartheid, forced labor, direct, indirect rule swept across the planet with a single minded intention in mind: make the world fit the goals and objectives of the managers of capitalism determined to imperialize everything into submission.

Nothing but competition for profit has been the banner waved by the destroyers of humanity. Over the centuries, and now, with every year, month, week one can see with much greater clearly than ever before that the single ruler is the market and its single enemy is anything that does not submit to its rules and regulations, i.e. the vast majority of humanity. A humanity that struggles without even knowing it has been condemned to slow extinction behind words like democracy, constitution, and justice. Face to face with the disappearance of justice it struggles to appeal to social justice as if the marketers might be moved by a word they have long learned to abhor because it reminds them of socialism, communism, imperialism, etc.

And now, 25 years after Chernobyl, the world faces yet another nuclear disaster, this time in a country that would not fit all of the pejorative prejudices used to describe the Soviet Union. Then, the response of many immersed in the Cold War ideology was “well of course, if a nuclear disaster had to happen, it was bound to happen in the Soviet Union, given how recklessly it has treated its population”. Following this crisis in Japan, the fallback position will be that man is incorrigible, forgetting the context in which the nuclear industry for war and peace was born.

From almost all corners come the same words and phrases about how clean the nuclear industry is, how inexpensive it is, etc. Indeed, how clean is the nuclear industry when one takes into account the entire process of getting the uranium from the ground and getting rid of the spent fuel? With regard to the latter, the disposing of nuclear waste in a manner that does not endanger life and living has yet to be resolved.

The costs of the uses and abuses of the atom have still not been fully calculated and comprehended. This has followed the pattern inherited from the uses and abuses of slavery and all of the ensuing political and economic processes, from colonization to today. The nuclear industry has followed the pattern of the banking and financial industry: they have become so big that, as the financiers and their accomplices in governments have declared: they are too big to fail.

Questions that are raised are either not answered or answered in a way that must only satisfy those with the most unchallengeable power.

Is it enough to denounce the injustices that are erupting with more frequency?
Is it enough to ask for a reform of the UN Security Council?
Can crises be resolved within the framework put in place by those who sewed the seeds of all these crises with the intention of massively gaining?
How long will it take for the privileged inhabitants of the richest countries to face the collective exasperation of humanity tired of being treated as if it did not exist? Given this pattern of eradication, is it too far fetched to ask what may appear as a horrifying question: Will failures of nuclear power stations be used to deliberately wipe out “unnecessary people”?

More and more people are becoming aware of the fact that the issue of nuclear power cannot be framed solely in terms of energy. The process through which it became the most powerful weapon (in the hands of a few) can be compared to a slow unfolding dictatorial coup against the inhabitants of the earth. Most of the dangers to the health of human beings have been systematically censored and/or minimized ever since the dropping of the atomic bombs on Hiroshima and Nagasaki. It is now being demonstrated that the Chernobyl disaster was much worse than the public was made aware.

In order to call for the abolition of nuclear weapons (of the military and civil kind), should one not look at other processes of abolition which, arguably and contrary to historical consensus, did pave the way to the current state of humanity trapped between a rock and a hard place by the criminal whims of a tiny few?

If we look at the abolition of slavery, or the end of colonial rule, it is clear that both, formally speaking, were brought to an end. But any serious examination of the last 50 years since Independence has been achieved in Africa, it is clear that colonization by other means has been successfully maintained and reinforced, with the connivance of African governments. The crimes against humanity committed during slavery and during colonial rule were never brought to a tribunal of any kind. The crimes were committed with impunity. And impunity of the most powerful, not just in Africa, but the world over, has become a way of life, almost taken for granted.

It has been said that it is a-historical to speak of crimes against humanity when the notion was not even part of the juridical and political language, back then. Again, how can this be ascertained when those who suffered the crimes were not even heard before any institution? How do we know for sure that the people who were being dragged to the ships did not utter, in their minds, in their own language: “how can other human beings inflict this to other human beings?” One can already hear legal scholars say, with certainty that no one can say for sure that those words can be translated to mean “a crime against humanity”.

The mindset that has grown from the impunity that has accompanied so many crimes against humanity has kept humanity on a course of self-annihilation. As a result, other mantras have grown aimed at forgetting history, forgetting humanity and anything connected to keeping them –the commons of history, humanity—alive and well.

