Á propos du débat autour de la différence entre la véracité et la verité-processus-cum-verité-procédure générique.

1. En fin de compte le débat porte sur les modèles conceptuels pour réussir la réconciliation avec vérité. L’espoir est que cette réussite ouvre la voie à la solution durable de la crise congolaise.

2. Contrairement à la situation de l’Afrique du Sud où la crise se manifestait par une scission de la Nation sous un Etat dirigé par une partie de la Nation, la crise congolaise se manifeste comme l’inachèvement durable ou la défaite de la construction politique de la Nation congolaise, une et indivisible, et la construction d’un Etat sur la base de la destruction du modèle colonial de l’Etat, c’est-à-dire la non réussite de la guerre de libération nationale contre les conquérants et leur Etat colonial, passablement reproduit par l’esprit colonial encore vivant dans certaines catégories des Congolais, c’est-à-dire l’inachèvement de la désaliénation des anciens colonisés. Toutes les négociations pour résoudre cette crise qui sont déployées et dirigées par le camp des anciens conquérants, non seulement ne renforcent pas la désaliénation, mais aussi, visent à mettre en place une variante du modèle colonial.

3. Exposer ou révéler tout ce qui entretenait la scission pour le déraciner afin d’unir la Nation Sud africaine était dire la vérité et donc être fidèle à la résolution de la crise. Parler de façon à entretenir la scission sous le masque de l’unité de la Nation, s’appuyer sur la logique de l’Etat pour justifier sa partie de la Nation, c’est mentir—comme De Clerck à Desmond Tutu–, c’est-à-dire, c’est n’être pas fidèle à la résolution de la crise. C’est par la fidélité à la résolution de la crise que la vérité se détermine. Il ne s’agit pas d’opinion qui se déterminerait par une situation de pour ou contre, c’est-à-dire la véracité ou plausibilité de l’opinion. Celle-ci laisse la crise intacte.

4. Avant d’aborder brièvement la question de la vérité, je vais citer les modèles conceptuels ou plutôt des répertoires ou registres conceptuels par lesquels la question de la réconciliation est abordée : a) le répertoire théologique dont les éléments sont : le manquement/péché, la confession/repentir/le pardon/salut, la grâce de Jésus-Christ comme modèle de bonté ; b) le répertoire de la contradiction : spécificité des contradictions avec l’antagonique se résolvant soit par explosion violente soit par sa transformation en une contradiction non-antagonique et se résolvant par la méthode de résolution des contradictions parmi le peuple : entre autres, critique, autocritique (en présence des critiques) et rectification. Dans l’explosion, l’un des éléments disparaît absolument ; la rectification met en jeu le rapport entre l’ancien et le nouveau, c’est l’événement qui fait la démarcation de ces deux ; c) la palabre, comme répertoire, est inclusif et met en jeu : le débat multicontradictoire(se référant à la dialectique quadrinodale reliant : la vision, le pouvoir, la guérison et la sagesse—le prophète, le chef, le nganga/guérisseur et le sorcier/ndoki) , c’est un multidialogue, un auto-multiquestionnement (ntungasani) collectif visant à traquer la mauvaise parole(symptomatique) qui divise, pour l’extirper de façon consensuelle et unanime ; tout le champ des significations est mis en branle par un déballage généralisé ne tolérant aucun silence sans signification, etc., la palabre se termine par une réunion de re-affirmation des principes justes et bons pour tous, opposables à tous (mfundu za bindokila) ; d) la logique qui valide ou invalide, par des règles formelles d’argumentation, les arguments, elle introduit aussi la spécification des dispositions épistémologiques de la vérité ou le mensonge par référence aux porteurs (« bearers ») de la vérité ; e) la psychanalyse qui détecte, non seulement les envoûtements mais aussi les sentiments réprimés dans l’inconscient et actifs dans le déroulement des comportements, se pose ici la question du sujet des actes et comportements des gens, comment guérir les émotions réprimées mais actives dans l’inconscient individuel et social pour briser le rejouement du comportement s’accommodant aux traumatismes (voir la démarche de Lemba) ? ; f) la philosophie, comme rupture avec l’opinion, renseigne sur les différentes figures de la vérité (reflet sans ou avec miroir, correspondance ou conformité à la réalité ou aux faits, cohérence, totalité, véracité, déflationniste, etc.,), la compossibilité des vérités (comme événements) et les différentes figures du sujet (du sujet réflexif cartésien au sujet clivé de Jacques Lacan, etc.), mettre en question tout sans s’arrêter, questionner tout point de vue partisan (against one-sidedness) ; g) détective (criminologie ou police judiciaire) qui croit détecter les mensonges, etc. ; et h) le registre juridique : la conformité à la loi : le pardonner sans oublier. Les exercices de la réconciliation ne semblent pas mettre, bien souvent, au centre, le traitement/guérison de la victime réelle et pas seulement celle ciblée.

5. Le cas particulier d’Alain Badiou dont la conception de vérité, qui part d’une relecture profonde de Platon, pose que la vérité est un événement, un trou ou une rupture dans le tissu ou système existant de la connaissance : en sciences, elle s’appelle une découverte, en art, elle s’appelle une pièce maîtresse, en politique, elle s’appelle un mode historique de la politique et dans l’amour, une figure nouvelle de l’amour. La compossibilité de ces vérités s’appréhende par la catégorie philosophique vide de Vérité. La découvre ouvre tout un champ ou une manière nouvelle de faire la science ; cette manière c’est le processus de fidélité à cette vérité. Par rapport à la physique einsteinienne, la newtonienne est-elle vraie ? Si l’on peut lire la crise congolaise comme révélée par une série des événements, la vérité de l’événement qui fait rupture avec les figures passées de la crise serait celle qui serait utile pour la résolution de la crise. Quel événement pointe à la résolution de la crise par la fidélité à sa vérité ? Il faut que quelque chose arrive pour qu’il y ait une politique ; c’est l’événement qui nous oblige ou nous pousse de décider sur le choix d’une nouvelle manière d’être et d’exister. Etre fidèle à l’événement c’est de se déplacer (to move within) dans la situation organisée par lui en pensant la situation suivant l’événement. Et donc, en fait de compte, la vérité c’est le processus réel de la fidélité à l’événement, ce que cette fidélité produit dans la situation. Sans être « produit ou marqué » par cet événement, on est marqué par l’opinion du système ambiant de la connaissance. Pour Badiou, la vérité comme processus ou comme procédure générique, c’est la même chose.

