CONGOLAISES ET CONGOLAIS, INDIGNEZ-VOUS! AFRICAINES ET AFRICAINS DE LA RDC, INDIGNEZ-VOUS!

Vibrer c’est vivre. Prendre les choses au sérieux quand elles vont mal, c’est s’indigner. Etre indifférent, le “je n’y peux rien, je me débrouille”, la tiédeur, c’est mourir à petit feu. Sommes-nous fiers de notre société congolaise actuelle?

Une société ou il y a la misère criarde de la majorité de la population? Avec 40 a 60% ou plus des gens capables de travailler sans emploi? Une société dans laquelle la femme est réduite a une chose, dans laquelle les femmes sont sans sécurité: 5000 femmes ou plus sont annuellement violées et beaucoup d’entre elles rendues stériles? Une société, dans un laps de moins de 20 ans, a vu jusqu’à au moins 6 millions de ses filles et fils massacrés; et qui continue de voir des massacres se poursuivre? Et surtout par ceux-la même qui sont payés pour les sécuriser! Une société dans laquelle jusqu’à 80% des gens vivent en dessous du seuil de la pauvreté, dans un pays, potentiellement le plus riche du monde? Une société où il y a 18 millions d’analphabètes, et dont le nombre d’écoles médiocres ne fait que croitre? Avec une absence notoire d’écoles républicaines soustraites du marché non régularisé? Des écoles qui, bien que trop au service de la communauté de l’argent, ne développant pas assez l’esprit critique et créatif, et qui produisent des chômeurs.

Un pays dont le gouvernement brille par des arrestations arbitraires, le remplissage des prisons, de la négligence des villes criminellement polluées, insalubres et des constructions gigantesques pour le plaisir des étrangers et d’une minorité insignifiante, du report continuel du social, tout en célébrant les taux élevés de la croissance économique? Un gouvernement ethno régionaliste se moquant de la cohésion sociale et nationale, faisant de la corruption une méthode de gouvernement? Qui considère les morts des pauvres comme s’il s’agissait des déchets? Et qui n’a donc aucun respect de la vie humaine constitutionnellement proclamée sacrée? Qui laisse des milices étrangères, envahir son territoire et qui considère les héros militaires des batailles comme ennemis? Bref, qui considère son peuple comme le premier ennemi.
Une société pour laquelle les médias sont entre les mains des nantis et des apologétiques du régime, rendant la possible presse indépendante inexistante et se moquant de la liberté de presse constitutionnelle? Etes-vous fiers de cette société?

Une société dont ne cesse de croitre le nombre des enfants de la rue? Un niveau de plus en plus élevé d’émigration pour faire la diaspora. Qui observe, de loin, ses savantes et savants travailler pour d’autres sociétés. Une société qui hait l’intelligence, la méritocratie, l’éthique et l’excellence.

Une société dans laquelle l’intérêt général ne prime plus sur l’intérêt particulier. Une société minée par la privatisation et la personnalisation de ce qui reste de l’Etat. Une oligarchie s’empare des ressources en accord avec les diktats des entreprises transnationales. Avec une absence de la Sécurité Sociale assurant a tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas ou ils sont incapables de se les procurer par le travail.

Devant cette société, Congolaises et Congolais, il faut vous indigner!

Les “représentants” du peuple, élus dans des conditions et circonstances obscures, ne se soucient qu’à augmenter leurs hauts salaires et s’empêchent de passer des mesures citoyennes en faveur de tout le peuple. Ils ne trouvent pas honteux de voir le gouffre entre les plus pauvres et les plus riches qui ne fait que s’élargir et s’approfondir. Ils permettent au gouvernement de laisser les pays qui nous entourent faire n’importe quoi pour nuire au pays jusqu’a lui enlever des parties territoriales, sans parler des pillages de ses ressources. Par la seule fraude fiscale entretenue, plus d’une fois le budget national se sont envoles. 15 milliards de dollars américains subtilisés dans un pays dont le budget national est moins de 9 milliards de dollars et où des individus possèdent plus d’argent que tout l’Etat!

Un pays qui ne se souvient pas des résultats et gains de ses mouvements de luttes; pour le Dipanda, pour l’amélioration de l’enseignement par les combats et protestations au sein de L’UGEC (l’Union Générale d’Etudiants Congolais), pour les intérêts des ouvriers au sein des syndicats républicains. Qui laisse dans l’oubli, et sans tombes, les fils et filles audacieux du mouvement de la Deuxième Indépendance encore non acquise. Où sont les tombes de Patrice Emery Lumumba, Maurice Mpolo, Joseph Okito, Pierre Mulele, Léonard Mitudidi, Thomas Mukwidi, et j’en passe? Une société qui fête les héros morts et en fait un fonds de commerce évitant de reproduire leurs actions, pratiques et convictions?

Africaines et Africains de la République Démocratique du Congo (RDC): trouvez votre motif pour s’indigner, ne démissionnez pas, ne vous laissez pas impressionner par la dictature internationale des marchés financiers et des entreprises transnationales—les 85 entreprises transnationales qui pillent vos ressources en ne vous laissant que des miettes que votre oligarchie savoure. Devenez militants, forts et engagés: exigez plus de justice, plus de liberté et plus des dirigeants responsables et défendant la population entière.