The tragedy that is unfolding in front of our eyes is not just about the excesses of one industry, be it financial, nuclear, oil, etc. It is about the continued and deliberate silencing/sidelining of the majority of humanity by a tiny dictatorial fraction that, for centuries and generations has always gotten away, literally with murder. What has struck me the most about all of the articles I have read about the nuclear/environmental crisis in Japan is how shallow and selective the history is. Invariably they all start with the atom, even though the mind set that has pushed through the informal, full of secrecy, nuclear code can easily be said to have been inspired by Le Code Noir decreed by Louis XIV in 1685 (in place till 1848) to make sure that the slave industry served its profiteers without any moral and/or ethical preoccupation [See Note 1].

This is not the space to dissect the Black Code. It is just a reminder that the mindset at work today, around all of the recent crises, was born during historical processes that current rulers do not like to refer to, at the risk of having to own up to a history of devastation of humanity whose responsibility was not nature but irresponsible, genocidal members of known governments, organizations. It is understandable that rulers should prefer to fudge the historical record; however, where it becomes alarming is when highly respected intellectuals from many parts of the world seem to have accepted the framing and formatting of history according to those who have become too powerful and too rich to be questioned.

The most distressing fact of all is the apparent complete and total absence of African voices articulating how the current mindset was set in motion. These voices should not just come from Africa they should be coming from any corner of the planet that has endured what the African continent and indigenous people the world over, have endured for centuries, to this day.

_________________
Note1: My source, for this essay, was mostly the daily Le Monde from March 11, 2011 through March 27. Even when the word slavery is mentioned, as in the case of March Humbert’s opinion piece (Japon: alerte verte et rouge), the author is unable to see beyond the blinders of Western history, and see that his narrative of how humanity has become enslaved to tools it has invented, is not the by-product of recent developments, but has deep historical roots in the twin genocide of Indigenous people of the Americas and Africa. For fear of quoting him out of context, here is the quote: Une telle banque too big to fail [in English in the text] ne devrait pas exister, disait André Orléan, de telles entreprises géantes, de telles centrales parce que nucléaires et trop grandes et trop dangereuses pour faillir, ne devraient pas exister : alerte rouge.

Cette manière de voir est tout en fait en accord avec l’idée d’Illich (1973) que les outils devenus trop gros ne sont plus conviviaux : au lieu de nous servir ils nous rendent esclaves.[my emphasis, jd] Il s’agit de terrorisme, parce que nulle part, pas plus en France qu’au Japon, on a mis en débat le choix du nucléaire.
Le Monde, 23/03/2011. Accessed on March 27, 2011: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/23/japon-alerte-verte-et-rouge_1497021_3232.html

March 18-27, 2011

Une lettre ouverte

Une lettre ouverte
Aux gens de partout, aux dirigeants de la planète, aux dirigeants de l’Afrique,
À celles et à ceux qui sentent
qu’il y a quelque chose qui ne va pas et qu’il faut faire quelque chose

Pour que cesse la fission
de l’humanité
Pour que cesse le carnage conduit de main de maître
Pour en finir, une fois pour toutes
–nous l’avons entendu—
avec Mai 1968, et, efficacité
exige, avec ce qui reste de 1789,
dans la France qui s’appelle
liberté, égalité, fraternité

Pour que cesse
La punition
Sans fin des Africains,
crève-la-faim punis
pour avoir oser mettre fin
au Code Noir à Saint Domingue

Pour que de l’Afrique générique de
Himalaya aux Andes,
s’étalent les clairières
De la conscience de l’humanité

Pour que les mots
esclavage crime contre l’humanité
Ne fanent dans l’enfer des bonnes intentions
Qu’advienne guérison
sans hésitation
sans humanitarisme
sans charité
avec solidarité

De cette humanité dont la fission
Avait encouragé la fission de l’atome
Encouragé les génocides en chapelet
D’un 20ème siècle enraciné séculairement
Dans la liquidation des Arawaks, des Geronimo
Zumbi, Arménie, Namibie, Bas-Congo, Ota Benga,
Auschwitz, Kolyma, Nankin, Hiroshima,
Nagasaki, Palestine, Cambodge, Rwanda

Que cesse la fission de l’humanité
Par guerres sournoisement silencieuses
Que cessent la fission
Par modification génétique
D’une humanité exsangue

Que cette lettre lancée
A la mer de l’internet reste un témoignage
Des voix qui se sont élevées
S’élèvent et s’élèveront contre
L’anéantissement de l’humanité

Sans cesse des voix crient
Vers les oreilles génétiquement bouchées
Par les descendants de ceux
Qui ont tout fait pour punir les Africains
Des îles, de la route triangulaire
Pour avoir libéré le siècle des Lumières
De l’obscurantisme.