6. Dans un article très intéressant intitulé : « Où est la vérité ? » (Revue canadienne de philosophie, Vol. XVII, No.2, juin 1978, pp. 286-319), Robert Franck montre clairement que le sort qui est fait à la vérité est lié à des enjeux sociaux. Les intérêts des uns peuvent les amener à tromper le monde et à se tromper eux-mêmes tout aussi bien, les intérêts des autres peuvent les pousser au contraire à « faire toute la vérité .» Pour ne pas aller trop en détails philosophiques, la vérité favorable à la résolution réelle de la crise n’émerge pas à partir de n’importe quel enjeu social, mais en ligne, dans la fidélité aux conséquences de l’événement visant à cette résolution.

7. Avec l’événement du prophétisme politique (l’avènement de Kimbangu Simon et les Bangunza), en 1921, a surgi la vérité politique suivante : « le Congo et l’Afrique doivent être libres. Les Congolais doivent être indépendants spirituellement et politiquement pour être maîtres d’eux-mêmes. » La conséquence de cette exigence a entraîné la radicalisation de certains Congolais (militants spirituels), la condamnation à mort puis à vie de Kimbangu et la déportation, loin du terroir, de nombreux militants (38,000)—dont beaucoup son morts loin de chez eux, en prison ou dans des camps. La colonie était secouée ; mais l’aspect politique de l’organisation pour la libération nationale était insuffisamment développé. Pour la plupart, partout où ils étaient, ils ont marqué d’autres personnes.

8. Le débat contradictoire entre les gens du Manifeste de la Conscience africaine et l’ABAKO dont le Contre- Manifeste introduit l’exigence de « l’émancipation immédiate » donna naissance à une séquence politique (1956-1959) organisée autour de cette exigence, mobilisant la population coloniale renforçant sa capacité politique en vue de lui donner une puissance politique, pour concrétiser la vérité de cette exigence. La fidélité à cette exigence de l’indépendance immédiate, exigeait des conditions : sujets fidèles (opposés aux sujets réactifs et obscurs : ceux qui attendaient l’indépendance préparée par les colonialistes suivant, par exemple, le plan Van Bilsen et ceux qui ne voyaient rien dans le débat contradictoire), un organe capable de porter et les sujets et la politique de cette fidélité. C’est à cette période que l’ABAKO commence à faire des alliances. Le 4 janvier 1959 c’est la ponctuation de cette séquence. J. Kasa-Vubu dira, ce jour-là : « Nous ne sommes pas opposés à la double appartenance ; les gens peuvent être au MNC et à l’ABAKO. » A SUIVRE.

Ernest WAMBA DIA WAMBA
11 Janvier 2009

Approaching Brecht, by Way of Africa

I have not seen the play. I don’t like the title, but I do like what is being attempted and the idea that what women have gone through in Africa can be brought into a play. It is a step.

The next one, I think, will happen when plays are written straight from the lives or the stories (as Prof. Micere Githae Mugo once told me–see Silences in African History, p. 9) which “refuse to be written” because the young girl who could not do the assignment (of talking to a MauMau veteran) had been raped by the very person she was supposed to go and talk to. He had raped her after he came back from one of the concentration camps set up by the British under the MauMau. There, he had been tortured and, as a consequence, lost his mind.–Jacques Depelchin

Reposted from The New York Times on January 21, 2009.

SO many decades and productions have washed against the muddy wheels of Bertolt Brecht’s play “Mother Courage and Her Children” that the title has sunk deep into the ordinary and familiar. But when the playwright Lynn Nottage spoke the first two words of the title to Congolese women in the refugee camps of Uganda in 2004, she said, they repeated them in such a way that the words became woundingly new.

Ms. Nottage had traveled to Africa to research the brutalities and damage Congolese women had suffered in their country’s civil conflict, and incorporate her findings into an adaptation of Brecht’s 1939 work. Hearing the women, in French, speak the words “mother, courage” back to her — emphasis on “mother,” a sorrowful pride inflecting “courage” — “changed everything,” she said.

She called the new work “Ruined” and gave its seminal character the name Mama Nadi. Currently in previews at the Manhattan Theater Club’s Stage I on West 55th Street, it opens Feb. 10 under the direction of Kate Whoriskey in a co-production with the Goodman Theater in Chicago, which presented the premiere there this fall.

One of the first things Ms. Nottage was able to jettison by developing her own conception rather than staging a version of Brecht’s was the “kind of distancing Brecht strove for from his audience so he could engage it intellectually,” she said. “I believe in engaging people emotionally, because I think they react more out of emotion” than when they are “preached to, told how to feel. It was important that this not become a documentary, or agitprop. And that Mama Nadi is morally ambiguous, that you’re constantly shifting in your response to her.”

Seated in a cafe near the brownstone in Brooklyn where she grew up surrounded by the African and African-American art her parents collected, and where she still lives, Ms. Nottage, 44, talked about how the combination bar and brothel that the enigmatic Mama runs in a small mining town both shelters and exploits an increasingly close group of women. They have ended up there after being driven from their homes, communities, marriages and families by the rape, mutilation, torture and other forms of violence employed as weapons in a blatantly senseless war.

Under the watchful, wary eye of Mama (played by Saidah Arrika Ekulona), they keep paid company with a revolving assortment of regulars: soldiers and miners, a rebel leader and his archenemy, a slippery merchant-of-all-trades and a courtly, romantic traveling salesman. Several of the actors are cast in multiple roles.

That multiple casting was a necessity for a relatively modest production with epic aspirations, explained Ms. Nottage, who was awarded a MacArthur “genius” grant in 2007 for her achievements. But it was also an artistic decision that helped add to the play’s sad ambiguities and open-endedness.

Each character in a play by Ms. Nottage is always alive with personal details and individual specifics, said Jerry Patch, who first met her when she was a young playwright at the Sundance Theater Lab, and who recently became the director of artistic development at the Manhattan Theater Club. “Because of the scope and ambition of her plays she’s like a sculptor who refines and refines,” he said. “The poetry in her work is complex and compelling.”