L’histoire de notre pays a toujours été marquée par deux visions opposées: Une Eglise d’apologie coloniale (et maintenant, néocoloniale) s’opposant à une Eglise de la résistance et de la libération; un Manifeste de la Conscience Africaine sollicitant les colons de préparer les Congolais pour l’indépendance contre le Contre-Manifeste exigeant “l’indépendance immédiate”; pour un programme gouvernemental des reformes coloniales contre le refus d’endosser ce programme; une démission/soumission à l’indépendance octroyée néocoloniale contre une poursuite militante de l’effort pour l’indépendance; exiger d’être responsables en tant qu’individus (Remise en Question) contre l’authenticité néocoloniale: « olinga olinga te, ozali kaka membre du MPR » pour la promotion de la faculté humaine d’indignation, d’engagement et de la palabre contre la perte de cette faculté et le suivisme docile; pour une politique des principes contre une politique de manipulation, d’intrigues, d’assassinat et de la mangeoire; pour l’élévation des anti-valeurs (“yiba na mayele”) contre l’exigence des valeurs positives; pour un cheminement irrésistible, allant de catastrophe en catastrophe, de fait accompli en fait accompli, de crise en crise sans fin—contre les volontés populaires d’indépendance, d’autonomie, de paix, de stabilité et de liberté; pour un vrai dialogue entre fils et filles du pays contre des monologues, des concertations sélectives et des mises en scène lamentables; pour une vraie réconciliation nationale contre un arrangement au sommet entre manipulateurs politiques; pour un Etat digne pour tous contre un semblant d’Etat géré à partir d’ailleurs… pour une mise sous tutelle du pays contre la promotion de l’autodétermination; pour l’organisation souveraine des élections contre une inféodation à la “communauté internationale”; pour une démocratie endogène a partir de la base contre une démocratie civilisatrice imposée du sommet; pour une vraie armée nationale républicaine contre des milices personnelles et des mercenaires…; à la CNS, pour “le départ de Mobutu, le mal zaïrois avec son Mobutuisme” contre “Mobutu reste, règne et ne gouverne pas”; pour un fédéralisme démocratique contre une “géopolitique régionaliste.” Ce qu’on observe dans la pratique, c’est une marche incertaine, dans la nuit sans aucune étoile…; pour un fractionnisme politique allant jusqu’a la formation de près de 500 partis politiques contre la nécessité de l’unité de la classe politique; pour les élections, sous l’occupation, respectant les délais constitutionnels contre les élections libres après la libération du pays de l’occupation; pour la parité femme/homme en politique contre l’élévation incrémentielle sélective de la femme; pour la balkanisation du pays contre sa balkanisation; pour la reconnaissance publique des tribus comme sujets politiques contre la manipulation clandestine du fait tribal… La vacillation entre ces divisions complique l’avancement du peuple…l’aiguisement de sa conscience politique pour ses levées de masses créatrices…

Une politique sans principes depuis 1960—contre les droits des gens, contre la justice juste, contre la vérite politique, contre la justice sociale—même contre les mots, ouvrier, paysan, étudiant et intellectuel. Les ouvriers en grève ont été réprimés sauvagement; les paysans ont été privés de la modernité, bien qu’accablés d’impôts et opprimés par des agents de l’Etat; les étudiants en marches pacifiques de protestation ont été massacrés. Cette politique a toujours été sans considération de la plupart des gens du peuple.

Cette politique a toujours réprimé, et empêché la capacité politique des gens de se former. Elle a toujours voulu diviser pour régner et étouffer toute tentative de solidarité entre les gens de partout.

Les filles et fils Katangais, nos compatriotes, doivent se distancer d’assumer la lourde charge d’étouffement de notre peuple: nos vaillants héros ont été torturés et tués dans les prisons du Katanga. La sécession du Katanga et celle du Sud Kasaï avaient permis l’arrêt de la vision d’une vraie indépendance. Les réactionnaires des policiers belges au service du Président Moise Tshombe s’étaient surpassés a scier en pièces les corps de Patrice E. Lumumba, Maurice Mpolo, Joseph Okito, et les faire disparaitre dans l’acide sulfurique—un vrai crime contre l’humanité; pas plus loin, un grand fils du Katanga a accepte de signer l’Accord de Lemera octroyant une partie du Kivu au Rwanda; en réclamant comme fils celui qui est au pouvoir qui supervise des assassinats, de traiter les morts comme des déchets, de tirer dans la foule des jeunes exerçant leurs droits constitutionnels…Bref, en organisant pour désorganiser le pays en faveur des autres que le peuple congolais tout entier, nous ne voulons pas que l’histoire vous responsabilise de cette charge. Et les tragédies de nos autres grands fils—Chebeya et d’autres…

Oui, Congolaises et Congolais de partout, n’est-il pas temps de vous réveiller? Votre sommeil donne l’occasion a tous les exploiteurs du monde de vous utiliser comme des choses sans que vous ne le sachiez. N’avez-vous pas quelque chose entre vos épaules? Vous n’avez que des héros morts, des gens audacieux auxquels on a empêché de réaliser leurs visions et leurs rêves. Une jeunesse qui ne rêve qu’a quitter le pays pour la diaspora représente une mort, dans l’œuf, du futur du pays. L’abaissement de l’intellectuel congolais est une injure à la science et à l’humanisme universel. Les hommes et les femmes de Dieu qui ferment leurs yeux pour ne pas voir la misère, l’injustice, la haine, la perte de l’espérance…font honte au Saint Esprit dont l’irruption dans les années 1921 à trace la voie vers la recherche de la liberté.

Laisse de plus en plus à la direction des transnationales et des hommes richissimes, le monde est devenu de plus en plus méchant et égoïste. L’intelligence virtuelle pousse les gens à être irresponsables et marqués par le “prêt-a-porter” ils donnent congé à l’imagination créatrice et l’esprit de la découverte. On ne voit plus ce qui ne va pas, hélas! Osez voir, Congolaises et Congolais, ce qui ne va pas! Osez crier votre indignation—pour espérer son retentissement chez ce qui reste d’humanistes dans le monde!

Kazu
Un fils, un compatriote très indigné
15 June 2015

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