Au nom des Africains de Saint Domingue
Conscience de l’humanité rejetant
La définition de biens meubles

Que cette lettre soit gardée
Par les archivistes de la conscience de l’humanité
Pour que les mots
échos tremblotant faibles
de la lueur presqu’éteinte sortie
des Cahiers d’un Retour
à l’humanité natale

Pour qu’un peu d’humanité revienne à HaïtiJustice League Dark 2017 movie download

Pour que Jean-Bertrand Aristide revienne
A son pays natal
Pour que Haïti puisse guérir de la fission fatale
Commencée il y a des siècles

Pour que les Haïtiens les plus riches en biens meubles
Ouvrent un regard de solidarité libérateur des œillères des richesses

Pour que les descendants des inventeurs de l’esclavage atlantique
Aient l’humilité de reconnaître le crime commis durant des siècles
De reconnaître l’obligation de restitution
De l’argent arnaqué sous prétexte de compensation
De l’obligation de restituer Aristide à ses parents
De ne pas répéter le crime de Napoléon d’avoir envoyé
Toussaint mourir de froid et de faim dans le Jura

N’est-il pas temps de guérir des blessures séculaires
Dictant aujourd’hui l’esclavage nucléaire
Conduisant à la pulvérisation de l’humanité
Avec toutes les précautions humanitaires
D’usage en ces temps qui cherchent
Par tous les moyens de faire disparaître
Haiti et Fanmi Lavalass
Dans les oubliettes de l’histoire

Est-ce trop demander aux descendants
Des bénéficiaires des ravages humanitaires
de l’esclavage atlantique de demander pardon
en ramenant Aristide à sa maison natale
et que de ce pardon naisse un début de guérison
de l’humanité

Une humanité comateuse
d’un crime systématiquement
nié par les responsables pourrait renaître
et retrouver le chemin du pays natal

Un pays inventé, découvert, construit
Chantant, pleurant, criant, murmurant
Vive la raison du plus faible
Que vive la vie
Que vive la solidarité

Que cesse la collaboration criminelle
Entre les geôliers commanditaires
D’Aristide.

Que cesse la prison domiciliaire
Que cesse la relégation
Que cesse les méthodes qui rappellent la colonisation
L’apartheid, l’esclavage une histoire
Moderne qui mène tout droit
A la bastille de la globalisation

Ou bien faudrait-il comprendre que le rêve éveillé
des fossoyeurs inconscients de l’humanité
serait la réalisation
d’une histoire à rebours pour
Que l’humanité noire et son histoire disparaissent à jamais
Dans un cosmique trou noir

L’humanité éveillée se demande
Si la résidence surveillée d’Aristide en Afrique du Sud
N’est qu’une modernisation du Jura de la faim, du froid
De la solitude qui mit fin aux jours de Toussaint l’Ouverture

L’humanité éveillée se demande
Pourquoi emprisonner Aristide dans le pays qui a fait
Mourir Robert Sobukwe en l’isolant
Et de son humanité natale
Et de ses compagnons de Robben Island

Dans son crépuscule
L’humanité solidaire
Rétif à l’humanitaire
Aspire expire le désir
D’une humanité une
Haïti retrouvant Aristide retrouvant
Fanmi Lavalass retrouvant
Liberté, égalité, fraternité
point final à l’impunité
Du crime contre l’humanité

MAINTENIR LE CAPITAL OU L’HUMANITÉ ?