The play’s undergirding of history, politics and warfare, all still unspooling in war-torn Africa, made character development even more daunting than in acclaimed period pieces by Ms. Nottage like “Intimate Apparel,” “Las Meninas” and “Crumbs From the Table of Joy,” which is set in the 1950s.

On the one hand, “the way the crisis was presented in the telling by these Congolese women was very different than we expected,” said Ms. Whoriskey, who accompanied Ms. Nottage to Uganda. “They don’t have the emotional energy to cry, or to express the tragedy of what happened except through a quieter story that is very specific, and even more terrible.”

On the other hand, Ms. Nottage said, she was intent on suffusing the play with the utmost authenticity when it came to the larger culture, including music and song. “So much writing about Africa is like pornography, depicting only the violence,” she said. “I also wanted to show the beauty, how gorgeous it is.”

She was helped in this by the fact that several of the cast turned out to be from immigrant backgrounds, and some even had firsthand experience of war zones in Africa. Kevin Mambo, who plays Commander Osembenga, was born in Zimbabwe, Ms. Nottage said, and “when I wanted a certain gesture, he could give it to me.”

The ugly realities of the crimes committed — and, in Ms. Nottage’s view, the exploitation of Africa’s natural resources by the West, which bears much of the responsibility for those misdeeds — have also taken their toll in rehearsals at times, with the normally outgoing and affectionate cast becoming “somber and quiet,” she said. “It has taken us all to some very dark places.”

Yet she says she thinks audiences will discover a surprising sense of hope in “Ruined,” nurtured by the connection she made as an African-American woman to the continent of her ancestry. “I have a photograph of me taken with some of the women in Uganda, and I’m wearing a dress I got in Senegal,” she said. “I literally can’t pick myself out in the picture.”

Que dire aujourd’hui de la République Démocratique du Congo?

Following is a talk given in French by Ernest Wamba dia Wamba on January 12, 2009, at a ceremony commemorating the 5th anniversary of the Mbongi a Nsi. An English translation is attached.

1. L’histoire qui a commencé avec la rencontre inaugurale avec les Européens, au 15ème siècle, continue toujours sa trajectoire : de la traite négrière aux formes modernes de servitude, se focalisant sur la réduction des habitants à n’être que de la main d’œuvre la moins chère possible ou simple objet de l’humanitarisme—fondé sur la charité—mais pas vraiment une partie intégrale de l’humanité avec laquelle avoir une relation égalitaire de solidarité.

2. Toutes les résistances, toutes les luttes, par les conquis, de re-affirmer leur humanité étaient confrontées par l’effort de nivellement par les conquérants. Il fallait en finir avec Ndona Kimpa Vita et les Antoniens qui exigeaient que les Kongolais soient traités comme des humains et non des machines productives à vendre au Nouveau monde, que l’intégrité du royaume soit préservée, que la capitale, Mbanza Kongo détruite soit reconstruite et que le Christianisme des sacrements participant dans la traite négrière soit remplacé par un Christianisme de sincérité du cœur soutenant les misérables—en ligne avec celui de St Antoine.

3. Il fallait en finir avec tous les dirigeants, comme M’siri, qui résistaient à l’établissement forcé de l’Etat Indépendant du Congo qui organisa un holocauste emportant au moins 12 millions de Congolais en moins de 30 ans. Même l’abolition de l’esclavage (1807-1868) ne reconnaissait pas nécessairement l’humanité des Congolais dont on pouvait couper les têtes et les mains—suivant la directive « d’exterminer les brutes ! »– pour augmenter le profit. A part les livres qui sont écrits pour exposer cet horrible holocauste, aucune pensée en faveur des réparations et des compensations ne fait son chemin. Qui porte la responsabilité de tout ce sang versé ?

4. Il fallait en finir avec Kimbangu Simon et les prophètes—Bangunza—soumis aux humiliations (leur faire nettoyer leurs matières fécales avec leurs mains, les chicoter chaque jour, jusqu’à 240 coups par jour pour Thomas Ntwalani, etc.), gardés en prison, à perpétuité, déportés vers les forêts denses et les autres parties du Congo belge pour les éloigner de leur terroirs d’origine. Cela parce qu’ils exigeaient la libération spirituelle (« plus d’intermédiaires pour avoir accès à Dieu »), la libération politique (« les Blancs doivent partir ! »), la libération de toute l’Afrique, la libération des descendants des esclaves et leur retour en Afrique—restaurer l’humanité complète à la race noire la plus humiliée du monde.

5. Il fallait en finir avec Lumumba et les nationalistes qui ont osé revendiquer l’éradication complète des conditions coloniales de vie, la construction de l’indépendance réelle par des Congolais désaliénés et la foi inébranlable en l’avenir du Congo libéré. Même leurs corps physiques, dépiécés, devaient disparaître sans traces. Combien de nationalistes étaient assassinés pour mieux asseoir le néo-colonialisme sur le sol de l’Authenticité pro-occidentale, nous ne savons pas. Que des gens, dont les corps dépiécés (Pierre Mulele, Benguila, etc.,) étaient jetés dans le fleuve ; que des gens étaient servis aux crocodiles (Raymond Bikebi, etc.) Des villages entiers étaient détruits… Des leaders innocents étaient pendus. Pour beaucoup leurs cimetières sont introuvables. Tous ceux qui sont morts pour soutenir (forcés de soutenir) le camp occidental de la Guerre froide n’ont rencontré auprès de celui-ci aucune reconnaissance morale ou matérielle. Ce sont les auteurs intellectuels de l’assassinat de Lumumba, par leurs structures dirigeantes—le Congrès américain et le Sénat belge— qui, jusqu’ici, ont eu des commissions pour entre autres investiguer sur l’assassinat de Lumumba, nos leaders n’y pensent pas ! (Les bourreaux directs, belges, de Lumumba, Mpolo et Okito, ne se sont jamais inquiétés ; l’un d’eux se félicita d’avoir gardé comme trophée deux dents de devant de Lumumba !)

6. Des millions des Congolais peuvent être massacrés par des guerres d’interventionnismes extérieurs utilisant parfois des mercenaires croyant au Nazisme (Muller, Mike Hoare..), par des rébellions de pillage des ressources naturelles, par l’insuffisance alimentaire, par l’oubli total de la santé publique…sans aucun écho de solidarité réelle ne se manifeste dans le monde. Même l’humanitarisme de charité est une occasion d’enrichissement de ses agents beaucoup plus que du salut de la population menacée. Faire le bien n’est vite fait que s’il est profitable. Il faut en finir avec Laurent Désiré Kabila qui rappela le souvenir de Lumumba et raviva la mémoire de celui-ci, qui doive rester à l’index historique absolu. Il faut que les soi-disant Kabilistes trahissent leur maître et se re-entourent des fidèles Mobutuistes. L’assassin n’était-il pas kabiliste ?

7. L’idée court toujours dans les têtes et les cœurs des gens du monde que le Congo est une géologie ou une géographie physique et non pas une population. Que faire des gens qui ne peuvent être que des obstacles au pillage des ressources naturelles recherchées par le monde civilisé ? Que faire des gens proclamant leurs revendications pour vivre, s’ils exposent les gens du pouvoir au service des forces extérieures ? Les animaux attendent les avantages de la saison prochaine ; les personnes sans espoir de lendemain, sans espoir de l’avenir, ne sont-elles pas moins que les animaux ? Que des gens, citoyens théoriques, meurent comme des animaux ordinaires ? Les chiens des riches sont enterrés convenablement.

8. Pendant des siècles de la traite négrière, le Christianisme était ou bien complice ou bien impuissant. La percée du Christianisme pentecôtiste, aujourd’hui, sert de plus en plus de parapluie à la paupérisation de la population congolaise, à gérer quotidiennement les funérailles et bénir le pouvoir auquel elle fournit des aumôniers, chiens de garde de spiritualité sans sincérité de cœur. La volonté des dirigeants d’éliminer Fernando Kutino, pour avoir voulu déclencher un mouvement populaire pour « sauver le Congo », est très forte.

9. Chaque cataclysme, dans la marche de l’histoire du pays, s’est achevé sans avoir résolu les problèmes rencontrés. Aucune preuve de volonté de le faire d’ailleurs ; les gens du pouvoir reprennent le souffle pour recommencer leurs actes de destruction. Pas de réconciliation avec vérité n’a lieu parce qu’ils ne sont pas fidèles à la vérité de changement réel, mais ils sont fidèles à la continuité de leurs anciens privilèges, qu’ils désirent d’ailleurs augmenter. Le fameux partage de pouvoir, entretenu par les tireurs de ficelles, concerne la répartition, proportionnelle aux degrés de puissances des candidats, de ces privilèges.

10. Il fallait en finir avec des Congolais dans le Rassemblement congolais pour la démocratie pour avoir soutenu qu’il ne suffit pas d’avoir été victime de génocide ou de la révocation répressive de son droit de nationalité pour avoir tous les droits sur tous les autres, adversaires ou sympathisants, pour avoir le droit de diriger, par la force, l’Etat ; il ne suffit pas que les puissances aient une sympathie de remord pour les victimes pour que celles-ci se croient être dans le vrai et protégées de tout désastre (moral et politique). C’est en se convaincant les uns les autres qu’émerge le vrai. D’avoir aussi soutenu que le droit d’auto-détermination est universel, même vis-à-vis des alliés ougandais. Il fallait en finir avec les gens de Bundu dia Kongo (BDK) pour avoir revendiqué le droit de refuser les résultats des élections par menaces, extorsion et grande corruption ! Et d’avoir re-affirmé avec force leur identité culturelle et historique…

11. Le gouvernement est souvent composé des membres qui sont plus préoccupés de rester au pouvoir et s’enrichir scandaleusement et rapidement tout en regardant devant eux l’appauvrissement catastrophique de la majorité de la population dont ils feignent d’ignorer les cris d’alarme et les revendications en faveur de la résolution des problèmes que cette majorité confronte. Dans le contexte de la mondialisation dominée par les entreprises transnationales monopolistes, l’engagement, par le gouvernement, au néolibéralisme, c’est-à-dire, à la destruction par, entre autres, des privatisations, de l’Etat, est un engagement à la paupérisation de la majorité de la population. C’est aujourd’hui un privilège d’être à l’école, d’être soigné, d’avoir de l’eau potable et de l’électricité, d’être sécurisé, d’habiter un endroit salubre…

12. Ceux qui sont au pouvoir ne semblent pas avoir une idée claire de là où doit aller, ni de pourquoi et comment ce pays s’est retrouvé là où il est actuellement. Aucune mémoire respectable des ancêtres respectables. Comme si les ancêtres qui sont morts pour défendre le pays et son peuple, sont morts en vain. Ce n’est que comme fonds de commerce propagandiste, qu’on mentionne P. E. Lumumba, J. Kasa-Vubu ou S. Kimbangu. Ils n’ont aucun sens de l’histoire. Les problèmes confrontés, par leurs ancêtres, il y a 500 ans (incapacité d’assurer la suffisance alimentaire, incapacité de produire les moyens de défense et d’assurer la défense du pays, son intégrité territoriale et la protection de sa population et ses biens) se posent toujours—même avec plus de gravité. En ce temps-là, le roi soi-disant éclairé Afonso I faisait plus confiance et mettait son espoir aux missionnaires dont certains s’engageaient dans le commerce des esclaves. Le dictateur Mobutu plaçait toute sa confiance aux dirigeants du « Monde libre » pour réprimer son peuple. Aujourd’hui, le peuple est invité de lever ses yeux vers la Chine pour attendre son salut. Les « élections libres et crédibles » n’ont mis en place que des offices qui légitiment ce qui a toujours causé la crise, aujourd’hui catastrophique.

13. Les élections rédemptrices ont eu lieu (2006), de façon précipitée—sautant celles locales, urbaines et municipales, proches aux masses—sans que l’espoir d’un monde nouveau soit réalisé : le monde de l’oppression, des misères, de l’arbitraire, de la nuisible anarchie des anti-valeurs, de la pillagecratie, de l’enrichissement égoiste et sans cause d’une minorité s’appuyant sur et soutenue par les sorciers de l’extérieur (les ‘agences’ de l’économie mondiale de crime—blanchissement d’argent, seigneurs de guerre pour le coltan rouge, négociateurs de contrats léonins, etc..), de l’impunité constitutionnelle ; le monde de la survie par tous les moyens imaginables et de la fragmentation de ce qui restait de l’Etat continue toujours, ayant pour dirigeants des élus du peuple !