Appel pour la création d’un espace planétaire
pour la défense sans compromis de l’humanité

La bataille fait rage. Ce n’est pas une guerre mondiale, ce n’est pas une guerre contre le terrorisme. C’est de loin pire. Il s’agit de terroriser l’humanité jusqu’à soumission complète, une soumission qui se terminera, à se rythme, par l’annihilation de l’humanité comprise comme solidarité entre toutes les composantes de la nature. L’humanité n’est qu’une infime partie de cette nature. Cependant l’enjeu n’est pas présenté de cette manière. La globalisation d’un système prédateur qui se nourrit de l’humanité doit obligatoirement abolir l’humanité et tout ce qui maintient l’humanité en vie. L’histoire dit-on est écrite par les vainqueurs, mais à quel point sait-on que les vainqueurs en train d’écrire l’histoire vue sous le prisme de la globalisation sont les fossoyeurs de cette même humanité dont ils se prétendent être les défenseurs. Nous ne sommes pas les premiers à attirer l’attention sur la bataille des endroits communs (The commons).

La lutte pour maintenir ce qui maintient notre humanité date de la création de cette humanité, et non de ce qui s’est passé durant les cinq derniers siècles. Mais le fait de batailles spécifiques dans les pays où la prédation de l’humanité a pris une dimension incontrôlable amène à croire que les pensées et les actions les plus originales et innovatrices pour défendre l’humanité viennent exclusivement de ces pays. Et pourtant, si on posait la politique de la défense et du maintien de l’humanité comme l’ont fait les poètes, le désir de maintenir l’humanité prendrait immédiatement le pas sur la politique de défendre coûte que coûte le capital. Le cahier d’un retour au pays natal n’est rien d’autre que le cri d’un poète voyant mieux que quiconque les conséquences individuelles et collectives destructrices quand la priorité est donnée à la prédation. Dans un de ses poèmes le même Aimé Césaire avait résumé mieux que les mathématiciens, l’équation dominante de la situation où se trouve l’humanité en écrivant « quand le monde sera une tour de silence/où nous serons la proie et le vautour » (« Batouque », p.64 Les armes miraculeuses, Paris : Gallimard)

La globalisation est présentée de la même manière que fût présentée l’esclavage, la colonisation et l’apartheid. Dans les deux derniers cas, en particulier, la colonisation se présentait comme civlisatrice de la barbarie. L’apartheid de l’Afrique du Sud recevait tout l’appui militaire et politique de l’Occident car les défenseurs de l’apartheid se disaient le dernier rempart de l’Occident. Quand il apparut que la résistance contre l’apartheid partout dans le monde ne partageait pas cette vision du monde, les chefs politiques occidentaux décidèrent qu’il était temps de se mettre du côté des gens. Malgré ces changements, le système qui est né de l’esclavage atlantique continue de se renforcer dans la conviction que ce système est le meilleur qui soit en ce qui concerne l’organisation de l’économie. Comme la résistance contre l’apartheid, il faudra une mobilisation planétaire pour convaincre les prêtres de la globalisation que le système est, dans son essence prédateur et qu’il ne peut survivre que par la prédation.

L’industrialisation de l’esclavage domestique en Afrique par le biais de l’esclavage Atlantique fut possible justement en transformant les gens en proie et vautour. Pour survivre le désastre de la marchandisation d’un segment de l’humanité par un autre segment, des gens qui défendaient dans leurs mœurs, dans les cultes des ancêtres l’humanité comme sacrée se virent embarqués dans un processus de négation de leur propre humanité. Des blessures irrémédiables naquirent. Timidement on entend parler de « réparation » comme si un crime dont l’immensité ne pourra jamais être mesurée peut être réglé en recourant à une monnaie enracinée dans le crime lui-même.

Depuis les crises dites alimentaire, financière, écologique, ce qui reste de l’Occident cherche à poursuivre la globalisation de l’apartheid. Mais ici aussi la résistance se fait de plus en plus forte. Les premières fissures commencent à apparaître avec une réunion au début du mois de juin à Zermatt (Suisse) d’un groupe dont l’objectif est d’humaniser la globalisation en organisant des réunions annuelles sur la question. Des articles apparaissent dans les grands quotidiens visant à maintenir l’idée que le capitalisme est humanisable. Un professeur de philosophie en France, Daniel Innerarity a publié dans Le Monde du 18 juin 2010 un article sous le titre de « Mettre en place une politique de l’humanité ». Jean-Baptiste de Foucauld vient de publier un ouvrage L’abondance frugale (Editeur Odile Jacobs, 2010). Le sous-titre annonce la couleur : « Pour une nouvelle solidarité : mettre l’économie au service de l’humanité ».