14. Les questions restées pendantes avec l’inachèvement de la fin du génocide Rwandais continuent de servir si pas d’huile au feu de brousse habituel, le feu attisé si pas allumé par le pillage des ressources, alors de motrices aux guerres dites de basse intensité. Les sentiments haineux de vengeance passent pour une politique de libération ou même celle de « développement national.» Les nouvelles institutions « démocratiques » supportent les possibles conditions de génocide non déclaré. Le communautarisme, souvent pointé comme solution, de part et d’autres, génocidaires et candidats au génocide, génère dans toute la région des sentiments d’exclusion que la transition congolaise devait résoudre.

15. Il faut renverser la condamnation de Ndona Beatrice Kimpa Vita et tous les Antoniens pour raviver leur esprit et leur grande mémoire ; il faut condamner le roi Pedro IV et tous ses complices missionnaires—pour reconsidérer le Christianisme qui défend la dignité humaine des misérables. Pour guérir tous ceux qui ont été frappés par la peur maladive de ne plus oser lever la tête pour défendre leur humanité. Entre le vendeur d’hommes et la protectrice d’hommes, face à l’esclavage, qui devait être brûlé vif ? Ne faut-il pas des compensations et des réparations à qui de droit ? Qui s’oppose à l’érection du monument de Kimpa Vita ? Pourquoi n’a-t-elle pas encore été consacrée Sainte ?

16. Il faut acquitter et réhabiliter Kimbangu Simon et les Bangunza pour faire revivre leur esprit et leur mémoire ; l’essentiel de ce qu’ils revendiquaient constitue aujourd’hui les valeurs que prétend défendre l’ONU et plus : ils avaient guéri des malades physiques et spirituels ; ils ont facilité la décolonisation et même, dit-on, Kimbangu avait libéré le roi des Belges de la prison des Nazis. Ils ont facilité l’acceptation du Christianisme dans les masses (ils ont combattu le fétichisme, l’esclavage domestique, la sorcellerie, etc.) Pour guérir tous ceux qui étaient désorientés par les accusations qui donnaient l’impression de relever d’un monde à l’envers, il faut des réparations, des compensations et des cérémonies nationales de repentance. Qui devait être puni ? Celui, qui a organisé des travaux forcés qui entraînaient des épidémies et mort d’hommes, ou celui qui soignait les malades et calmait leurs esprits ? Celui qui revendiquait la liberté sur sa terre natale ou celui qui l’enchaînait sur sa terre ?

ERNEST WAMBA DIA WAMBA BAZUNINI.

Nkiutomba, le 12 janvier 2009

Interview with Ernest Wamba dia Wamba

Mandisi Majavu is with the Africa Project for Participatory Society. On December 16, 2008, he conducted the following interview by email with Ernest Wamba dia Wamba, who directs the Ota Benga Alliance’s sister organization in Kinshasa, the Ota Benga Center for Human Dignity.

Majavu: You are one of the co-founders of the Congolese Rally For Democracy (RCD) and its military wing – Congolese National Army (ANC). Before the RCD split into various factions, Laurent Nkunda was a soldier in the ANC. Did you know Nkunda before he became an independent rebel leader? If yes what were your impressions of him? What led to the split of the RCD?
Wamba: I did know of him and not know him personally. As far as I know he is a well-trained officer.
There were a number of splits as you know. The first time, the issue was an opposition between those who wanted a short rebellion war and those who seek ways of negotiating with Kinshasa instead of getting too many people killed unnecessarily, if the conflict that was essentially political could and will only be resolved politically. I was the leader of that group that was very much supported by some regional leaders such as Nyerere, Chissano, Chiluba and Mkapa. The other group was the militarists who wanted to get militarily to Kinshasa, overthrow the government and speak of democracy only after. We felt that no military victory can lead so easily to democracy, the military victors get so haughty that, as shown with AFDEL, they keep postponing elections indefinitely. The militarist group was supported by Rwanda whose interest for democracy in the DRC was zero.
The second split was about the relative independence of the rebellion from the allies: those who felt there should be no conditions on the alliance with Uganda, for example, and those who felt that relative independence was also a way of protecting the allies from outside accusation. I was the leader of the relative independence of the rebellion and went as far as proclaiming the need for self-determination and asked, after the Lusaka accord, that the Ugandan troops withdraw. The opposition group was led by Mbusa and Tibasima who felt very attached to the allies.
The third split was around the continuation or not of the war, after the killing of L.D.Kabila, and the formation of the Liberation front to that effect. I was the leader of the group that refused such continuation and did not join with MLC.

Majavu: It is often said that when the RCD was formed to fight against Laurent Kabila, Paul Kagame gave the cofounders of the RCD support in a hope that the RCD will eventually be Rwanda’s proxy in the DRC. Is there any element of truth in that?
Wamba: I do not know what Kagame had in mind; the rebellion started from a mutiny in Goma supported by the Rwandese; it was started as a reaction to the way L.D. Kabila had chased the Rwandese from Kinshasa, breaking from whatever agreements he had with the Rwandese. There was probably a better way of thanking those who put him in power. He had leaders around who could have helped him negotiate that peaceful departure such as Nyerere and Mandela. His way of exercising power was starting to alienate those who had supported him and this explains also the regional support, at least partially, of the 1998 rebellion.

Majavu: Did the RCD ever ask for help from the United States in its efforts to overthrow Laurent Kabila?
Wamba:Directly no. But the RCD did enjoy a certain moral understaning from the USA that was becoming very concerned about the way L.D. Kabila was exercising power.

Majavu: In retrospect, where do you think the RCD failed? What do you think the leaders of the RCD should have done differently?
Wamba: The basic failure of the RCD was the inability to have a relative independence from the allies and thus to carry out their initial objective of the rebellion: a democratic correction of L.D. Kabila’s regime tending towards dictatorship. This required just to get the Kinshasa regime to come to negotiations and agree on a process of democratization. The splits led to more divisions and the focus of the struggle got lost and increasingly those most interested in democracy were marginalized in favor of warlords. The objective then became one of power-sharing as a way to bring peace and thus give more leverage to those who held more military might. And almost no concern for healing the divisions inside the people. This explains why the truth and reconciliation did not take place.