Depuis qu’il y a eu rupture de l’humanité entre proie et vautour, la tour de silence s’est construite pour maintenir en place le système responsable de la destruction de l’humanité. Les voix qui s’élèvent ne peuvent être entendues grâce aux murailles sans failles construites pour qu’aucun son ne les traverse. Longtemps avant les murs discriminateurs de l’humanité ne soient construits au Moyen Orient, d’autres murs avaient été élaborés mentalement pour faire de l’acceptation de la rupture entre humanité proie et humanité vautour une langue ou un art de parler qui ne révolterait personne du côté des vautours.

Les crises récentes de fonctionnement du capitalisme sont présentées comme si elles dataient de ce siècle, à la rigueur de la fin du dernier siècle. Et pourtant, au long des cinq derniers siècles de l’humanité, les maîtres du système se sont organisés pour qu’aux moments des crises quelques proies puissent jouir du statut de vautour. La règle semble immuable comme on peut le voir en Afrique du Sud d’aujourd’hui. Les Nations Unies ont beau produire des textes et des résolutions cherchant à protéger les membres les plus vulnérables de l’humanité. Ces résolutions restent autant de vœux pieux comme on peut l’observer en Afrique du Sud. Là, les plus pauvres des plus pauvres sont poursuivis tout simplement parce qu’ils veulent s’émanciper de la pauvreté sans devoir recourir aux recettes habituelles offertes par des politiciens à la recherche de votes. Les pauvres ne veulent pas laisser à d’autres qui ne connaissent la pauvreté que du dehors, le soin de définir la pauvreté et, surtout, décider des mesures à mettre en place pour combattre la pauvreté.

En Afrique du Sud il est en train de naître un mouvement qui ressemble beaucoup à ce qui était né en 1994 au Mexique. AbahlaliBaseMjondolo (littéralement les habitants des bidonvilles en iSizulu) a compris que seuls les pauvres comprennent la pauvreté, d’où elle vient, comment elle s’installe de l’intérieur et de l’extérieur. Les experts de la pauvreté ne peuvent pas être les institutions qui furent responsables de son institutionnalisation , telles la Banque Mondiale, complices et promotrices d’un mode de penser et de calculer le rapport coût/bénéfice des limites supportables de la paupérisation de l’humanité.

Entre maintenir le capital à bout de bras et maintenir l’humanité, il est de plus en plus clair que les efforts les plus rageurs vont vers la maintenance du capital et de sa systématisation par tous les moyens, des plus violents aux plus doux. S’il fallait, froidement, sans émotion, faire l’inventaire des moyens utilisés pour réussir l’abolition de l’humanité, l’effroi serait tel que les gens qui s’y aventureraient préféraient reculer et désister. Le désistement s’explique par le fait, vérifiable, que les croisés de la globalisation sont tellement certains du bien fondé de leur entreprise qu’ils peuvent compter sur l’appui de celles et de ceux qui sont les plus opposés à la globalisation.

Où se trouvent, aujourd’hui, les plus grands défenseurs de la pauvreté, les plus grands promoteurs de l’égalité, de la justice ? Où se trouvent les plus grands défenseurs de la solidarité entre tous les humains ? Les institutions qui ont vocation de promouvoir et de pratiquer cette défense des plus vulnérables et des plus faibles sont, au long des siècles, sont devenues les piliers du processus inverse, d’une dynamique de destruction de l’humanité.

Inversions des valeurs et mécanisation de l’humain

Les appels à la raison, à la préservation de l’humanité, sont dérisoires comparés aux ressources aimantées par l’appât des gains qui peuvent se faire en tuant l’humanité. La majorité de l’humanité est encore persuadée de son humanitarisme, une pratique charitable de maintenir les liens entre les composantes de l’humanité. Cette certitude est cultivée et renforcée par tous les moyens. Le résultat est que l’humanité, à son insu, perd de sa substance, renonce à elle-même. La renonciation n’étant pas évidente, les pensées et les actes qui pourraient réveiller l’humanité à elle-même ne sont pas activées. En grande partie, semble-t-il, parce que les mécanismes de préservation, de l’instinct de survie, ont été remplacés par une mécanisation de l’humain.

Quelle que soit la direction que l’on se tourne pour vérifier cette assertion, les évidences s’accumulent, mais dans la bataille entre le maintien du capital et le maintien de l’humanité, démontre que l’humanité est comme un navire en perdition parce que les locataires du navire sont systématiquement encouragés à ne pas s’occuper de son état.

Le navire en perdition c’est la planète. Une planète asphyxiée par un mode de vie qui ne mérite plus ce nom car transformé en recherche mal déguisé d’un mode de survivre qui tue en séduisant ses victimes pour qu’ils acceptent l’équation impossible de devenir proie et vautour, comme le disait si bien le poète de l’humanité –Aimé Césaire—quand il voyait la fin de cette espèce. Il voyait cette fin à partir d’autres épisodes, trop bien connues, mais systématiquement dépecées, cuisinées, épicées et resservies ; oui l’histoire est devenue comestible et peut être dégustée comme un met des plus succulents. Pour ceux qui sont rassasiés de leur histoire, mais qui veulent entrer de plain pied dans la globalisation, ils renient leur histoire afin de la vendre encore plus facilement. L’histoire n’est pas que mémoire, c’est surtout la politique de comprendre comment interroger le présent et le futur à partir d’un passé où la recherche du maintien de l’humanité était une tâche quotidienne rythmée par des rituels et des cérémonies rappelant les devoirs de solidarité. C’est à ce prix qu’on évitera la tour de silence et qu’on sortira du choix impossible entre proie et vautour.

Comme Fanon l’avait noté dans sa conclusion des Damnés de la terre, les Africains et, nous ajouterions, tous les peuples qui ont connu de près ou de loin le processus de déshumanisation, sont appelés non pas à défendre les droits humains, écologiques, mais à parler haut et fort des devoirs de rompre avec le capital et tout ce qui sous des apparences altruistes, séductrices, poursuit avec frénésie la disparition de l’humanité. Seules les violées savent et comprennent que la fin du viol ne peut pas venir de ceux qui continuent de penser que le viol a été recherché par les violées. De même avec le capital et l’humanité. Cette dernière a été systématiquement violée par le capital. Tous les moyens ont été utilisé depuis la violence la plus féroce jusqu’à la séduction la plus douce.

La perdition de la planète est beaucoup plus avancée que ses prétendus défenseurs voudraient nous faire croire. L’article d’Andy Lichterman nous aide à mesurer un aspect presqu’incommensurable de la situation où l’humanité se trouve aujourd’hui, par rapport aux forces déterminées de défendre par tous les moyens le capital. À travers son essai il est possible de comprendre l’urgence de la tâche de ne pas laisser seulement un petit groupe privilégié, d’experts, de riches, de décider du destin de notre planète.

Nous ne pouvons plus compter sur des dirigeants et/ou des penseurs recroquevillés sur leurs petits intérêts. Par son engagement, son parcours, Pambazukanews peut jouer un rôle crucial dans la création d’un espace à l’échelle de l’ampleur de la tâche qui nous confronte, car la défense de la planète est devenue une obligation pour toutes ses habitantes sans exception

FOR FLORIBERT CHEBEYA BAHIZIRE AND FIDELE BAZANA: 50 years after Independence

It is still lethally dangerous to be seen fighting for what was not achieved
50 years ago. The assassinations of Floribert Chebeya Bahizire (FCB), President of the the Voix des Sans Voix (Voice of the Voiceless), and his
driver, Fidele Bazana, on june 1st in Kinshasa show that, for 50 years, the
political leadership has continued to act in the same manner which led to
the overthrow, torture and killing of Patrice Emery Lumumba and his two
companions, Okito and Mpolo (January 17, 1961). In a world built through
more and more unacceptable acts of destruction, fighting for freedom is only acceptable if it is for the freedom of capital to do what it does best: torture humanity to death.

Why Chebeya? Why Fidèle, his driver? The same questions followed the
assassinations of other Congolese who were investigating cases involving
murders, corruption by members of the government. To this day, no one has been brought to justice for the assassination of Bapuwa Mwamba, Serge Maheshe, Didace Namujimbo, Franck Ngyke. The DRC is not the only country where murders go unpunished: Carlos Cardoso in Mozambique and Norbert Zongo in Burkina Fasso also come to mind.

In the case of FCB, his investigations were focused on the violence perpetrated by the security forces on orders from the highest political levels. The violence had been ordered as a punishment against those who had voted in the 2006 elections against Joseph Kabila’s party. The current
president was quoted as saying that those who had voted against him (i.e. in particular people from the Lower Kongo region) were going to be punished. How many people were killed? No one, till now, knows exactly how many. However, persistently and courageously, FCB has continued to accumulate the evidence and sharing it with other organizations both inside and outside of the DRC.