Majavu: What is the situation like on the ground in the DRC at the moment?
Wamba: Not good at all and the promises are not convincing people that waiting will bring any better future at all: Very few of the electoral promises of peace, security and development are seen to be happening. The war in the East is not ending and both the rebels and the government forces are harassing the population with more and more displaced people and massacres as well. Negotiations don’t seem to get off the ground and one has the feeling once again that outsiders are probably going to come and impose another short-lived solution. In the meantime, of course, the corruption is growing and looting of resources seems to be the real fuel of the war.

Majavu: What does Nkunda want and where is he getting military and financial support?
Wamba: He has been changing his main agenda; initially he was opposed to the discriminatory character of the State not protecting the Tutsi citizens from the genocidaires (FDLR) that are believed to be supported by the government. And now he wants to open the whole issue of dealing with all the complaints, even those related to other parts of the country–the excessive repression in the Kongo Central, the generalized insecurity in the country, the liberation of Bemba, truth and reconciliaition, etc. According to the UN report recently disclosed in New York, he has been supported by Rwanda–most likely supported by those who have been getting the minerals found in the area he controls. Those are minerals very much sought by transnationals dealing with mobile phones, computers, airplanes and satellites.

Majavu: Nkunda has been engaged in a low-intensity conflict against the DRC government for the past four years, why do you think people are only starting to pay attention now?
Wamba: The recent elections in the USA seem to have brought about a significant shift of world power relationships; the possible change of the usual go about of things represented by the pro-neo-liberalist Bush regime seems to have awakened certain forces. That is why during the campaign, students in US universities started raising the issue of the silence over the killing in the DRC. The scale of the humanitarian tragedy also made the press report it often. The fact of the DRC contract with China and the European Union opposition to it has also something to do with it.

Majavu: Your own party (RCD-K) has seats in parliament. What politics does RCD-K subscribe to?
Wamba: In a sense, I am no longer a member of that party now controlled by Mbusa; not only do they not want me in, those close to me have constantly been denied positions. We have been working on the creation of a different type of political organization. I do not know what his MPs are saying about the situation. Short of coming back to our original program of democratization from the building of local cohesion inside the people to bridge the divisions and at the same time organizing a national reconciliation as a way to get the people to support the institutions, nothing long lasting will happen. Democratic institutions set up with democratization pushed from the outside are like offices put in place: if no creative decisions are coming out of those offices, there is no mass enthusiasm for their policy. Good policy is legitimized by mass enthusiasm. The issue of power should not be confused with the issue of democratization.

En cette fin d’année

Pour celles et ceux qui, envers et contre tout
Luttent dans un temps immortel que
Vivent les immortelles pulsions de l’humanité
Libérée des amarres séculaires visiblement
Et invisiblement ancrées dans l’esclavage
Dans une abolition avortée par la colonisation
Sous les couleurs de la civilisation
Préparant, le savions-nous,
Une triomphante globalisation

En cette fin d’année à la recherche
Immortelle de la liberté de l’humanité
Encourageons les courageuses et courageux
Prêts à savater les affameurs de la liberté
Enracinés dans leur mentalité
Haiti n’existe pas,
Vive Saint Domingue
Aristide n’existe pas,
Vive Papa Doc
Lumumba n’existe pas,
Vive le Gouverneur de la Colonie
République Démocratique du Congo n’existe pas
Vive la tutelle de l’ONU,
Préparant, le savons-nous,
Sous les couleurs humanitaristes,
La fin de l’humanité

En cette fin d’année
Souvenons-nous avec force de celles et de ceux
Qui rappellent,
L’existence de Haiti
Vivent
L’existence d’Aristide
Chantent
L’existence des Africains libres
De tous les fantômes du Congo
Refusant librement d’avaler
Les couleuvres de la globalisaton
Refusant le suicide de l’humanité

En cette fin d’année
Disons aux kidnappeurs de Lovinsky Pierre-Antoine
De le rendre à Michelle, à Stephane, à Olivier
Aux kidnappeurs de Haiti libre
De rendre la liberté à Aristide de circuler
Sans entrave dans toutes les Afriques,
Qu’il soit bienvenu partout sans être
Soumis à des règles de Résidence Surveillée

En cette fin d’année
Disons aux kidnappeurs déguisés de la RDCongo
De rendre le pays à celles et à ceux qui ont maintenu
La fidélité aux idées de Lumumba

Que cette fin d’année soit le début de la réalisation
de la fin de toutes les fins de calvaires
séculaires promises, toujours remises
Nous commençons à le savoir :
esclavagisme, colonialisme, apartheid,
Nous le voyons, renouvelés, modernisés
Post-modernisés dans la globalisation

Cette fin d’année grâce à la geste et aux gestes
Des Pierre-Antoine Lovinsky,
Michelle, Stéphane, Olivier, de Haiti.
Des Africains de partout
Des plus connus aux moins connus,
inspirent, aspirent, expirent,
Avec une fidélité patiente et persistante,
L’émancipation complète et totale
De la soumission à un système né
D’un double génocide qui,
Acte de naissance oblige,
Ne peut que se reproduire
Par des séquences génocidaires

En cette fin d’année,
Saluons les articulations multiples
Qui disent et font que ce système
Soit enterré une fois pour toutes
Sans sursis.

Apology

Due to technical difficulties, otabenga.org has been unavailable for some weeks. We regret this lapse and will do all we can to prevent a repetition. Meanwhile, some of our posts may be a bit behind-the-times.

Case of the Zoo Pygmy Exhibited a Familiar Face of Human Nature

Basest Instinct
Case of the Zoo Pygmy Exhibited a Familiar Face of Human Nature

By Ann Hornaday
Washington Post Staff Writer
Saturday, January 3, 2009; C01

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/01/02/AR2009010202444.html

It’s not unusual for a minor, obscure historical figure suddenly to bubble up into the zeitgeist. (Remember the year of two Truman Capote movies?) But the inspiration for what might be the most arcane cultural reference of 2008 turned out to have particular, grievous resonance for me. His name is Ota Benga.

If you saw the wildly imaginative movie “The Fall” in the spring, you might recognize the name. The film, directed by Tarsem Singh, featured a former slave named Otta Benga as one of its larger-than-life fictional heroes. Then, in September, Texas venture capitalist Bill Perkins took out an ad in the New York Times criticizing the financial bailout; the full-page illustration was designed by a Houston-based art collective called Otabenga Jones. Ota Benga has inspired musicians, including the Brooklyn experimental band Piñataland. Someone has set up a MySpace page in his name.