Following the logic which led to the murder of Lumumba, Okito and Mpolo, the current leading clique decided to punish FCB in the manner it hopes shall intimidate anyone trying to embark on the same road. With Lumumba, his body was dissolved in an acid bath. With FCB, the idea was to portray his murder as if it was self-inflicted because he was looking for morally indefensible sexual gratification. In other words do everything to tarnish his memory. From the reaction in the whole country, clearly that ploy has not worked.

Moreover, FCB, like many other Congolese, felt that after 50 years of
celebrating each anniversary, it was time to switch from the celebratory mode to one of reflection and commemoration of those who gave it all, but continue to be ignored for what they did. FCB, as the executive director of VSV (La Voix des Sans Voix—The voice of the voiceless), understood that it was time to switch from the humanitarianism- human rights mode whereby “human rights” are waited, rather than fought, for.

FCB’s voice was feared by those who had monopolized the political space
because his relationship to human rights was changing from the practice
of waiting for human rights to be respected to that of calling for the duty
to defend humanity wherever and whenever it was being assaulted.
Humanitarianism was brought to Africa, in general, and to the DRC, in
particular, as a charity gesture. Fidelity to humanity calls for solidarity, not
charity.

The DRC ruling clique has been planning to turn the 50 years anniversary
of Independence into a festive affair, one that would, as 50 years ago,
seek to erase the memory of those who had fought for complete and total
emancipation. 50 years ago, Lumumba was criticized for having dared to
remind the King of Belgium and his allies that colonial rule had not been an altruistic venture. Back then, Lumumba felt that the emphasis had to be on commemoration rather than celebration; and for that reason he pointed out that people had died for simply resisting colonial brutality, forced labor, and other forms of humiliation.

Many African countries are in the process of “celebrating” 50 years of
independence while NATO under US command has put in place the military infrastructure deemed necessary for ensuring that Africa is firmly cemented into the political, economic and financial rules called for by Globalization. This militarized way of bringing the entire continent under a new political dispensation is no different from what happened under the previous phases, whether slavery, colonial rule or apartheid. In all cases, military and/or police interventions were necessary. They were known then as “pacification campaigns”. The end of apartheid has been followed by global apartheid and, in South Africa, with murderous and violent campaigns against the poorest of the poor who refused to be treated as if they did count as citizens.

Will this murder, like others before go unpunished? In every human process there does come a time when human beings say, in the best way they can, “enough is enough”. The assassinations of FCB and his driver may well be the beginning of a process which will lead to that point.
Floribert Chebeya Bahizire and Fidèle Bazana have been part of the people
in the DRC who, while destruction of the nation, society and human beings was being pursued by the various ruling cliques, stuck to their conviction that healing did not have to wait until some individual savior appeared on the horizon. For this their memory shall be celebrated and commemorated forever. To them, their families, their friends and colleagues our deepest felt condolences. May they rest in peace, and may their fidelity to humanity reverberate across the DRC and the world, so that their selflessness shall not be in vain.

In solidarity with Abahlalibase Mjondolo (AbM) 2

Dearest Friends,

Warmest greetings to all.

In times like these you must be like the person on a not well traveled road who has had a serious breakdown and is wondering when help will appear. Changes in the wind sound like some car/hope in the distance.

Your road is not well traveled, at least not by those who should be traveling it all the time. Who wants to be with the poor? Yet, listen to those who have spoken and not just people like S’bu Zikode, it is difficult not to ask oneself why, in a post-Apartheid country such creative thinking on something as urgent as eradicating poverty is not being tapped.

Of course AbahlalibaseMjondolo is not the name of a mineral to be mined regardless of what the mineral itself thinks. You do know you are a gem, but for people who have decided that only they know how to eradicate poverty, your persistent pursuit of emancipatory politics, at the minimum, makes them uncomfortable. At worse, it will lead those who are convinced that only they know to resort to the methods they have used over the years: harassment of all kinds and, now, killing so as to terrorize you into silence.

How should those of us who are far, but in solidarity with you, act in times like these? I keep searching for answers. The currently predominant system is so predatory that it shall feed on anyone on its path. Just look at how the US, the richest country on the Planet, is finding it impossible to provide its citizens with a decent health care system.