But nowhere has Ota Benga been more obviously referenced than in “The Curious Case of Benjamin Button,” in which an African Pygmy befriends the title character, a young man in an old man’s body. While the two explore the racier pleasures that New Orleans has to offer, the Pygmy — in the film he’s called Ngunda Oti — cheerfully tells Benjamin of his various adventures, which happen to include being put in a zoo and exhibited in the monkey house.

It’s that scene that set my stomach churning. Because it was Ota Benga who, in 1906, was actually put on display in the Bronx Zoo. And it was my great-great-great-uncle who put him there.

Ota Benga’s story began at the turn of the last century, in the forests of the Congo Free State, where he and his fellow tribesmen hunted elephant and antelope for subsistence, fending off hostile tribes and the murderous forces of Belgian King Leopold’s Force Publique. In 1904, Benga was brought to the United States by the missionary, explorer and entrepreneur Samuel Phillips Verner, who had been hired by the St. Louis World’s Fair to bring back Pygmies for an ethnographic exhibit. (Verner’s story was recounted by his grandson Phillips Verner Bradford in the book “Ota Benga: The Pygmy in the Zoo,” from which much of this account was taken.) Verner purchased Benga, whose wife and children had been killed in a massacre, from African slave traders, most likely saving his life. Later he brought Benga, seven other Pygmies and a young Congolese man to St. Louis, having promised to return the eight Pygmies when the fair ended.

The nine Africans proved to be one of the most popular attractions at the fair, where the crowds gawked, jeered and at one point threw mud pies at the human exhibit. From St. Louis, the group traveled to New Orleans just in time for Mardi Gras, and finally back to Africa, where eventually Benga — expressing a desire to learn to read — asked Verner to take him along when the explorer returned home. They arrived in New York in August 1906, when Benga’s second and even more bizarre American odyssey began.

For generations, William Temple Hornaday has been the most storied and illustrious member of the Hornaday family tree, which has its roots in 18th-century Quaker settlements of North Carolina. A famous naturalist, he was a contemporary of Theodore Roosevelt’s, a zealous ecological evangelist and preserver of wildlife who is credited with saving the American bison, among other species. A mountain peak in Yellowstone and an entire range in Mexico are named after William Temple Hornaday, as well as parks, a street in New York and a special Boy Scout medal for distinguished service in conservation. To most environmentalists, wildlife biologists and lovers of the outdoors, Hornaday is a hero.

My father never met “Temple,” as he called his great-great-uncle. But he often related stories passed down from his own father, who recalled him as an eccentric man — a teetotaler, for example, known to make an exception for a glass or two of champagne. Another favorite family tale was how during his stint as the first director of the New York Zoological Park (more commonly known as the Bronx Zoo), Temple invited my grandfather, then a medical student, to come to New York and oversee the monkey house. (Before running the Bronx Zoo, Temple spent eight years at theSmithsonian Institution in Washington, where he helped plan the National Zoo.)

That would have been the same monkey house where Temple displayed Ota Benga, but I’d never heard his name until several years ago, when I heard his story on the radio. I was sipping coffee and reading the paper, wondering with half an ear how anyone could put a fellow human being in a zoo, when the name “William Temple Hornaday” rang out. I put the coffee down, mortified, and listened more closely. In 1906, Verner, looking for a place for Benga to live, finally brought him to the Bronx Zoo, where Temple welcomed him and, at first, simply let him walk the grounds, helping the workers, befriending the animals and keeping a relatively low profile. But one early September weekend, Temple decided to move Benga’s hammock into an orangutan’s cage, where he encouraged Benga to engage in such “picturesque” activities as playing with his simian companion, weaving caps out of straw and shooting his bow and arrow.

Outside the enclosure, Temple installed the following sign: “The African Pygmy, ‘Ota Benga.’ Age, 28 years. Height, 4 feet 11 inches. Weight 103 pounds. . . . Exhibited each afternoon during September.”

It’s tempting to see Temple’s behavior as the random, racist act of an unusually insensitive outlier. But the more unsettling truth is that he was probably a typical, if exceptionally blinkered, product of his era. This was a time in which sideshows and arcades featured lurid burlesques on primitive themes and “authentic” Americana, in which the hucksterism and hustle of P.T. Barnum meshed commerce and mass culture, in which Jim Crow was at its height, lynchings were preserved for posterity on postcards, eugenics was gaining popularity and Darwin’s theory of evolution was making inroads against encroaching notions of creationism. Putting human beings on display was nothing new: Nearly a hundred years earlier, Saartjie Baartman, from what is now South Africa, was exhibited in Britain as the “Hottentot Venus.” Along with Ota Benga, Geronimo was a popular attraction at the St. Louis World’s Fair, the Apache warrior and U.S. prisoner of war by then relegated to a booth selling souvenirs and autographs.

It was most likely in the spirit of both Barnum and Darwin that Temple hit on the disastrous idea of putting Benga in the cage. The display, marketed with the right mix of sensationalism and pseudoscientific pretense, would have the double benefit of bringing in throngs of visitors to the zoo and advancing Darwin’s theories, with Benga cast as the missing link. Ironically, it was on both those counts that black church leaders expressed outrage upon hearing of Benga’s captivity. “Our race, we think, is depressed enough without exhibiting one of us with the apes,” one minister wrote to New York’s mayor, George McClellan (son of the Civil War general). Furthermore, he added, “the Darwinian theory is absolutely opposed to Christianity, and a public demonstration in its favor should not be permitted.”

Reportedly, it didn’t take long for Temple to cancel the monkey house exhibit, his otherwise impenetrable shell of hubris, condescension and naivete unequal to the controversy that he had unleashed. Benga stayed at the zoo for several more days before he went to live in a home for African American orphans in Brooklyn, eventually settling in Lynchburg, Va., where he befriended the poet Anne Spencer. He died in 1916, after shooting himself in the heart.

Hornaday retired from the zoo in 1926 and continued to lobby on behalf of the environment as a director of the Permanent Wildlife Protection Fund. He died in 1937 and was buried in Stamford, Conn., with 16 Boy Scouts serving as an honor guard. In “The Hornadays, Root and Branch,” a family tree published in 1979, Temple is called “an original, unusual man” and “a major figure among early giants of conservation.”