Your situation in South Africa, that of those without medical care insurance in the US may sound to any observer as very far apart. It is easier to see how close you are to other poorest of the poorest (PoP) in Haiti, Gaza, the Niger Delta, favellas in Rio de Janeiro, the Dallits in India, etc., but while many PoPs are born into poverty, it is also the result of a process which is intimately part of the predatory system and mindset. When McNamara went to the World Bank, he promised that he would wipe poverty in 10 years. How did someone who had just participated in almost reducing an entire country –Vietnam– to ashes, how did such a person think he could wipe out poverty? Unless the poor could be wiped out altogether. Ten years later McNamara had, just as he did for Vietnam, to concede defeat.

Questions

Given the centuries of slavery, colonization, apartheid, is it not becoming more and more obvious that the system which claims to bring happiness to all, be examined more seriously and be considered as the principal source of poverty?

Could it be that the global PoPs have become the new enslaved, colonized, to be dispensed with by any means necessary? Could it be that a few heads, in South Africa, have decided that the best way to deal with recalcitrant poor is to physically get rid of them?

The pertinence of these questions should be obvious to anyone who has read about how the poor have been treated at every major socio-economic transition in the history of human kind, but, in particular, in the history of Africa.

From slavery to post-slavery in the US, for example, especially in the Southern part of the country, laws were passed to ensure that the slaves did not think that they were free to do whatever they wanted to do. One of the results? The emergence of the prison industrial complex which, preferentially, incarcerates the African American population.

You have stated who you are and how you want to be treated, no differently to any other citizen in South Africa. The Richest of the Richest (RoR) do not like to be crossed. Especially if and when they are caught wrong footed, as has been the case in relation to your treatment.

Sooner or later, even the RoRs will thank you for having sounded the alarm. Can we all join in making this alarm louder and louder till your voices are heard and not distorted.

(To be continued)

Jacques Depelchin

In solidarity with Abahlalibase Mjondolo (AbM) 1

Dear Friends, Foes and all those in between,

Before May 2008, we only knew of Abahlalibase Mjondolo. (AbM), then
in May 2008, we met members of Abahalalibase Mjondolo, at the Kennedy Road Settlement. Each one spoke, expressing in various ways the meaning of emancipatory politics; and then, the next day, we met again with S’bu Zikode, the President of AbM.

After he described the situation in which they were living, we asked what was the way out. “Healing” he responded.

Given the coordinated attacks against the Kennedy Road Settlement of the AbM, given the silence from the authorities, given what the AbM have gone through before. Questions arise. These are questions, not affirmations, not speculation, not insinuations.

The questions are posed for those who have been silenced, arrested, killed
All in the name of an agenda which has deep roots in African history, spelled out over and over, like mantras:

Do not stand up against might
You might suffer irreparable damage
Justice is meant to sustain might
Ignoring this can lead to carnage
The poorest of the poorest have no rights
Other than paying homage
To the richest of the richest

Questions:

What is the point of having the best Constitution of the world if it is powerless against police abuse, against politically organized crime, against justice turned on its head?

What is the point of having heroes and heroines in the past who stood up against injustices if the same heroes and heroines, now, in power, now hand in hand with the richest of the richest (RoR), pretend not to have heard about the injustices because they have only listened to the media owned by the RoR.

Why is it so hard for the heroes and heroines of the past to listen to the voices of their conscience? Why is it so hard to admit that it is time to move from truth and reconciliation commissions to healing?

To the Foes:
Remember not so long ago, the powerful described those who fought for justice as terrorists, criminals. Some among you, it is certain, do hear a voice telling them that what they are doing against the AbM is criminal.

Questions:
You have been told the AbM are criminals. Think a bit, is it a crime to say, as the AbM keep saying: “we are poor, we deserve respect, we deserve to be treated with justice and dignity, we deserve access to electricity and water”?

Or is their biggest crime to have refused to go along with politics as defined by the party in power. Why should someone go a long with politics of self-annihilation?

Is it a crime to disagree with politics which state that you (the AbM) do not count, unless you submit to the dictates of the party in power. Else, you shall be hunted down till you submit.

(To be continued until the poorest of the poorest are treated with justice, respect and dignity)

Jacques Depelchin