The name Ota Benga is never mentioned.

When I first heard about Ota Benga, I asked my father whether he knew about him. He responded immediately and un-self-consciously. “Oh yes,” he said, his voice trailing off, an ellipsis that served as an apt metaphor for America’s ongoing conversation about race, in which so much has gone unspoken, misremembered and distorted over hundreds of years. It’s the same silence that explains why it’s common to meet descendants of slaves, but far more rare to meet descendants of slave owners. It’s the same silence that lets so many white Americans think of race as someone else’s story.

How are sins of the fathers — or the great-great-great-uncles — properly accounted for by their successors? The moment I heard Temple’s sordid story on the radio, my first impulse was to gain as much distance as possible. “He’s not my relative,” I remember thinking for an addled moment. “I’m adopted!” Although it’s true I’d been adopted as an infant, issues of blood and biology had never been major preoccupations. But for a brief instant I succumbed to the very genetic determinism that Temple himself might have endorsed.

Upon reflection, of course, I was right and wrong. Temple’s descendants, biological or otherwise, obviously bear no direct responsibility for what he did. Our only responsibility, to the degree that we take pride in the family name, is to tell the story it represents fully, even when it doesn’t follow a straight line of worthy accomplishment and moral rectitude.

For the past decade or so, I’ve taken to compulsively telling people about Temple and Ota Benga, especially when I meet someone familiar with the more heroic version of my distant uncle’s story. Generally, the conversation begins with someone recognizing an uncommon last name. “Do you happen to be related to . . . ?” they’ll ask.

With pleasantries about bison and Boy Scouts exchanged, I’ll inevitably feel compelled to complete the record. “Did you know he put a Pygmy in a zoo?” I always blurt out a little too loudly. The full light of history often casts contradictory shadows, where a teetotaler drinks champagne and the better angels of a man’s nature bumptiously coexist with his demons.

Back and Forth – From Africa to Haiti to Gaza – Fidelity to Humanity

BACK AND FORTH
FROM AFRICA TO HAITI TO GAZA:
FIDELITY TO HUMANITY

Jacques Depelchin

First , not quite, but we have to start somewhere,
There were the Arawaks, the Caribs and the Amerindians
Then their land became known as Hispaniola,
As Saint Domingue, as the economic jewel
Of French overseas possessions
Thanks to Africans kidnapped, chained, shipped
Processed, codified, stamped as property
While always knowing they belonged
To no one but humanity
And through fidelity to humanity
Turned Saint Domingue into Haiti
Fraternity, equality and liberty
Their only motto

Defeating the obscurantist
Philosophers of the Enlightenment
For thirteen years, 1791-1804
Without support
From humanitarian abolitionists
Defeating the most powerful armies of the day
Spain, England, France
Fidelity to humanity
Their only prescription

Plan B was out of the question
Humanity had to prevail
But its sworn enemy had a plan B:
With lethal vengeance
Napoleon reinstated slavery
Take no prisoners, his motto
Severe, if necessary, capital punishment
Against the trespassers of
Nascent capital yet to be named
Capitalism the crusher of humanity

With exemplary brutality
Long before the birth of Gaza-upon-Mediterranean
Haiti was turned into the poorest nation
–Gaza-upon-Atlantic–
for having dared simply
To challenge and obsoletefy
The Black Code of Louis XIV
Rules of engagement against/for
Slaves balancing terror, torture, fear, death
Ensuring the endurance of slavery
beyond the monarchy
Thanks to self-proclaimed emperor
Napoleon Bonaparte the impostor

Plan B prospered so well beyond
Napoleon’s dreams of restoring slavery
We may all ask, maybe naively
Had he known his treatment of Africans
Would later inspire Hitler’s
Holocausting of the Jews
Would he have seen Africans
As humanity and not as property?

Not every French was/is a fan of slavery’s restorer:
Taubira Law of 2001 declares
Slavery a Crime Against Humanity
Could it be that France might
Be restoring Fidelity to Humanity?

But could it be too late when
Humanity or those who pretentiously
Speak for it refuse to know
The distinction between
Might and right;
Right and wrong;
Charity and solidarity

Could it be too late when
Survivors and/or their descendants
Of an unthinkable crime think
The best way to stand up for humanity
Is to slaughter/bomb humanity as deliberately
And brutally smart as possible?

Could it be too late when
Slaughtering humanity
Can be done with impunity
Thanks to a genocided past
As if anything can be traded, erased,
Commodified, genetically modified
To fit a globalised paradise
Where no one will know
The difference between
Gaza-upon-Atlantic
Haiti-upon-Mediterranean
Except for those who vowed
Fidelity to humanity

Can’t we see the obvious consequences of
Relentlessly violating humanity
Now Palestinians, then Africans centuries ago
Today displaced, refugees, best fodder
For humanitarian missions
The modernized version of abolitionists
On a mission which has not changed:
Violate humanity,
Eradicate it if too vocal
But Sabra, Shatila can still be heard

Palestinians are full members of humanity
Homelessed in their homeland, denied existence
By all means, constantly searching
For the ultimate way
Of getting rid of them
Their annihilation will not be called
A Crime Against Humanity because,
By definition, it has been repeated forever,
It only happens at Auschwitz, and other
Concentration camps in a World War

Palestinians are like Native Americans
Whose land was taken, whose genocide
Refuses to be called a genocide
Palestinians, Africans interchangeable destinies
Torn from their land, thrown into ships,
Refugeed in strips of land
Enslaved, imprisoned, less than property
Therefore not fit to come under
A crime against humanity

Palestinians, Africans, in the same boat
When the unending story of negating humanity started
Like Africans they are being processed and branded
Fit to be fodder for humanitarian crisis because what is being done
Must not be called
A Crime against humanity

For fear of trespassing which taboo?

No one dares to call the slaughter of civilians
In Gaza by its proper name
A Crime Against Humanity

For fear of trespassing which taboo?

From the times of the Arawaks
Violating, torturing, liquidating
Humanity with impunity
Has led to greater and greater
Crimes against humanity
Franchised differently
Preparing the biggest holocaust
Humanity has ever known and,
When that unfolds, as before,
We shall hear the usual
Shameful lame lie
“We did not know”.

Jacques Depelchin
Ota Benga Alliance for Peace, Healing and Dignity
Salvador/Bahia/Brasil
January 12, 2009